SAINT ERHARD, EBERHARD OU ÉVRARD
ÉVÉQUE MISSIONNAIRE EN ALLEMAGNE (vin siècle).
Les représentations qu’on a données de saint Erhard en Allemagne, racontent les seuls détails connus de la vie de cet évêque missionnaire. Disons donc qu’on l’a représenté :
10 Baptisant sainte Odile d'Alsace, et lui rendant en même temps la vue, car elle était née aveugle 5; 20 entouré d’estropiés qui viennent lui demander sa bénédiction pour être guéris. On l’invoque en Allemagne contre les dp/zouties.
Sa vie est mal éclaircie ; celle de saint Albert, son compagnon, l’est plus mal encore,
Erhard, dont le nom, £er, honneur, Lard, fort, signifie puissant en gloire, était Narbonnaïs par sa famille, Nervien, c’est-à-dire Bavarois, par son éducation, et Irlandais par son origine; c’est du moins ce que dit l’auteur de la première vie insérée par les Bollandistes. Mais les Allemands protestent contre une origine irlandaise, attendu que le nom d'Erhard est entièrement germanique et nullement celte. L'époque à laquelle il mourut est tout aussi controversée. Nous pensons pouvoir fixer l’époque de son départ
. Mabill, Ann. Bened., t. 107, p. 190,
. C'était dans le comté de Northampton.
. Cette église ne paraît plus exister.
4. Ce village s'appelle Peagkirk ou Pekirka, c'est-à-dire, église de Pèsue, 5. Voir la vie de sainte Odile, au 13 décembre.
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pour le ciel à la première moitié du vrrrs siècle (700-750). Voici nos raisons : On le dit frère de saint Hydulphe, évêque de Trèves, dout nous donnons la vie le 41 juillet ; on dit, d'autre part, qu'il baptisa sainte Odile. Or, le premier mourut en 707, et la seconde en 720 : il est donc probable qu’il ne survécut pas plus de trente ans à celle-ci, et plus de quarante-trois ans à celui-là, si toutefois il leur survécut.
Ce qui parait être certain à nos voisins d'Outre-Rhin, c’est que saint Erhard fut frère de saint Hydulphe; qu’il fut évêque régionnaire ; qu’il évangélisa la Bavière et en particulier le diocèse de Ratisbonne, qu’il résida à Niedermunster , et y fonda le couvent des religieuses de ce nom, appelé aussi pour cette raison monastère de Notre-Dame et du saint confesseur Erhard. La tradition de l’église de Ratisbonne , les historiens de Bavière , les biographies particulières et d’autres données sont d'accord à cet égard. Quant à saint Albert, comme on ne connaît pas d'autre saint de ce nom qui ait eu des relations avec saint Erhard, en dehors de saint Albert, évêque de Cashel, en Irlande, si nous nous en tenons au sentiment des Allemands, qui revendiquent Erhard pour frère de saint Hydulphe et pour leur compatriote, il nous faudra dire qu’Albert fut simplement le compagnon et non le frère de saint Erhard,
Nous croyons qu’on pourrait concilier toutes ces revendications en admettant que ces évêques, nés en Bavière, allèrent se former en Irlande à la vie monastique, comme cela se pratiquait beaucoup au vire siècle ; que leur mérite leur fit donner à l’un le siége d’Ardagh, et à l’autre celui de Cashel; que, suivant l'impulsion de leur zèle et aussi l'exemple des moines missionnaires de leur temps, ils reprirent la route de l'Allemagne ; qu'ils évangélisèrent particulièrement Ja Bavière et l'Alsace, avec le titre d’évêques régionnaires.
M. de Montaiembert 2, et M. Ozanam 5, démontrent très-bien le rôle de missionnaires dévolu aux Irlandais auprès des races germaniques ; et de fait, du ve au x1° siècle, les moines irlandais ont été non-seulement les missionnaires de l’Europe, ils ont aussi excellé , par leur science, à former des ouvriers évangéliques.
Voir aussi Acta Sanctorum, t.rer de jan., p.533 et suiv.;= le Dictionnaire de Théologie de Goschler, art. Erhard et Ratisbonne; — le Père Rader, Bavaria sancta, etc