‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 348 sur 412 · Voir une notice sur cette fête au 18 décembre · texte numérisé non relu

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2. En 1616, le savant Bollandus a fait de cette apparition une apologie qui ne se trouve pas dans les Acta Sanctorum : il la mentionne seulement au t. x11 de janvier, p. 151, nouv. éd. 8. Tenu sous l’évêque Gilles.

&. PP. Rubens, Klauber, Collot ont reproduit cette scène.

Il attaque d’abord ses ennemis un par un : il fait voir contre Jovinien que Marie, qui conçut sans cesser d'être vierge, enfanta aussi sans perdre sa virginité ; contre Helvidius, qu'après avoir enfanté Jésus-Christ, elle demeura vierge tout le reste de sa vie ; et, contre les Juifs, qu’elle a conçu sans rien perdre de sa virginité. En combattant ces derniers, il frappe de nouveau les premiers, qu'il avait déjà terrassés séparément, et les accable sous les témoignages de l’Ecriture.

On reproche à notre Saint de n’avoir pas employé, dans ce traité, un style plus régulier, plus simple, plus naturel, d’avoir répété cent fois chaque idée sous des mots synonymes. Mais il, faut faire attention à deux choses : d’abord que c'était un peu le goût du siècle, très-éloigné en tout de celui d’Auguste ; ensuite que le sujet et la manière dont il le traite comportent assez ce genre de style : son amour pour Marie va jusqu’à un pieux délire; son horreur de l’hérésie jusqu’à une sainte fureur. Ces sentiments qui débordent, s’échappent en un torrent de mots qui abiment ses adversaires et soulagent son cœur. Voici un exemple de ce langage passionné, impétueux, redondant, impossible à traduire : « O Domina mea, dominatrix mea, dominans mihi, mater Domini mei, ancilla filui tui, genitriæ facloris mundi, le rogo, te oro, te quæso, habeam spirium Domini tui, habeam spiritum fil tui, habeam spiritum redemptoris mei, ut de te vera et digna sapiam, de te vera et digna loquar, de te vera et digna quæcumque dicenda sunt dicam. Tu enim es electa a Deo, assumpta a Deo, advocala a Deo, proxima Deo, adhærens Deo, conjuncta Deo, visituta ab angelo, salutata ab angelo, turbata in sermone, attonita in cogitatione, stupefacta in salutatione, admirata in dictorum enuntiatione. Invenisse te apud Deum gratiam audis, et ne timeas juberis, fiducia roboraris, cognitione miraculorum instrueris ad novitatem inaudilæ gloriæ proveheris... »

20 Livre de la Connaissance du Baptême. I] y examine toutes les questions qui regardent ce sacrement, et les tranche, non de sa propre autorité, mais en s'appuyant sur les saints Pères, dont il a recueilli les seuliments sur ce sujet. Ce livre se compose donc, à proprement parler, de notes qu'il a prises en lisant les Pères, et c'est là son titre : Livre de Notes sur la connaissance du Baptéme. 1] faut en dire autant de l’opuscule qui suit et qui se compose aussi d'une foule de petits chapitres.

30 Le Livre du Chemin à travers le Désert où l’on s'avance après le Baptéme. Les eaux du baptême sont comme celles de la mer Rouge qui nous séparent de la servitude ; le reste de notre vie est un voyage, comme celui des Hébreux dans le désert; si nous nous laissons bien conduire par Dieu, nous arriverons à la terre promise. Saint Iidefonse nous cause, tout le long de son voyage, si je puis parler ainsi, nous suggère mille pensées salutaires, nous explique des mots mystiques. Je le répète, c’est plutôt un recueil de sentences qu’un traité.

4o Des Lettres, les seules qui nous restent de saint lidefonse. Elles sont précédées par deux lettres de Quirice, évèque de Barcelone, qui remercie notre Saint du bien que lui a fait son livre de la Virginité. Ce merveilleux livre a non-seulement réjoui son âme, mais son corps vieux et infirme en a été comme ranimé, ce qui lui a permis de reprendre ses fonctions épiscopales. L’archevèque de Tolède s’humilie dans ses réponses et renvoie toute la gloire à Dieu.

50 Le Livre des Hommes illustres, pour faire suite à celui de saint Isidore, est une liste de quatorze hommes illustres ; elle commence par saint Grégoire le Grand, pape, et finit par Eugène I, évêque de Tolède. lidefonse consacre à chacun une courte notice.

Les ouvrages qui suivent, dans la Patrologie de M. Migne, et qu'on attribue avec plus ou moins d'incertitude à notre Saint, sont :

Un opuscule sur l’enfantement de la Vierge, qui est plus probablement de Paschase Ratbert, abbé de Corbie;

Des Fragments sur le même sujet ;

Quatorze sermons, dont les sept premiers et le neuvième sur l’Assomption de la sainte Vierge, le huitième à la louange de cette même Vierge, le dixième sur sa Purification, le onzième sur sa Nativité, et les autres encore sur la sainte Vierge ;

Un petit livre sur /a Couronne de la Vierge Marie 3

Une continuation des Chroniques de saint Isidore ;

Enfin, Treize Epitaphes en vers. /

Terminons par ces paroles de M. de Montalembert :

Léandre, Isidore, lidefonse, furent les illustres représentants de la vie intellectuelle dans un temps où elle semblait presque partout éteinte. Ces pontifes laborieux, instruits, éloquents, pleins de zèle pour la science et l’étude en même temps que pour la religion, assurèrent en Espagne l’avenir des lettres chrétiennes et la durée de la tradition littéraire, partout ailleurs interrompue ou menacée par les orages de l'invasion ou de l’établissement des barbares. Ils firent de leur patrie la lumière intellectuelle du monde chrétien au vire siècle.

cf. D. Thomas Tamayo de Vargas, historiographe du roi d'Espagne, qui a recueilli les manuscrits de Vévêque Zizile et de saint Julien, successeur de saint lidefonse : Bollandus les a faits siens; — Moines d'Occident, t. 11, p. 208 et suiv.; — Poetas anteriores al siglo xv, vida de S. Lidefonso, p. 328; — le P, Cahier, passim.

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