‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 155 sur 412 · SAINT ERHARD, EBERHARD OU ÉVRARD · texte numérisé non relu

SAINT ERHARD, EBERHARD OU ÉVRARD

Metz s'étant retirés à Saint-Etienne, le seul édifice religieux épargné par les Huns, elle fut laissée à quelques clercs qui la desservirent jusque vers le milieu du xe siècle, époque où l’évêque Adalhéron Ier y introduisit les Bénédictins qu'il tira de l'abbaye de Gorze (644). Les évêques de Metz conservèrent néanmoins à l'antique église, fondée par saint Patient, quelques vestiges de sa première dignité. Au xve siècle, ils y faisaient encore solennellement la bénédiction des Palmes, La basilique de Saint-Jean était, suivant la tradition, décorée de toutes les magnificences de l’art des tomps anciens. Des colonnes de marbre soutenaient l'édifice ; les entablements, le pavé, étaient en mosaïques de mème matière. Les chapiteaux étaient décorés de pierres précieuses, qui, exposées aux rayons du soleil ou à la clarté des lampes, jetaient un éclat merveilleux. Tout l’intérieur était orné de peintures précieuses, rehaussées d’or et d'argent 1, Ces marbres avaient été tirés, sans doute, de l’amphithéâtre et des autres édifices publics bâtis à Metz et aux environs par les Romains. La légende attribuait ces somptueuses décorations à l'antique église de saint Patient ; mais il est plus probable que ce sont là des souvenirs de l’édifice carlovingien, élevé sur des ruines, et qui subsista jusqu'au x1e siècle (1049), où fut érigée la basilique du Moyen-Age, consacrée par Léon IX, et qui disparut elle-même lors du fameux siége de Metz, par Charles-Quint, en 4552.

« Burchard, abbé de Saint-\rnould, fit la translation du corps de saint Patient, en 4193, et le déposa dans une châsse d'argent, faite avec les libéralités de l’empereur Conrad III. En 1791, la châsse de saint Patient fut transportée à la Monnaie pour être fondue, et les précieuses reliques qu’elle renfermait furent depuis sacrilégement dispersées ».

SAINTE PÈGUE, VIERGE EN ANGLETERRE (vers l’an 749).

Cette sainte était sœur de saint Guthlac, célèbre ermite de Croyland. Quoique issue du sang des rois de Mercie, elle quitta le monde, pour mener une vie pénitente et retirée dans lelieu qui depuis porta son nom ?. Elle mourut à Rome, où elle était allée après la mort de son frère, vers l'an 719. Orderic Vital dit qu'il s’opéra de grands miracles par la vertu de ses reliques, que l’on gardait à Rome, dans une église bâtie en son honneur %. Il y a encore dans le comté de Northampton un village qui tire son nom de celui de notre Sainte #. Sainte Pègue était aussi patronne de l’abbaye de Pegeland, que saint Edouard le Confesseur unit à Croyland. On la nomme sainte Pée dans le comté de Northampton, et sainte Pège à Croyland.

Voyez Ingulf, Orderic Vital, 1. 1v, Harsfeld, sect. vrir, €. x1x, etc.

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