SAINT VINCENT, ÉVÊQUE DE DIGNE
Vincent, originaire de la terre d'Afrique, vint dans la Gaule avec Marcellin et Domnin, plus tard premiers évêques, l’un d'Embrun, l’autre de Digne. Il aborda premièrement à Nice, d'où, franchissant les Alpes, il parvint à Embrun, et y fut le ministre et l’auxiliaire infatigable de Marcellin. Marcellin ayant été consacré évêque d’Embrun par le bienheureux Eusèbe de Verceil, le bienheureux Vincent, désormais compagnon inséparable de saint Domnin, vint avec lui à Digne ; il y travailla avec zèle à détruire l’idolâtrie et à fonder l'Eglise. Doué des vertus les plus hautes, il fit faire de grands progrès à l’œuvre divine.
D se fit surtout remarquer par l'étude des saintes lettres, qu’il avait apprises dès l'enfance, qu'il lisait constamment et pratiquait fidèlement. Son admirable douceur, son talent de la persuasion, par lesquels il convertissait les païens, lui servaient aussi à entretenir dans la foi ceux qu'il avait con-
1. Sainte Lufthilde, Lufthalde ou Leuchtilde, c'est-à-dire héroïne céleste (Loft, élevé, Lucht, ax, lumière, et held, héros), r 2. On prononce Ou : on a dit successivement Ulphus, Ulphe et Ou; ce qui, en tenant compte de là prononciation latine de l'x, revient absolument à Oulph.
vertis et à se concilier tous les esprits. Lorsqu'il était fatigué de l’afluence populaire, toujours grande autour de sa personne, il sé rétirait pour sé délasser dans la solitude, qu’il aimait beaucoup, et y vaquait à l’oraison et au chant des hymnes et des psaumes. Telle était son humilité, qu’il céda sans peine l’épiscopat à Domnin, et que, lorsque celui-ci fut mort, il fallut le contraindre à l'accepter. Toutes ces vertus furent couronnées en lui dès cette vie par le don des miracles; le contact de ses vêtements guérissaitles malades ; sa prière ou sa seule présence mettait en fuite le démon et ressuscitait les morts.
Devenu évèque, il fut assidu à la lecture, à l’oraison et au jeûne. Il pratiquait la charité, l'hospitalité et la miséricorde, et tous les exercices de la piété ; il gardait pur et intact le dépôt de la foi. Il assista au premier concile de Valence, avec Arthème d'Embrun, l'an du salut 374. Enfin, s'étant réfugié sur une montagne, il y tomba malade, convoqua ses frères et leur adressa cette exhortation : « Ayez la charité, gardez la foi, retenez l'exemple de sainte Agnès, dont vous célébrez aujourd’hui le triomphe ». Ayant vu dans son sommeil le Christ qui le consolait et lui présentait le saint Viatique, le lendemain matin, après avoir encore une fois offert à Dieu ses louanges, il s’envola au ciel : c'était le 22 de janvier.
Propre de Digne.
SAINT SOLENNE à,