‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 171 sur 412 · Empereur : Antonin · texte numérisé non relu

Empereur : Antonin

Sept jours après le martyre du pape saint Télesphore, Hygin, dont le père faisait profession d’enseigner la philosophie dans la ville d'Athènes, et qui l’avait cultivée lui-même, fut mis sur la chaire de saint Pierre au temps de l’empereur Antonin, surnommé le Pieux. Durant quatre ans trois mois et buit jours que ce très-saint Pontife gouverna le siége apostolique, l'Eglise fut battue de deux horribles tempêtes. Premièrement, de la part des Gentils qui tenaient les Catholiques pour des magiciens et des sacriléges et s’imaginaient que toutes les disgrâces du monde venaient en punition du mépris qu'ils faisaient des idoles ; aussi, ne laissaient-ils échapper aucune occasion de leur faire du mal, quand ils en avaient le pouvoir. Secondement, de la part des hérétiques qui faisaient une guerre intestine à l'Eglise ; car, dans ce temps-là, l'hérétique Valentin, après avoir publié ses rêveries en Egypte (la pluralité des dieux, jusques au nombre de trente, d’où descendait Jésus- Christ), vint à Rome pour y semer la zizanie. Et quoiqu'il feignît d’être catholique et n’osàt publier ouvertement ses blasphèmes, il les faisait néanmoins secrètement glisser en des conférences particulières.

D'ailleurs, Cerdon, arrivé depuis peu des pays orientaux, où il avait prêché publiquement qu’il y avait plusieurs premiers principes, et nié la réalité du corps de Jésus-Christ, ne laissait pas de répandre son venin en cachette. Iladmettait l'existence de deux dieux, rejetait la plus grande partie des Ecritures et soutenait que Jésus-Christ n’était pas réellement né de la Vierge Marie et ne s'était revêtu de la chair qu’en apparence. Le saint pape Hygin, l'ayant découvert, le chassa de l'Eglise Cerdon feignit d’être repentant de ses fautes, rétracta ses impiétés et fut reçu dans la communion des fidèles ; mais comme sa pénilence n'avait point été sincère, il continua de dogmatiser en secret. Il fut excommunié une seconde fois.

Pour remédier plus efficacement à cette pernicieuse peste, Hygin écrivit sur ce même sujet quelques épîtres dont deux ont été conservées; il y explique admirablement bien le mystère de l’Incarnation, que les hérétiques entendaient mal. On y voit aussi qu’il établit un ordre parmi le clergé, le distribuant en de certains degrés ::ce n’est pas que cet ordre ne fût déjà en l'Eglise dès le temps des Apôtres, mais il ajouta quelque chose et mit quel-

que nouvel ornement dans les cérémonies de leur ministère. Il déclara, de plus, de quelle manière le saint chrême devait être consacré et ordonna qu'il n’y eût qu’un parrain et une marraine au baptême. Il fit encore plusieurs autres règlements touchant la discipline ecclésiastique.

Enfin, après avoir consommé sa course, il reçut la couronne du martyre l’an 142, le 41 janvier, comme il est remarqué dans tous les Martyrologes, et comme l'Eglise en fait mémoire dans l'office. Il fut enterré au Vatican.

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