‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 328 sur 412 · XXIT JOUR DE JANVIER · texte numérisé non relu

XXIT JOUR DE JANVIER

MARTYROLOGE ROMAIN

A Valence, dans l'Espagne Tarragonaise (Aragon), saint VINCENT, diacre et martyr, qui, après avoir enduré, sous le très-cruel président Dacien, la prison, la faim, le chevalet, la dislocation des membres, les lames rougies au feu, le gril de fer embrasé et d’autres genres de tourments, s'envola au ciel vers la récompense de son martyre ; Prudence a célébré son triomphe en beaux vers ; saint Augustin-et le pape Léon ont recommandé sa mémoire par les plus grandes louanges. 304 #. — A Rome, aux eaux Salviennes, saint ANASTASE, moine persan, qui, ayant d’abord subi des tourments nombreux, tels que la prison, le fouet, les fers, à Césarée de Palestine, fut encore soumis à divers supplices par Chosroës, roi de Perse, et eut enfin la tête tranchée après qu'il eut envoyé au mar-

1. Liv. de la gloire des Martyrs, ch. 64. — 2. Liv. vir, ch. 23. — 3. De la cité de Dieu, 1iv. xvinr, ch. 52.

4. Le chevalet était un instrument de torture muni d’une ou plusieurs vis et poulies, et propre à distendre un corps : c'est tout ce qu'on en peut dire, et l'on manque de données nécessaires pour en tracer une description exacte. On sait seulement que cette affreuse machine se composait d'une pièce de bois : Crines ligantur ad stipitem, et toto corpore ad equuleum fortius alligato, vicinus pedibus ignis apporitur, utrumque latus carnifexz fodit. Les cheveux sont liés à la pièce de bois, et tout le corps étant fortement attaché au chevalet, on approche le feu tout près des pieds; le bourreau laboure l'un et l'autre flanc. Voilà ce qu'on lit dans saint Jérôme, lettre quarante-neuvième, à Innocent. On lit aussi dang Ammien-Marcellin, livre xviur : Quanquam incurvus sub equuleo staret pertinaci negabat instantia. Quoique courbé sous le chevalet, il niait cependant avec une opiniâtreté indomptable. On voit de plus, dans la lettre ci-dessus citée de saint Jérôme, que le patient, dans cette posture, pouvait regarder le ciel.

Les Cormpedes, sortes d'entraves, servaient à prolonger les souffrances des Martyrs jusque dans la prison. Ils tenaient les pieds fixés et les jambes plus ou moins écartées :

In hoc barathrum conjicit Truculentus hostis martyrem, Lignisque plantas inserit Divaricatis cruribus.

Dans cet horrible cachot, le barbare ennemi fait jeter le martyr et emprisonne ses pieds dans le bois, en écartant très-fort les jambes.

Quant aux fidiculæ, même incertitude et plus grande encore que pour le chevalet. Selon les uns, c'étaient les cordes qui garnissaient le chevalet; selon les autres, c’étaient des ongles ou griffes de fer avec lesquelles on déchirait le corps du patient pendant qu'il était fendu sur le chevalet.

tyre soixante-dix de ses compagnons qui furent noyés. Sa tête fut apportée à Rome, ainsi que sa vénérable image, par la vertu de laquelle les démons étaient mis en fuite et les maladies guéries, comme l’attestent les actes du second concile de Nicée. 628. — À Embrun, dans la Gaule, les saints martyrs VINCENT, ORONCE et VICTOR, qui furent couronnés dans la persécution de Dioclétien. 1V° s. — A Novare, saint Gaudence 1, évêque et confesseur. ve s. — A Sora, saint DomI- NIQUE, abbé, illustre par ses miracles. 1031.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ

A Arcis-sur-Aube, en Champagne, saint OuLPH, martyr. 11° ou 1119 8. — À Vienne, en Dauphiné, saint Blidran, évêque et confesseur. 719.— A Poitiers, le bienheureux GAUTHIER, évêque, de l'Ordre des Mineurs, que l’on invoque dans les fièvres quartes. 14307. — En un lieu qui se nommait Orsoles, saint Valier, évêque de Viviers. Vers 510. — A Berg, près de Cologne, au-delà du Rhin, la bienheureuse LUFTHILDE, vierge, recommandable pour sa grande charité envers les pauvres. — À Paris, la translation de saint Merry ou Médéric. — A Blois, le troisième dimanche après l’Epiphanie, la translation de saint SOLENNE. — A Digne, la fête de saint VINCENT, évêque de ce siége et confesseur. Vers 380.

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe de l'Ordre de Saint-Basile.— À Rome, aux eaux Salviennes, saint Anastase... comme au romain.

Martyrologe des Chanoïnes réguliers. — À Novare, la fête de saint Gaudence, confesseur et premier évêque de cette ville, qui répandit en Occident l'institut des Clercs réguliers, constitua à Novare un clergé remarquable par la régularité et le nombre, et gouverna très-saintement l’église qui lui était confiée.

Martyrologe des Carmes chaussés et déchaussés. — À Rome, aux eaux Salviennes, saint Anastase, etc.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

En Espagne, sainte Aquiline et son mari, dont le nom est inconnu, martyrs avec leur fils saint Victor, qui est mentionné ci-dessus d’après le martyrologe romain. Règne de Dioclétien. — En Afrique, les saints Janvier, Mucius où Minutius, Sature et Bellicus, martyrs, mentionnés par le martyrologe de saint Jérôme. — En Espagne, saint Inventus, vulgairement saint Trobat, martyr avec 359 compagnons, dont les reliques étaient conservées à Gironne dans l’église Saint-Félix. On invoquait saint Félix contre la fièvre quarte, et les 360 martyrs en général contre les inondations. Leur culle a été autrefois fort célèbre. Règne de Dioclélien. — A Rome, sainte Irène ou Hérène, veuve de saint Castule, martyr, connue pour avoir pansé les plaies de saint Sébastien, percé de flèches et laissé pour mort. Vers l'an 304. — À Rome également, sainte Blésille, veuve, dont saint Jérôme parle dans ses lettres et qui mena dans le siècle une vie toute religieuse. Son cœur n’avait pas été insensible aux séductions du monde : chaque jour elle passait plusieurs heures devant son miroir, entourée de servantes, pour s'habiller avec élégance, se faire parfumer et tresser les che= veux. Dieu se servit d'une maladie pour ramener à lui cette véritable femme du monde et bien implanter dans son âme cette conviction que « le corps devenant tôt ou tard la pâture des vers, l'on a bien tort de tant le caresser ». An 383. — En Assyrie et en Perse, à saint Anastase, martyr, mentionné ci-dessus, sont joints ses soixante-dix compagnons qui périrent avec lui. An 628. — En Bulgarie, les saints Manuel, Georges, Pierre, Léon, évêques; Parode, prêtre; Jean, Léon, tribuns; Gabriel, Sionie, et trois cent soixante-dix-sept autres martyrisés par les Bulgares qui les avaient emmenés en captivité après avoir pris Andrinople et fait la conquête de la Thrace. Ces mêmes Bulgares devaient quelques années après, 850, se convertir au Christianisme avec leur roi Bogaris. Le martyre de ces serviteurs de Jésus-Christ eut lieu vers l’an 818, — En Angleterre, Saint Britwald, évêque de Wilton ou Wilshire; il eut des révélations sur les rois anglais qui devaient venir après lui, An 1045. — En Belgique, saint Walter ou Gautier de Bierbeke, d'une race noble du Brabant, moine de l'Ordre de Citeaux. Vers l'an 1220.

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