SAINTS MARIS, MARTHE, AUDIFAX ET ABACUM, MARTYRS
des torches ardentes, et que tout leur corps fût déchiré avec des ongles et des verges de fer.
Mais comme les martyrs persévéraient toujours dans les louanges et les actions de grâces, il les fit détacher de ces poteaux et leur fit couper les mains. Marthe était toujours présente à cette sanglante tragédie ; elle-même ramassa les mains de son mari et de ses deux enfants, avec le sang qui en coulait, et par dévotion elle en oïignit son visage comme d’une précieuse liqueur. Enfin, le tyran désespéra de vaincre des courages si constants; Marthe subit le même supplice que son mari et ses enfants; on leur suspendit les mains au cou, puis on les conduisit par la ville ainsi flagellés et mutilés. Le même jour, la sentence de mort ayant été portée contre eux, ils furent exécutés en un lieu appelé alors les Vymphes de Catabassi, et maintenant la Nymphe sacrée, à treize milles de la ville, sur la voie Cornélienne, où l’on trouve encore les vestiges d’une ancienne église 1, Les corps du père et des deux fils furent jetés au feu par ordre du président, afin d'y être consumés et privés de la sépulture ; on noya Marthe dans un étang; mais Dieu n’oublia point ses fidèles serviteurs. Une pieuse matrone fit recueillir leurs cendres que les chrétiens déposèrent, avec le corps de sainte Marthe, dans un /oculus des catacombes. Leur décès arriva, non pas le 49 janvier, comme l’a écrit Surius, mais le 20, l’an 270, puisque la persécution ne commença qu’au mois de mars 269 et que l’empereur Claude mourut au mois de mai 270. Pour laisser le jour entier à la fête de saint Sébastien, on fait mémoire de ces martyrs au 19. Depuis, leurs précieuses dépouilles furent transportées à Rome, en diverses églises, à Saint-Adrien, à Saint- Jean-Calybite, à Sainte-Praxède, d’où une partie a été aussi apportée en France, au célèbre monastère de Saint-Médard, à Soissons, que saint Grégoire le Grand appelait, par honneur, le père des monastères. Des portions de ces reliques furent aussi portées à l’ancienne abbaye des Bénédictins de Selghenstadt-sur-le-Mein, petite ville de l’ancien électorat de Mayence, qui appartient aujourd’hui au grand duché de Hesse-Darmstadt (elles y furent mises par Eginhart, fondateur, puis religieux de cette abbaye), à Gemblours en Brabant (diocèse et province de Namur, en Belgique); à Pruymes, dans Parchevêché de Trèves; à Courtray, dans la Flandre occidentale. Les dames de Saint-Maur, à Davenescourt, possèdent une relique de saint Audifax.
T1 est fait mémoire de ces saints Martyrs dans les Martyrologes de Rome, d'Usuard et d'Adon, et dans les Annales de l'Eglise, par Baronius, l'an 270, éd. de Bar, tom. 111. Nous avons les Actes de ces Saints; Surius les donne, t. 1er, 14 février. Saint Grégoire parle des reliques de sainte Marthe, martyre, au troisième livre de ses Dialogues, ch. 80. Les reliques de tous ces Martyrs sont conservées à Rome dans l'île du Tibre, dans l'église de Saint-Jean-Calybite et dans celle de Saint-Adrien, comme l’attestent les anciens monuments de ces églises. — Baronius.
1. Santa ninfa. Nympha ou ninfa signifie eau, dans la basse latinité. Cette eau devint sacrée par le sang des Martyrs.
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