‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 339 sur 412 · SAINT DOMINIQUE DE SORA · texte numérisé non relu

SAINT DOMINIQUE DE SORA

et rendez-lui le culte que vous lui devez. Si vous faites ce que nous vous conseillons, il en arri Vera bien à ce pays.

« Alors, voyant ce qui se passait, les habitants prirent une bêche, et ayant fouillé, ils découvrirent une crypte, y descendirent par un escalier et trouvèrent un grand tombeau ; et ces deux hommes, affligés dans leurs âmes, déclarèrent que c'était celui de Solenne le bienheureux ; après quoi ils se retirèrent, ayant recouvré la santé. Ensuite les malades de toute espèce commencèrent à affluer en ce lieu. Ils s’en retournaient sains et saufs; il y eut, entre autres, une femme de la ville de Blois, nommée Lithomère, qui était malade de la fièvre quarte ».

Longtemps après, les Chartrains, attirés par la renommée des miracles qui s’accomplissaient à Maillé, vinrent enlever les restes précieux de leur pontife vénéré : leur passage à Blois fut signalé par de nouveaux prodiges ; une disposition manifeste de la Providence fixa dans les murs de Blois les reliques enviées par ses voisins. D’après un document du x1e siècle, inséré au vaste recueil des Bollandistes, le pieux cortége venant de Maillé serait arrivé à Blois, un soir du mois de janvier, et . la châsse qui renfermait les reliques de saint Solenne, aurait été déposée dans la chapelle de Saint- Pierre, pour une nuit seulement; mais, le lendemain matin, dit læ légende, lorsque les porteurs voulurent continver leur route vers Chartres, ils ne purent en aucune façon remuer le précieux fardeau ; une force surhumaine s’y opposa; et cette résistance fut interprétée comme un arrèt du ciel, en faveur de l’église de Blois 1. Du reste, ce n’était point un séjour étranger au bienheureux pontife; car le pays blésois, qui dépendait du diocèse de Chartres, avait connu saint Solenne, s'était rangé sous sa houlette pastorale, avait eu part à ses travaux apostoliques, et l'invoquait déjà comme son protecteur 2. Les reliques, apportées de Maillé à Blois, prirent place dans une ancienne chapelle de saint Pierre. Ce sanctuaire primitif fut ensuite rebâti, et érigé en paroisse sous le nom de Saint-Solenne. Depuis la fondation de l’évèché (1698), cette mème église, devenue cathédrale, a été décorée du titre de Saint-Louis, patron du diocèse.

En 1568, les huguenots brülèrent ce corps saint, objet de tant d’hommages, et doué de vertus merveilleuses : on ne saurait trop déplorer cette indigne profanation : il reste cependant quelques ossements à Chartres. Quant au chef vénérable de saint Solenne, qui fut conservé jusqu’à la Révolution française dans l’église de Sainte-Marie à Blois, il a été enlevé par des mains sacriléges et le temple renversé.

Autrefois, beaucoup d'enfants de Blois et des environs recevaient au baptême le nom de Solenne, maintenant presque oublié.

Cette dévotion, si vive chez nos pères, dit un hagiographe moderne, s’affaiblit de plus en plus parmi nous. La perte des restes vénérés qui jadis entretenaient la confiance et la piété publiques, est sans doute une des causes de ce délaissement regrettable. Cependant, le diocèse de Blois continue de célébrer l’anniversaire de la mort de saint Solenne, fixé au 25 septembre : la translation de ses reliques est également fêtée à la cathédrale, le troisième dimanche de janvier. Ainsi, la liturgie catholique, gardienne scrupuleuse des vieux souvenirs, supplée autant qu’il est en elle à l'indifférence des populations modernes pour un de leurs premiers évèques, pour celui auquel, en partie, elles doivent le bienfait de leur vocation au christianisme.

Nous nous sommes servi, pour faire cette notice, des Propres de Blois et de Chartres, et des Nofices sur les Saints de Blois, par M. Dupré, bibliothécaire de cette dernière ville.

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