‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 299 sur 412 · ONE · texte numérisé non relu

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détruite à la Révolution, et qui englobait dans son territoire l'église de l’abbaye. Ce monument est d’une architecture remarquable ; il date des x1e et xrre siècles ; les archéologues, et je citerai entre autres le P. Arthur Martin, de regrettable et pieuse mémoire, admirent surtout l'harmonie qui règne en toutes ses parties, circonstance qu'on rencontre assez rarement, à raison des styles différents qu'on adoptait souvent dans ces gigantesques bâlisses, laissées et reprises en différentes fois. Le style dominant est la transition du plein-cintre à l’ogive ; il y a pourtant quelques points, entre autres une chapelle derrière l’abside, qui est pur roman 1.

De nos jours, on a commencé l’importante restauration de cet édifice trop longtemps négligé. Le patron primitif devait naturellement obtenir les prémices d’un travail considérable : saint Laumer a retrouvé, dans son sanctuaire de prédilection, une chapelle digne de lui : l'autel, les peintures, les vitraux font honneur au goût des artistes, qui ont su reproduire en abrégé la légende du Saint et l’histoire de sa pieuse maison.

La fête de saint Laumer est célébrée le 49 janvier, jour présumé de sa mort (vers l'an 594). Outre cet anniversaire, les Bénédictins avaient institué une solennité spéciale, en mémoire de la translation de ses reliques à Blois (le 23 octobre).

Le culte de saint Laumer, un peu négligé dans le Blésois depuis la Révolution, paraît s’être mieux conservé dans les localités qu’habita ce premier abbé de Corbion. Ainsi, plusieurs paroisses du pays chartrain et du Perche portent son nom, et l’honorent spécialement : en outre, des traditions respectables attestent la dévotion vivace du peuple de ces contrées pour leur vénéré patron. Nous lisons, à ce sujet, dans une publication récente, les renseignements qui suivent? : « Un monument curieux, tout voisin de notre territoire chartrain, est celui de la Madeleine-Bouvet, connu sous le nom de Fontaine de saint Laumer : ce pieux apôtre a laissé sur une grosse pierre de plus de six mètres de long sur quatre mètres de large, souchée en plein champ, la trace d’un coup de sa baguette, et sur un beau silex, enchässé aujourd’hui dans la sacristie de l’église du Pas-Saint- Laumer, l'empreinte bien figurée de son pied 8. Le trou de la grosse pierre garde l’eau du ciel, et forme la fontaine qui guérit de la fièvre ; le pas conservé dans l’église est vénéré des pèlerins et célébré par beaucoup de guérisons miraculeuses ».

Ces souvenirs, pleins de merveilleux, annoncent au moins une grande confiance dans les mérites du bienheureux anachorète.

Surius rapporte la vie de saint Laumer au long; les Martyrologes et surtout le Martyrologe des Saints de France, les Légendes de l'église de Chartres, et celles de Blois, font mention de lui.

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