‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 159 sur 412 · Psal. Lxv · texte numérisé non relu

Psal. Lxv

Marcien, il fit conduire les Saints en prison et y envoya sa femme Marcionille, pour visiter son fils quil’avait demandée. Elle y alla de bon cœur, croyant par ce moyen triompher de la résolution de Celse, mais elle fut gagnée elle-même ; de sorte que, s’unissant par une même foi aux Martyrs, elle reçut le saint baptême, et ce cher fils, âgé seulement de sept ans, lui servit de parrain.

Si cette conversion fut un nouveau sujet de joie pour les Martyrs, elle fut une nouvelle croix pour le dénaturé Marcien; transporté de rage, il fit trancher la tête aux vingt soldats qui s'étaient convertis et brûler vifs ces sept illustres frères, qui étaient venus d’Antioche ; réservant le prêtre Antoine, saint Julien, le mort ressuscité qui fut nommé Anastase, sa propre femme et son fils, pour délibérer sur ce qu’il en ferait. Il s’avisa donc de faire parer extraordinairement le temple de Jupiter et d’y assembler tous ses prêtres, comme à dessein d’y offrir un sacrifice solennel ; puis, y faisant amener les saints prisonniers, il pria saint Julien, sa femme et son fils, de demander au Dieu qu'ils adoraient, qu'il lui plût anéantir toutes ces idoles. A l'heure même, les Martyrs faisant leurs prières, la terre s’ouvrit et engloutit toutes ces statues, avec une foule de prêtres, ministres de Satan, qui s’y étaient trouvés ; Métaphraste, qui a écrit cette vie, ajoute que jusqu'à son temps, on voyait sortir de là des fleuves de feu. Marcien, ne sachant plus que faire, renvoya les Martyrs en prison ; là, sur le minuit, comme ils chantaient les louanges de Dieu, les vingt soldats leur apparurent, avec les sept frères, revêtus de robes toutes brillantes de clarté, comme aussi plusieurs autres saints Prêtres et illustres Martyrs, et sainte Basilisse avec un chœur de vierges, qui firent retentir divers cantiques d’allégresse. Cette sainte avertit saint Julien, son mari, que la fin de ses combats était venue, et que bientôt il recevrait, avec ses compagnons, la couronne du martyre qu’il désirait avec tant d’ardeur. En effet, dès le lendemain, le cruel juge les fit tous jeter au feu ; mais ce feu ne brûlant que leurs liens, les laissa libres et sans douleur. Ensuite, Marcien fit arracher la peau de la tête à saint Julien, à Antoine et à Anastase, et il en eût fait autant à sa femme, si Dieu n’eût permis que les mains des bourreaux demeurassent engourdies et comme mortes, quand ils la voulurent toucher. Tous ces saints Martyrs furent jetés aux bêtes farouches ; mais ces animaux, oubliant leur férocité naturelle, se couchèrent aux pieds des Saints, afin de les lécher. Enfin, Marcien désespérant de les vaincre, leur fit trancher la tête en la compagnie de quelques meurtriers et malfaiteurs, afin que leurs corps étant mêlés parmi ces infâmes, ils fussent privés de l’honneur que les autres chrétiens leur voudraient rendre.

Cependant, Dieu, qui garde soigneusement tous les os de ses Saints, sut bien les faire reconnaître; car, une horrible tempête s'étant élevée, les païens prirent la fuite et donnèrent le loisir aux chrétiens et aux prêtres de se rendre la même nuit au lieu des Martyrs. Dès qu’ils y furent, ils aperçurent de loin les âmes des saints Martyrs, qui, paraissant comme de jeunes vierges, se reposaient chacune sur son propre corps. De plus, leur sang s'était figé et mis en une masse, comme une pâte blanche, au lieu que celui des meurtriers s'était imbibé dans la terre. Les chrétiens purent ainsi leur donner une honorable sépulture, particulièrement à saint Julien que Notre- Seigneur a illustré de plusieurs miracles, non-seulement au lieu de son sépulcre, où dix lépreux furent guéris en un seul jour, mais aussi en plusieurs endroits de la chrétienté. Son martyre arriva le neuvième jour de janvier, l’an 343. ,

On joint toujours ensemble saint Julien et sainte Basilisse, sa femme : on

leur met à la main un lis, symbole de la virginité qu’ils vouèrent à Dieu le jour de leur mariage ; les deux époux aperçoivent dans le ciel Le ivre de vie où est écrit leur nom.

Les Martyrologes latins marquent leur fête en ce même jour. On peut volr aux remarques que le cardinal Baronius a faites sur le Romain, quels auteurs ont traité de son martyre.

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