APS
A côté de ce monastère s’éleva l’église cathédrale en l’honneur de l’Assomption de la très-sainte Vierge et des apôtres saint Pierre et saint Paul (434), Et pour faciliter l'exercice du ministère sacerdotal, sans nuire au recueillement nécessaire à cette maison centrale, il établit sur la rive gauche de l'Isère et le long de la voie romaine d’Agrippa un édifice religieux destiné à contenir les fonts baptismaux qu’il dédia à saint Jean-Baptiste. Il n’était pas rare, à cette époque, de voir le baptistère en dehors de l’église principale. Cet usage trouve sa raison dans le système pénitentiaire de l'Eglise aux premiers siècles. On y administrait principalement le baptême et la pénitence. Comme il était séparé de l’église par une rivière souvent débordée, on ne tarda pas à y offrir le saint sacrifice, pour donner aux fidèles, par la pommunion, le complément et la source de toutes les grâces sacramentelles. Aussi cette chapelle prit-elle un grand accroissement, comme les baptistères d’Aix en Provence, de Pise en Italie, etc., et tous ceux qui ne faisaient pas corps avec l’église principale.
Cependant la guerre avait recommencé entre les Burgondes et les Romains. Les habitants s'étaient réfugiés autour du monastère éloigné du passage des troupes armées, comme dans un asile sûr. Ce quartier, où s’élevèrent plus tard deux autres maisons religieuses, prit à la longue une telle importance, qu’il laissa définitivement son nom, Munsterium, Moûtiers, au reste de la ville, et l’ancien nom de Tarentaise, ne pouvant plus servir à désigner une ville dont les ruines faisaient place à de nouveaux édifices, conservé dans le titre épiscopal, est néanmoins demeuré jusqu’aujourd’hui, dans l’usage de l’église, le nom du diocèse.
A la suite des luttes dont on a parlé plus haut, la maison fortifiée de saint Jacques, sur le roc Puppim, devint aussi un refuge pour plusieurs familles qui y formèrent un village. Saint Marcel y établit une église en l’honneur de saint Marcel, pape. On lui attribue aussi celles de Bellecombe, de Saint-Marcel à Belleville, de Bozel, de Conflans, du bourg Saint-Maurice, etc. Il est remarquable que les églises auxquelles les deux premiers évêques donnèrent pour titulaires leurs patrons, saint Jacques, l’apôtre, et saint Marcel, pape, choisirent plus tard pour patrons leurs saints évêques du même nom, Jacques ou Marcel. Ces deux saints sont regardés à juste titre comme les fondateurs du diocèse, et la piété des peuples ne les a jamais séparés dans le culte qu’elle leur rend depuis quatorze siècles.
Nous devons ces deux vies à M. l'abbé Ducis, archiviste de la Haute-Savoie,