‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 225 sur 412 · SAINT SABAS, MÉTROPOLITAIN DE SERVIE · texte numérisé non relu

SAINT SABAS, MÉTROPOLITAIN DE SERVIE

Archevèque de Pech et métropolitain de la Servie, il était frère du prince Etienne, à qui le pape Honorius III avait accordé le titre de roi, parce qu'il venait de se réunir ainsi que les Serbes ses sujets à l’église romaine. Douze évêchés furent érigés dans ce nouveau royaume, qui comprenait l’ancienne Mésie et la Dardanie. Pech, la capitale, eut le titre de métropole, et saint Sabas fut le premier qui occupa ce siége. Avant qu'il ne fût à la tête du clergé serbe, il était moine du Mont- Athos, et ce ne fut que malgré lui qu’il quitta sa solitude. Par sa prudence, il sut maintenir la bonne harmonie parmi les chrétiens, divisés de races, de langues et de rites. Le patriarche latin de Constantinople avait en lui une si grande confiance, qu’il l’établit son vicaire pour toutes les provinces environnantes. Sabas, qui regrettait toujours son premier état, obtint du Saint-Siége la permission de se démettre de sa dignité pour retourner au Mont-Athos, où il mourut peu d'années après, vers l’an 1258. Il est honoré chez les Grecs-Unis le 14 février.

L'Eglise catholique seule produit des Saints : la Servie fut unie à Rome pendant les courtes années que dura l’empire latin de Constantinople ; et pendant ce temps, elle plaça des Saints sur les autels. C'est pour faire ressortir ce caractère de sainteté de l'Eglise à toutes les époques, chez tous les peuples, que nous avons inséré ici cette courte notice. ;

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LE BIENHEUREUX ODERIG DE PORTO-NAONE (1331).

Le bienheureux Oderic de Porto-Naone naquit à la fin du xrrie siècle. Après avoir passé son enfance et son adolescence dans les exercices d'une piété persévérante, il entra dans l'Ordre des Frères Mineurs. 11 ajouta bientôt aux austérités d’une règle déjà bien austère, et excita l’admiration de ses frères par sa profonde humilité, qui lui fit constamment refuser toute sorte de dignités. Vivant dans la plus exacte pauvreté, il marchait toujours les pieds nus. Il alla évangéliser l'Asie- Mineure, l'Arménie, la Médie, la Perse; il pénétra dans la Tartarie, parcourut la Chine, les Indes, et les îles adjacentes. L'empereur des Tartares, qui alors protégeait les chrétiens, professait pour Oderic une grande affection. Ce vrai serviteur de Dieu, après avoir passé trois ans à Combalek ou Pékin, siége de sa mission, revint en Italie en 1330. Il partit pour Avignon, voulant rendre compte au souverain Pontife de sa mission chez les Tartares;s mais il tomba malade à Pise et revint au couvent d’Udine où il mourut le 14 janvier 1331. Le Saint-Siége approuva son office en 1755.

Manuel des Frères et des Sœurs du Tiers Ordre de saint François d'Assise. Voir notre Palmier séraphique, au 14 janvier.

SAINTE NÉOMOISE DE SAMBIN (époque inconnue).

Cette bergère, d’une rare beauté, demeurait à Sambin (à quatre lieues sud de Blois) : plusieurs jeunes gens la recherchaient en mariage. Désirant à tout prix se soustraire à leurs poursuites, elle pria Dieu de l’affliger dans son corps : le Seigneur exauça ses vœux; car un de ses pieds fut changé en patte d’oie, et cette difformité la délivra des obsessions qu’elle voulait éviter. Un jour, cette sainte fille, voyant que ses troupeaux souffraient de la soif, implora le ciel en leur faveur; puis, frappant la terre de sa houlelte, elle fit jaillir une source abondante. Cette fontaine merveilleuse, qui porte le nom de Sainte-Néomoise, existe à une demi-lieue du bourg de Sambin, et jamais on ne l’a vue se tarir ni se troubler; telle est du moins la tradition populaire. Malgré l'affaiblissement progressif de ces antiques croyances, sainte Néomoise est restée jusqu'ici en vénération à Sambin et aux environs; dans l’église paroissiale, on la voit représentée avec son pied d’oie : chaque année, les bergères du pays font célébrer en son honneur une messe votive, afin d'obtenir sa protection pour elles et pour leurs bestiaux. Cette coutume religieuse s’observe an cours du mois de janvier, peu de temps après la fête de sainte Geneviève, cette autre villageoise qui a répandu tant de gloire sur la France.

M. Dupré, bibliothécaire de la ville de Blois. Notices sur les Saints de ce diocèse.

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