‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 251 sur 412 · SAINT FERJUS OU FERRÉOL, ÉVÊQUE DE GRENOBLE ET MARTYR · texte numérisé non relu

SAINT FERJUS OU FERRÉOL, ÉVÊQUE DE GRENOBLE ET MARTYR

cuire du pain. Ils ne se retirèrent qu'après la consommation de leur crime impie. Les chairs du saint évêque furent promptement réduites en cendres et ses os carbonisés ; mais son âme, décorée de la palme du martyre, s’envola aux cieux. Ces cendres et ces ossements furent recueillis par de pieux fidèles qui, ne voulant point les exposer à de nouvelles profanations, ne les apportèrent point dans la ville, mais descendant de la montagne du côté de lorient et remontant le cours de l'Isère l’espace d’environ deux milles pas, ils allèrent les ensevelir dans une tombe de pierre, à l’endroit même où l’on construisit ensuite en son honneur l’église de la paroisse de Saint-Ferjus, qu'on appelle maintenant La Tronche, et où il n’y avait plus, depuis quelques années, que le cimetière communal. A l’époque récente du déplacement de l’église, le conseil municipal de La Tronche s’était engagé à rebâtir une chapelle commémorative sur le tombeau du saint patron de la paroisse.

« Cet engagement a été facilement rempli, en l’année 1867, grâce aux libéralités contenues dans le testament de M. Jarquier, avocat, au profit de la commune et de la fabrique de l’église de La Tronche. La principale condition de son legs en faveur de la fabrique, était qu’une somme de 10,000 fr. au moins serait prélevée pour élever un monument à saint Ferjus. Le conseil de fabrique s’est empressé d’exécuter les pieuses intentions de ce généreux bienfaiteur; etle voyageur qui suit les bords de l’Isère au-dessus de Grenoble, peut voir maïntenant, au milieu du cimetière de La Tronche, la chapelle de saint Ferjus, d’un style roman, grave et d’un bon goût, surmontée de la statue du saint évêque, martyr. La fabrique a consacré à cette œuvre près de 12,000 fr. M. Jarquier, qui a ainsi acquitté la dette de la commune, était un homme aussi savant que désintéressé. L'histoire et le culte du saint patron de sa paroisse ont été de sa part l’objet de patientes recherches et de soins assidus. Il nous à laissé sur ce sujet un mémoire manuscrit rempli d’érudition et que nous avons mis à profit, avec les légendes des anciens bréviaires de Grenoble, pour la rédaction de cette notice ».

Le catalogue des évêques de Grenoble, que saint Hugues a dressé au commencement du xu° siècle; constate le culte dont saint Ferjus était honoré dans son diocèse, par l’épithète exceptionnelle dont son nom s’y trouve précédé : Sanctus Fcrgeolus; et l’ancien bréviaire de Grenoble, de 1513, ajoute à la légende que nous venons de traduire, que Dieu opéra pendant longtemps un grand nombre de miracles sur le tombeau de son serviteur, et qu’il s’y en opérerait encore si, par la négligence des habitants, son église n’eût été délaissée et ses ossements enlevés. Ces restes précieux étaient à cette époque dans l’église de Varacieu, aussi du diocèse de Grenoble, sans qu'on puisse dire avec certitude ce qu'ils sont devenus plus tard.

La fête de notre Saint est indiquée par le Père Giry, au 12 janvier, dans les additions du Martyrologe de France. — Notice fournie par M. Auvergne, chanoine, secrétaira de l'évêché de Grenoble.

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