‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 289 sur 412 · SAINT FAZZIO, ORFÉVRE DE VÉRONE · texte numérisé non relu

SAINT FAZZIO, ORFÉVRE DE VÉRONE

Fazzio * naquit l’an 1190 à Vérone, dans le royaume Lombard-Vénitien, de parents vertueux qui de bonne heure l’accoutumèrent à la piété et au travail, et lui firent apprendre l’état d'orfévre. Son activité et son zèle, lui ayant attiré la confiance du public, firent prospérer sa maison, mais éveillèrent en même temps chez ses confrères une jalousie de métier qui les anima tellement

1. Voir la vie de saint Artème au 24 janvier, — 2. Nous parlerons de saint Léobard d'Alsace eu 25 février. — 3. L'abbé Rolland, Aum. du Pens, des Frères de Tours. — 4. En latin Facius.

contre lui qu’ils lui firent éprouver toute espèce de désagréments. Après avoir longtemps enduré Jeurs persécutions, il quitta sa ville natale, se rendit à Crémone, où il fit don aux pauvres et aux églises de tout le fruit de son industrie. Il se concilia par là l'affection des habitants et fut nommé directeur du comité des pauvres.

Cependant il se dit qu'il ne suffisait pas de se soustraire à ses ennemis, mais qu'il fallait selon le commandement de notre divin Maitre, se réconcilier avec eux. Il résolut donc de retourner dans sa ville natale. Ce fut avec beaucoup de peine que les Crémonais le laissèrent partir; ils employèrent tout pour le détourner de son projet; ils ne purent y réussir. Fazzio partit; mais, arrivé à Vérone, il vit que la méchanceté de ses ennemis l'avait déjà prévenu. Les autorités reçurent un acte d'accusation dirigé contre fui; on suborna de faux témoins qui, pour de l'argent, déposèrent contre lui ; et à peine arrivé il fut jeté en prison. Tout le monde était convaincu de son innocence ; cependant il demeura privé de sa liberté jusqu’à ce que la Providence suscitàt pour sa délivrance un événement tout particulier.

Les Véronais furent, sans s’y attendre, attaqués par ceux de Mantoue ; et comme ils n'étaient pas en état de résister à leurs ennemis, ils implorèrent le secours de leurs voisins, entre autres des Crémonais, qui accueillirent leur demande, mais en stipulant, comme condition expresse du secours qu'ils leur envoyaient, la mise en liberté de Fazzio injustement arrêté et retenu en prison; les autorités de Vérone y acquiescèrent d’autant plus volontiers que jusqu'alors personne ne s’était trouvé qui eût pu convaincre le vertueux prisonnier du crime dont il était accusé. Fazzio fut donc relâché avec la permission de s'établir à Vérone ou ailleurs. Il alla se fixer à Vérone.

Cet homme pieux et fervent se bâtit une chapelle dans cette ville, et fonda un ordre religieux auquel il donna le nom d’Ordre du Saint-Esprit. Le but était de soigner les malades, de visiter les prisonniers, de soulager et de consoler les pauvres et de pratiquer d’autres œuvres de charité.

L’évèque de Crémone, grand admirateur de la conduite irréprochable et de la sagesse du vertueux Fazzio, le nomma visiteur général des couvents de son diocèse, emploi dont il s’acquitta avec la plus grande exactitude jusqu’à l’époque de sa mort, arrivée en 4272, dans la quatre-vingt-deuxième année de son âge. Il possédait le don des miracles ; il s’en opéra aussi après sa mort par son intercession. Il est encore aujourd’hui en grande vénération à Crémone. Quoiqu'il n'ait pas été solennellement mis au nombre des Saints, il se trouve cependant dans le catalogue hagiologique d'Italie ; et le Saint-Siége a approuvé son office pour les églises de Crémone et de Vérone.

Voir les Bollandistes; 18 januar. : Philipp. Ferrarius, in gen. Cat. Cremonæ in Gallia Cisalpina; Merula, in sanctuario Cremonensi; Benoît Pillwein, Légende des Saints de Dieu, et des patrons honorés en Autriche, en Hongrie et à Salzburg; 1822, p. 16 et suivantes.

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