Voir sa vie au 23 Janvier
SAINT VINCENT, SAINT ORONCE ET SAINT VICTOR MARTYRS, HONORÉS A GAP ET EMBRUN
Ive siècle,
Fl est facile d’honorer les martyrs en célébrant leur fête ; mais il est difficile d'imiter leur foi et leur patience.
Saint Thomas d'Aquin, 22 Quæst. 124, art. 2, arg. 8.
Vers la fin du troisième siècle, dans une ville considérable alors des Alpes maritimes, nommée Cimèle ou Cimiez, non loin de Nice, naquirent deux frères : Vincent et Oronce. Leurs parents, d'illustre origine, étaient païens. Mais Dieu, qui avait sur ces deux jeunes hommes des desseins de miséricorde, les appela bientôt des ténèbres de l’infidélité à son admirable lumière.
L'Evangile annoncé, dès le temps même des Apôtres, dans les Alpes et dans les Gaules, comptait déjà de nombreux disciples. Vincent et Oronce entendirent donc la parole de vie ; désabusés des vaines croyances, ils se soumirent à la vérité et demandèrent le baptême.
A peine néophytes, ils devinrent apôtres. Leur première conquête fut leur propre famille. Le ciel leur accorda la plus douce, la plus intime consolation que des enfants puissent goûter sur cette terre : celle de procurer la vie de l’âme à ceux de qui ils tiennent la vie du corps.
Ce premier succès ne fit qu’accroître leur zèle. Ils résolurent de quitter les douceurs de la famille, de dire adieu à la patrie et d’aller porter au loin la bonne nouvelle qu'ils avaient reçue.
Une violente persécution ensanglantait alors les provinces septentrionales de l'Espagne.
Les cruels empereurs Dioclétien et Maximien avaient trouvé, dans le proconsul Rufin, un farouche exécuteur de leur haine contre les disciples de l'Evangile.
Le récit de ces luttes violentes venu jusqu'aux oreilles de Vincent et d’Oronce, avait enflammé leur courage et excité leur charité ; ils forment l’héroïque projet d'aller soutenir leurs frères dans la foi et cueillir pour eux-mêmes les palmes du martyre ; et, sans se laisser rebuter par la longueur, les difficultés et les périls de ce voyage, ils prennent, pleins d’ardeur, le chemin qui conduit en Espagne.
La persécution avait dispersé les pierres du sanctuaire, amoncelé des ruines et arrosé de sang les débris de cette Eglise désolée.
L'évêque Pontius, suivi d’une foule nombreuse, fuyait alors devant le tyran et s'en allait chercher, dans quelque solitude profonde, un abri contre le glaive des persécuteurs et un lieu assez sûr pour qu’il pût y dresser sans crainte un autel et y adorer son Dieu en toute liberté.
Avec lui fuyait un pieux lévite nommé Victor, déjà célèbre par plusieurs miracles et fort connu par son héroïque dévouement à la cause chrétienne.
Ce fut près de Gironne que nos jeunes apôtres, respirant le zèle et la for,