Voyez le
2, L'Eglise honore en ce jour quarante ermites du mont Sinaï, martyrisés par les Arabes en 373 : du nombre de ces ermites étaient saint Isaïe et saint Sabas. La même année, les Blemmyes, peuple barbare d'Ethiopie, massacrèrent aussi plusieurs solitaires de Raîïthe, dont les principaux étaient l'abbé Paul, Moïse et Psaës. Ces solitaires vivaient dans les plus grandes austérités, séparés les uns des autres et ne se réunnissant que le samedi et le dimunche, pour l'office et les divins mystères.
On fait encore aujourd'hui la fête de plusieurs autres solitaires du mont Sinaï, que les Sarrasins massacrèrent dans le ve siècle. I1 y avait parmi eux un enfant de quatorze ans qui, ne voulant point trahir ses frères, fut mis à mort par les Barbares. Il était déjà d’un courage à toute épreuve et d'une pureté angélique.
8. Voyez le 16 janvier. — 4. Voyez le 25 septembre, — 5. Voir le 10 janvier.
et abbé du mème monastère, puis évêque de Sion (Vallais {), dont le même docteur dit, avec son aimable et douce éloquence que, devenu la bonne odeur de Jésus-Christ en tout lieu, il avait, vrai soleil de sainteté, répandu un vif éclat sur la Congrégation des Alpes, et qu’il avait été promu par Dieu même à une plus haute dignité 2.
. Martyrologe Romano-Séraphique. — À Rome, le triomphe du Très-Saint Nom de Jésus, que saint Bernardin de Sienne renouvela du temps de Martin V et d'Eugène IV. Clément VII permit d’en faire tous les ans l'office solennel, en y ajoutant des indulgences.
Martyrologe de l'Ordre Séraphique. — Le samedi avant le deuxième dimanche après l'Epiphanie, la fête du Très-Saint Nom de Jésus, dont saint Bernardin de Sienne propagea le culte d’une manière étonnante ; Clément VII ordonna que cette fête fût célébrée solennellement dans l'Ordre des Mineurs le 14 janvier, et accorda des indulgences à ceux qui assisteraient à l'office, et qui récite- - raient cinq fois l'Oraison dominicale et la Salutation angélique, dispositions qui furent confirmées par Clément VIII ; enfin, par le commandement d’Innocent XIII, l'église universelle la célèbre le deuxième dimanche après l'Epiphanie. — A Udine, dans le Frioul, le bienheureux Opéric, confesseur, de l'Ordre des Mineurs, remarquable par l'austérité de sa vie, par son humilité, par sa science, par son oraison incessante, qui convertit, par son éloquence entrainante, des milliers d’infidèles à la foi de Jésus-Christ, et qui, glorieux de la renommée de ses miracles, après de nombreux voyages, s’en alla jouir de la compagnie de Dieu le 44 janvier.
Martyrologe de l’Ordre des Servites. — La Commémoraison des Pères, des Frères, des Sœurs et des Bienfaiteurs de notre Ordre.
Martyrologe de l'Ordre des Capucins. — Le premier dimanche après l’Octave de l’Epiphanie, la fête du Très-Saint Nom de Jésus, que Clément VII permit de célébrer chez les Frères Mineurs, tous les ans, le 44 janvier, à cause de l’insigne triomphe remporté à Rome, sous Eugène IV, par. saint Bernardin de Sienne, et que Clément VIII enrichit d'indulgences. Enfin, Innocent X en étendit la solennité annuelle à l’église universelle, et ordonna qu’elle fût célébrée le deuxième dimanche après l’Epiphanie. — A Palerme, le bienheureux BERNARD DE CORLÉON, confesseur, de l'Ordre des Capucins, célèbre par sa pénitence et sa charité insignes, et par ses autres vertus, glorieux par les miracles nombreux qu'il opéra pendant sa vie et après sa mort, et que le pape Clément XIII mit au rang des bienheureux. 1667.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
En Perse, saint Barbascemin, frère de saint Sadoth, après lequel il fut évêque de Ctésiphon ; il subit le martyre sous Sapor II. 346. — En Afrique, saint Cler, diacre et martyr, que quelques-uns font le compagnon de saint Euphraise, évêque, fêté le même jour (V. plus haut) vis s. — A Spolète et à Utrecht, saint Pontien, martyr, qui fut battu de verges, marcha sur un brasier ardent, fut torturé et jeté aux lions, qui l'épargnèrent, condamné à périr de faim dans sa prison où un ange vint le nourrir, couvert de plomb fondu, et en fin de cause, décapité à Spolète, sous le règne de Marc-Aurèle. 