‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 250 sur 412 · Pape : Agathon. — Roi de France : Thierry II · texte numérisé non relu

Pape : Agathon. — Roi de France : Thierry II

Saint Ferjus, évêque de Grenoble, au vn° siècle, brillait par toutes les qualités qui font les grands évêques : la sainteté de la vie, la science, la sollicitude pastorale et le zèle pour la pureté de la foi. Son peuple était alors enveloppé dans les ténèbres de l’infidélité et de l’hérésie, et vivait dans de grands désordres. Aussi saint Ferjus travaillait-il avec ardeur et sans relâche, par ses instructions et par ses exeraples, à ramener ses ouailles à la connaissance de la religion, à la règle de la foi, à la pratique de la piété. Au-dessus de Grenoble, sur la rive droite de l’Isère, s’élève une haute colline qui s'appelait alors le mont Esson, et sur les flancs de laquelle s’étalait un petit et charmant plateau. C’est probablement l'emplacement occupé aujourd’hui par le fort de Rabot. Le pieux évêque, trouvant ce lieu propre au ministère de la prédication, y avait fait dresser une chaire de bois, et venait souvent y prêcher la parole de Dieu, expliquer les saintes Ecritures et les mystères de la foi qui y sont cachés. On peut juger par là combien il avait soif de la gloire de Dieu et du salut des âmes. On peut aussi supposer que saint Ferjus avait été exilé ou expulsé de sa ville épiscopale. Du moins, quelques-uns disent que ce fut à l’instigation ou par les ordres du cruel Ebroïn, maire du palais royal, qu’il fut mis à mort, comme nous allons le raconter.

Un jour qu’une grande foule d'hommes et de femmes s’était réunie pour l'entendre, l’homme de Dieu, pénétré de l’esprit du divin Maître qui, voyant la multitude, gravit la montagne pour l’instruire, monta dans sa chaire comme d'habitude. Il y parla longtemps de la divinité et de l’humanité de Jésus-Christ, surtout de sa coexistence éternelle avec le Père et le Saint- Esprit, de sa naissance éternelle dans le sein du Père, et de sa naïssance dans le temps d’une mère toujours vierge. Personne, ajouta-t-il, sans l’aide de la grâce de Jésus-Christ, ne peut avoir accès auprès de la miséricorde de Dieu; personne non plus ne doit désespérer de son pardon, s’il croit de tout son cœur et de toute l’affection de son âme en celui qui a dit : « C’est moi qui suis la porte; si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé et il trouvera des pâturages »; et qui a dit dans un autre endroit : « Personne ne vient au Père sinon par moi ».

Telles étaient les paroles de foi et de charité que saint Ferjus faisait entendre avec cette chaleur qui anime un pasteur pieux, vigilant et tout dévoué au salut de son peuple, lorsqu'un des assistants, transporté de fureur et poussé par cette haine du démon qui a jeté la mort dans le monde, après s'être armé d’une branche de saule dans un bois voisin des eaux, en frappa d’une main sacrilége sa tête vénérable et le renversa sans connaissance, Cet attentat n’assouvit point la rage d'hommes forcenés; d’autres complices d'une conjuration parricide accourent, ils enlèvent violemment le saint pontife et Le jettent dans un four voisin qu’on chauffait par hasard pour y

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