ÉVÈQUE DE CHARTRES, HONORÉ A BLOIS ET A CHARTRES
Vers l’année 484, Solenne, né à Châteaudun, fut élu évêque de Chartres. Son humilité recula devant l’acceptation d’une si haute charge. Pour éviter le fardeau qu'on voulait lui imposer, il prit la fuite, et demeura caché dans une grotte, jusqu’à l’élection d’Aventin, qui fut nommé à sa place. A cette nouvelle, Solenne revint à Chartres, croyant avoir échappé pour toujours aux honneurs qu’il redoutait ; mais au moment où il entrait dans l’église cathédrale, on le reconnui; et la foule, transportée d’allégresse, s'écria d’une voix unanime : Voici Solenne, voici notre évèque ! Aventin lui-même joignitses propres applaudissements à cette acclamation générale : Solenne, malgré sa résistance, dut céder au suffrage public, ou plutôt à la volonté de Dieu manifestée clairement, Un mémorable épisode marqua l'exercice de son ministère.
Clovis se disposait à embrasser le christianisme, pour accomplir le vœu prononcé sur le champ de bataille de Tolbiac. Saint Solenne prit part à cette conversion glorieuse. De concert avec saint Remi, évêque de Reims, et avec le prêtre saint Vaast (depuis évêque d'Arras), il instruisit Clovis des vérités de la religion, et le fit catéchumène à Chartres, lorsque le roi des Francs passa dans cette ville, à la tête de son armée, pour aller combattre les Goths : Solenne lui prédit en même temps une victoire assurée ; et l'événement justifia bientôt cet heureux présage. Il assista au baptême de Clovis, à Reims; auguste cérémonie à laquelle ses enseignements persuasifs avaient préparé le fer Sicambre, changé en doux agneau. Plein de zèle pour le progrès de la vraie foi, il évangélisa les Francs, et devint l'apôtre du Blaisois et de la Beauce, contrées encore à demi paiennes. Au début d'une seconde expédition contre les Goths, il suivit le roi jusqu'à Tours; mais, étant tombé malade en route, il mourut à Maillé, vers l'an 509, et fut inhumé en ce lieu, comme il l'avait demandé, dans la crypte d’une église dédiée à la sainte Vierge, et située au sommet du coteau ?, Ce sanctuaire de Marie fut détruit par les païens, et le corps du saint évêque demeura oublié jusqu’à la fin du vie siècle, époque où des prodiges éclatants révélèrent son existence. L'illustre historien Grégoire de Tours présida lui-même, en qualité d’évêque diocésain, à cette merveilleuse découverte, et la consigna dans son livre de la Gloire des Confesseurs.
« Tous les dimanches », dit-il, «pendant les nuits, on voyait une lumière qui s’allumait et brillait au sommet d’une montagne. Les habitants en concluaient que quelque chose de divin gisait là. Cependant arrivèrent deux énergumènes venant de la basilique Saint-Martin et criant : Ici repose Solenne le bienheureux, dans une crypte souterraine ; ouvrez le tombeau de l'ami de Dieu,