LA CHAIRE DE SAINT PIERRE, À ROME
Aujourd’hui l'Eglise catholique célèbre en quelque sorte sa Dédicace; car elle célèbre l’anniversaire de la prédication de l'Evangile par saint Pierre à Rome, et de son installation comme premier Pape. Or, l'Eglise catholique n’est pas seulement apostolique, elle est encore romaine; car c’est à Rome, capitale du monde catholique, que réside son chef visible, le vicaire de Jésus- Christ, le souverain Pontife, le Pape.
Dans ce long cours de bientôt dix-neuf siècles, depuis saint Pierre, que de dynasties se sont éteintes ou ont été renversées ! La surface du globe déchirée par la main des diplomates est tout autre aujourd'hui de ce qu’elle était alors. Une seule puissance est restée debout : c’est la puissance de celui qui est assis sur le trône fondé à Rome par le prince des Apôtres.
La sainte Eglise institua donc la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome pour célébrer cette mémorable journée en laquelle le Prince des Apôtres, après avoir tenu sept ans son siége apostolique à Antioche, vint à Rome, Pan 44 du salut, et l’établit en cette ville, qui était la capitale du monde, et qui, en se convertissant à la lumière de l'Evangile par la prédication des Apôtres, devait être reconnue pour la maîtresse de la vérité ?.
On a ajouté à cette solennité celle de la confession de foi qui fut faite
1. Un de ses ossements est conservé à l'église de Cérisy-Gailly (Somme).
2. Caïus, prêtre de Rome sous le pape Zéphirin, dit (apud Euseb., 1. 11, c. 21, al. 25) que saint Pierre avait fondé l'Eglise romaine par sa prédication. Il ajoute que son corps était sur le mont Vatican, et que celui de saint Paul, son coopérateur, était sur la route d'Ostie. Saint Denis, évêque de Corinthe dans le second siècle, assure (ibid.) que saint Pierre et saint Paul furent martyrisés à Rome après y avoir planté la foi. Saint Irénée, contemporain de saint Denis, appelle l'Eglise romaine (1. 1x1, c. 8) La très-grande, la très-ancienne Eglise fondée par les deux glorieux Apôtres Pierre et Paul. Eusèbe dit (1. 1, c. 13, 15, etc.) que saint Pierre a été à Rome, et il raconte plusieurs actions importantes qu’il fit dans cette ville. Saint Cyprien (ep. v ad Cornel. pap.) appelle Rome La chaire de saint Pierre, et Théodebert (1. 11, c. 27), son trône. On peut encore voir sur le même sujet Origène (ap. Euseb., 1. 1x, c. 1); Hégésippe (1. de Excid. Hier., ce. 1 et 8); Arnobe (1. x1); saint Ambroise (serm. de Basilicis); saint Augustin (1. de Hæres., c. 1, etc.), saint Jérôme (ep. xvur ad Marcell.); saint Optat (adv. Parm.); Orose (1. vx, c. 1, etc.). On peut ajouter à ces autorités celle des Conciles généraux qui ont toujours regardé la fondation de l'Eglise romaine comme l'ouvrage de saint Pierre. On prouve aussi par les témoignages les plus exprès, tant des Conciles que des écrivains ecclésiastiques de tous les siècles, que les Papes sont les successeurs de saint Pierre sur le siége de Rome. Le commun des savants enseigne, d'après Eusèbe, saint Jérôme et le calendrier romain, que saint Pierre vint à Rome pour la première fois la seconde année de l’empereur Claude, proclamé l'an 41 de Jésus-Christ. Si l'on admet cette date, il faut nécessairement supposer que l’Apôtre retourna en Orient peu de temps après; car Agrippa le fit emprisonner en Judée l'an 43 de Jésus-Christ. Lactance ne parle point du premier voyage de saint Pierre à Rome ; il dit seulement qu'il y vint sous l'empire de Néron, qui le condamna à mort ainsi que saint Paul. Voir Lactance, lib. de mort. Persecutor. n. 2; Cuper, dissert. de divisione apostolorum, ante tomum 4 juli, p. 12; Foggini, Orsi, Berti, Chron., t. 11, etc.