‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 305 sur 412 · SAINT CONTEST, ÉVÊQUE DE BAYEUX · texte numérisé non relu

SAINT CONTEST, ÉVÊQUE DE BAYEUX

Né à Athis-sur-Orne, près Caen, il s’adonna de bonne heure aux pratiques de la piété, et, désespérant de ramener au bien ses compatriotes dont il censurait énergiquement les vices et les mœurs corrompues, il se retira dans une solitude où la prière et la pénitence devinrent ses seules occupations. Ses vertus le firent juger digne de monter sur le siége épiscopal de Bayeux, devenu vacant par la mort de saint Manvieu, arrivée le 28 mai 480. Dans ces éminentes fonctions, il ne changea rien à son genre de vie et opéra un grand nombre de conversions par ses prédications autant que par ses exemples.

Après avoir allié les qualités d’un pieux solitaire aux vertus d’un parfait évèque, il s’endormit paisiblement dans le Seigneur, le 49 janvier de lan 513. On l’inhuma dans l'église de Saint- Exupère, au nord et sur l'emplacement où fut depnis élevé un autel à saint Clair. Ses reliques furent solennellement transportées, le 41 avril 1162, dans l’abbaye de Fécamp ; mais les moines de ce couvent donnèrent, en 1682, une portion considérable de ces restes précieux aux pauvres religieux du prieuré de Saint-Vigor, près Bayeux.

Voir, au Supplément de ce volume, des détails plus complets sur le culte et les reliques de ce saint Evêque.

SAINT ARCONCE OU ARCONS, ÉVÊQUE DE VIVIERS (vers 737-740).

Arconce, évêque et martyr, gouverna l'église de Viviers vers le milieu du virre siècle. L'antiquité de son culte est attestée tant par une chapelle dédiée sous son nom dès avant le xr1e siècle, que par un office du Rite double qu'on célébrait en son honneur. Un vieux martyrologe manuscrit, que l'on conserve au séminaire de Viviers, décrit en ces termes le marlyre du saint prélat : « Le 8 de janvier, la fête du bienheureux Arconce, martyr, évèque de l’église de Viviers, qui, pendant qu'il défendait la liberté de l'Eglise et qu'il confondait ses ennemis, fut accablé de coups et maltraité ignominieusement par quelques habitants de Viviers, et enfin décapité par eux à la porte dite de la Poutre ». Son saint corps, honoré par des miracles, enseveli avec honneur par son clergé dans l'église de Viviers, à côté de la chapelle de Saint-Martin, demeura dans une châsse jusqu’à l’an 1563, où la rage effrénée des Calvinistes le brûla en mème temps que le corps de saint Aule.

Pour s'expliquer le martyre de saint Arconce en plein vire siècle, il ne faut pas oublier le milieu historique dans lequel se mouvait ce prélat : c'était à l’époque où les leudes de Charles- Martel venaient de refouler les Sarrasins et occupaient le Vivarais, en sentinelles avancées. Le maître avait pensé que les soldats qui avaient reconquis les propriétés de l'Eglise pouvaient bien en retenir une partie à titre d'indemnité. Livrés à l'impétuosité farouche d’instincts à demi barbares, les hommes d’armes du Franc se portèrent à des excès tels qu'ils firent regretter les Sarrasins eux-mêmes.

Le fait est si incontestable que plusieurs églises du Midi, celles de Lyon et de Vienne entre autres, furent complétement détruites et leurs évèques obligés de fuir.

Celui de Viviers éleva publiquement la voix pour flétrir les scandales des conquérants d’Outre- Rhin : cette race a toujours été la même : nous en avons eu la preuve en 1870-71, où nous avons vu à l’œuvre le Prussien et le Bavarois, le Saxon et les compatriotes de Luther; et il a fallu de longs siècles, le climat, les mœurs, le génie de la Gaule chrétienne pour civiliser les Francs frères des Germains. Ce furent donc les nouveaux venus, les habitants et non les c{oyens de Viviers qui, frémissant de rage, désespérant de jamais triompher des résistances du Pontife, jurèrent sa mort et s’embusquèrent à une des portes de la ville où ils l’assassimèrent lâchement.

Cette distinction entre cifoyens (Cives) et hubitants (Incolæ) est essentielle à faire : si la légende moderne du Bréviaire viennois l’avait faite, il n'aurait pas rejeté sur la population entière de Viviers l’odieux de ce crime : ce sont les habitants, et non les citoyens, que désigne le vieux martyrologe de Viviers dont tous les termes veulent être pesés. Dans le droit romain et athénien, eomme dans le langage du moyen âge, le mot citoyens 1 désigne les natifs, les membres de la

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