160. Ses reliques furent transférées à Utrecht en 968. — En Afrique, les sainis Paul, Successus, Victorin, Sature, Misseur, Géronce, Lucrèce, Janvier, Agapit, Crucesse, Eufra, Floride, Théocosie et huit autres, martyrs. — Au Mont Sinaï, en Arabie, outre les trente-huit moines martyrs mentionnés plus haut, les saints Théodule, prêtre, Paul, Jean, Procle, Hypate, Isaac, Macaire, Marc, Benjamin, Elie et plusieurs autres, égorgés au pied du Sinaï par les Sarrasins, environ cent ans après les premiers. vo s. — En Espagne, saint Fulgence, évêque de Carthage, puis d’Exija. Après 619. — En Grèce, saint Etienne, fondateur du monastère du Lac-des-Oies (ad Lacum anserum), que l’on croit avoir été voisin de Constantinople, vire s. — En Bavière, le bienheureux Engelmar, ermite et martyr, au commencement du xr1° s. — À Tagliacozzo, dans les Abruzzes, le bienheureux Eudes ou Odon, chartreux, qui opéra dans la contrée de nombreuses guérisons. Vers l'an 1230. — En Servie, saint SABAS, archevêque et vicaire du patriarche de Constantinople. Vers l'an 4250. — À Rome, un autre saint Félix, prêtre, qu'on a souvent confondu avec saint Félix de Nole. Commencement du 1ves,
1. Nous écrivons Vallais (au lieu de Valais) après M. Ducis; cette orthographe est d'ailleurs plus conforme à l'étymologie, vallis pœnina, vallée où passa l'armée pénine ou carthaginoise conduite par Annibal. (Voir la savante dissertation de M. l'abbé Dueis, archiviste du département de la Haute-Savoie, intitulée : Le Passage d'Annibal du Rhône aux Alpes. Paris, Didier, 1869.)
256, — Pape : Saint Etienne Ier. — Empereur: Valérien.
eo Qui ad te venientibus omnia præstas,
Nec quemquam pateris tristem repedare viantem,
Te duce servalus, mortis quod vincula rupi.
« Toi qui ne refuses rien de ce qu'ils te demandent à ceux qui viennent à toi, qui ne souffres pas qu'aucun d'eux reprenne, le cœur triste, le chemin de son pays, c'est par toi que je fus sauvé, tu brisas mes fers ». $
Saint Grégoire, Poème sur saint Félix *.
Les vertus de saint Félix ont paru si éclatantes, que de très-célèbres et de très-saints auteurs de l’antiquité ont pris un plaisir tout particulier à en faire l’éloge ; saint Paulin, saint Damase, saint Augustin, saint Grégoire de Tours, le vénérable Bède et plusieurs autres en ont laissé à la postérité ce que nous en allons dire en substance.
Cet illustre confesseur de Jésus-Christ naquit à Nole, petite ville située dans les environs de Naples ; son père était Syrien de naissance, et se nommait Hermias. Il eut deux fils ; notre Félix fut le cadet. Le père étant mort, les frères partagèrent l'héritage et embrassèrent des conditions différentes ; l’aîné prit les armes, sous l’étendard de l’empereur de la terre ; Félix, par une ambition plus généreuse, se mit au service de Jésus-Christ, l'Empereur du ciel et le Roi des rois, et méprisant tous les biens de ce monde, il résolut de ne chercher que les vraies richesses qui sont celles de l’autre vie. Pour arriver plus aisément à ce bonheur, il distribua aux pauvres la plus grande partie de son patrimoine et se consacra au service de l'Eglise, sous l’évêque de Nole, saint Maxime, qui le fit d’abord lecteur et exorciste. Les esprits de ténèbres, ne pouvant supporter l'éclat de sa sainteté, s’évanouissaient devant lui et quittaient les corps des possédés ; de sorte que l’évêque, reconnaissant la sainteté de son ministre dans l'exercice des ordres mineurs, l’éleva en peu de temps jusqu’à l’ordre de la prêtrise, où Félix a fait paraître une fidélité digne de son caractère, comme nous l’allons voir.
Une sanglante persécution s’éleva alors contre l'Eglise, que les tyrans idolâtres croyaient perdre par la rigueur des supplices et la nouveauté des tourments ?. Les commissaires de l’empereur étant venus en la ville de Nole, ils y cherchèrent d’abord, selon leur coutume, les chefs des chrétiens, afin que les pasteurs étant pris, les ouailles fussent plus aisément dispersées. Maxime, dont nous avons déjà parlé, gouvernait pour lors cette Eglise; c'était un personnage de grande doctrine, d’une vie sans reproche et de mœurs innocentes, mais déjà vieux et cassé par les travaux ; c’est pourquoi, voyant que la tempête allait tomber sur sa personne pour perdre ensuite son peuple, il se crut obligé de céder pour un temps à sa vio-
1. C'est quelque chose qui étonne l'esprit que la multitude des miracles que Dieu a opérés par saint Félix. La renommée de ses vertus s'était tellement répandue que les fidèles venaient des extrémités du monde pour prier à son sépulcre. Saint Augustin en était dans la stupéfaction (Epître oxxxvit), Nous venons d'entendre saint Grégoire.