RELIQUES ET MONUMENTS
Le cimetière où furent déposées les reliques de notre Saint, anciennement celui de Calixte, porte depuis longtemps le nom de Cafacombes de Suint-Sébastien. L'église, bâtie par le pape Damase à l’entrée de ces catacombes, et que l’on a eu soin de réparer de temps en temps, est une de celles que l'on visite à Rome par dévotion. Le tombeau de saint Sébastien, en marbre blanc, placé dans Le des chapelles latérales, est très-beau. Sa statue, sur le tombeau, le représente couché et percé de Zèrñes ; c'est l’œuvre de Giorgetto, un des meilleurs élèves de Bernini.
L'église de Saint-Sébastien, qui est très-ancienne, et l’une des sept les plus illustres de Rome et du monde chrétien, a été bâtie sur le lieu même où le Saint accomplit son martyre, près du cimetière de Calixte. Un monument précieux du Saint martyr, c'est son image vénérable représentée en mosaïque et qui se voit parfaitement conservée dans le titre de sainte Eudoxie, à Saint-Pierre-ès- Liens. C’est un vieillard avec une longue barbe blanche : avis aux peintres qui le représentent à tort sous les traits d’un jeune homme attaché à un poteau.
Parmi les précieuses reliques que renferme cette basilique, on voit une partie de la colonne à Jaquelle le Saint fut lié pour la flagellation, et aussi une des flèches dont il fut percé.
Indépendamment de cette basilique, on bâtit en mémoire du glorieux martyr, au lieu même où il fut percé de flèches, une autre petite église. Cette église, s’élevant sur le Palatin, berceau du grand empire, et dominant seule les ruines du palais du puissant empereur dont rien n’a survécu, pas même un peu de poussière, cette église, dis-je, semble témoigner en même temps et de l'impuissance paieune et de la force impérissable de la religion chrétienne et de la mémoire d’un saint.
Le jour de la fète, ces deux églises sont brillamment décorées ; on y célèbre les saints offices et les fidèles y affluent pour prier sur le tombeau du saint martyr, et aussi pour visiter la catacombe ouverte ce jour.
Dans l’église de Saint-André de la Vallée, située près du cloaque où le Saint avait été jeté, on expose sur le tabernacle de la chapelle qui lui est dédiée, dans un reliquaire d’argent, trois anneaux de la chaîne avec laquelle il avait été lié.
On visite avec une pieuse curiosité la salle semi-circulaire (attenante à la sacristie), dans laquelle les premiers papes tinrent les premiers conciles ; au milieu de cette salle on voit le puits dans lequel les chrétiens déposèrent les corps des Apôtres saint Pierre et saint Paul dans la crainte qu’ils ne fussent dérobés, et les y conservèrent pendant deux siècles, c'est-à-dire jusqu'au moment où ils furent exhumés, sous Constantin, et partagés. La moitié de chacun de ces saints corps repose actuellement dans la basilique de Saint-Pierre, les autres moitiés dans celle de Saint-Paul-hors-les- Murs ; leurs têtes sont’ dans le reliquaire qui domine l’autel-majeur de Saint-Jean-de-Latran.
La résidence des premiers papes était attenante à cette salle des conciles.
À peu de distance de la caiacombe de Saint-Sébastien est la catacombe de Saint-Calixte, la vlus intéressante avec celle de Sainte-Agnès.
Quant aux reliques de notre Saint, la translation la plus importante et la plus célèbre fut celle qui se fit en France sous Louis le Débonnaire. Ce prince obtint du pape Eugène IL la permission de faire transporter à Saint-Médard de Soissons ce qui était resté du corps de saint Sébastien hors de la ville de Rome, dans les catacombes. Ce riche trésor fut placé solennellement par l'évêque Rothade dans la célèbre abbaye de Saint-Médard, le second dimanche de l'Avent, le neuvième jour du mois de décembre, l’an 826. Les huguenots, après la prise de Soissons, en 1364, jetèrent ces reliques dans les fossés de l’abbaye, mais on en recouvra quelque chose, ainsi que de celles de saint Grégoire, pape, et de saint Médard, qui se trouvèrent confondues Ou en conservait, avant 1793, une partie dans l’église Notre-Dame de Soissons, et l’autre à Saint-Médard.
L'ancienne abbaye de Saint-Médard-les-Soissons a été dévastée et en partie ruinée par suite de la Révolution de 92; ce qui en reste a été acheté par l'ancien évêque de Soissons qui en a fait un