Cives
SAINT VULSTAN, ÉVÊQUE DE WORCESTER. , 4183 cité inscrits sur les registres ; habitants 1, veut dire les gens simplement domiciliés dans la ville, les manants, comme on les appela plus tard. La loi romaine assigne la source profonde de cette distinction. « C'est l’origine », dit-elle, « qui fait les citoyens ; et le domicile, les habitants ». Dans les Chartes de Viviers, où il importe le plus de trouver cette distinction, on ne manque jamais de la rencontrer et d’y voir désignés par le nom de citoyens ceux qui ont droit aux priviléges inhérents au seul droit de cité : port d'armes, élection des magistrats, administration des deniers publics ; — ‘s’il s’agit au contraire de dispositions qui regardent la généralité des habitants, on a grand soin de désigner par le nom d’hubitants toutes les classes dont se compose la commune.
Le martyrologe ajoute que ce fut pour avoir défendu énergiquement les libertés de son église, qu’Arconce fut assassiné. Cette simple indication suffit pour caractériser les auteurs du meurtre : ces auteurs ne sortaient pas des rangs du peuple : celui-ci sentait bien qu'il n'avait de meilleur appui, de plus solide garantie de son indépendance que les évêques si bien nommés ses défenseurs, ses avocats. En dehors du peuple, en dehors des citoyens, où trouver ces oppresseurs dont parle le martyrologe ? Il ne reste évidemment qu’à les chercher parmi les leudes francs que la conquête avait implantés dans le pays et qui demeurèrent longtemps étrangers par leur origine autant que par leurs mœurs.
Conclusion : la mort de saint Arconce ne fut pas le résultat d'un complot général, d’une émeute populaire. Le martyrologe donne assez clairement à comprendre que le courageux Pontife fut surpris et frappé seul, saas défense, dans un infâme guet-à-pens.
Cf. Histoire religieuse, civile et politique du Vivarais, par M. Rouchier, t. 1er, page 279 et suiv.; Thucidide, Æist., t. 1er, p. 145; Code Justinien, liv. x, titre 89, loi 7e; Charte de Raymond Ier, évêque de Viviers, 1159.