PRÉFACE DE LA SEPTIÈME ÉDITION
Pour corriger, améliorer, compléter cet ouvrage, dans une édition défnitive, qui sera stéréotypée, et le rendre plus digne du public qui l’a si favorablement accueilli, nous nous sommes imposé la tâche de compulser non-seulement les gros et nombreux volumes des Acta Sanctorum, mais tous les ouvrages hagiographiques publiés jusqu’à ce jour.
Il est peu de diocèses français aujourd’hui qui ne possèdent chacun son histoire religieuse, un recueil de la vie de ses Saints; ces publications sont généralement puisées à des sources récemment découvertes et font quelquefois revivre des traditions éteintes depuis plusieurs siècles : en les mettant à profit, nous sommes parvenu à rendre notre recueil plus complet que les Acta Sanctorum. En effet, pour ne citer que deux exemples, dans son ouvrage intitulé les Saints du Rouergue, compris en un seul volume, M. l'abbé Servières « a pu recomposer l’histoire, éparse dans une foule de documents, de vingt-sept Saints que leur naissance, leurs actes ou leur mort rattache au Rouergue». Or, les Bollandistes, dans leurs soixante volumes, n’avaient mentionné que cinq de ces Saints, et ces cinq ne sont pas les principaux ; bien plus, le propre du diocèse omet onze Saints de ce pays, parmi lesquels il en est dont la vie a été illustre et se retrouve dans des monuments authentiques.
M. l'abbé Corblet, historiographe du diocèse d'Amiens, a entrepris de « recueillir (en cinq volumes), avec une patriotique vénération, tout ce qui concerne la vie des Saints de son diocèse, les vertus qu'ils ont manifestées, les miracles qu’ils ont opérés, les œuvres qu'ils ont fondées, le culte dont ils été l’objet, les monuments liturgiques et iconographiques qui leur ont été consacrés. Pour atteindre un tel but, il ne suffisait point d'analyser ou de traduire les documents qui ont été recueillis par les Bollandistes, les Bénédictins ou d’autres érudits : il fallait consulter les Bréviaires du moyen âge, les annalistes des temps passés, les histoires générales d'ordres monastiques, les chroniques particulières des abbayes, les nombreux ouvrages relatifs à la Picardie, et surtout mettre à profit les manuscrits historiques conservés dans les bibliothèques publiques et les collections particulières ».
Voilà comment la plupart des diocèses de France refont leur histoire
XXXVIIT PhÉFACE DE LA SEPTIÈME ÉDITION.
d’après les vraies traditions, les manuscrits originaux, les monuments authentiques. Ainsi nous avons déjà, entre autres ouvrages, outre les deux que nous venons de citer, l’AZistoire de l'Eglise du Mans par D. Piolin, la Wie des Saints de Franche-Comté par les professeurs du collége Saint-François- Xavier de Besançon, l’Aistoire de l'Eglise Santone et Aunisienne par l'abbé Briand, l'Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen par l'abbé Barrère, l’Histoire hagiologique des diocèses de Belley et de Gap par Mgr Depéry, l'Histoire du diocèse de Toul et de celui de Nancy par l'abbé Guillaume, lÆ1sloire hagiologique du diocèse de Maurienne par l'abbé Truchet, les Vies des saints personnages de l’Anjou par le R. P. Dom Chamard, l’Æistoire hagiologique de Valence par l'abbé Nadal, l’Æistoire des Saints d'Alsace par l’abbé Hunckler, les Vies des Saints des diocèses de Cambrai et d'Arras par Yabbé Destombes, l’Aistoire du Vivarais par l'abbé Rouchier, etc., etc.
D’autres érudits non moins infatigables, restreignant l’objet de leurs recherches, ont consacré leur science et leur talent à tirer un Saint de l’oubli ou à rendre à sa renommée, à son histoire, à son culte un nouvel éclat. Les monographies contiennent des trésors inappréciables. Avons-nous besoin de rappeler saint Martial par M. Arbellot, saint Front et saint Sacerdos par M. Pergot, saint Bénigne par M. Bougaud, saint Firmin par M. Salmon, saint Séverin par M. Cirot de la Ville, sainte Rictrude et saint Amand par M. J.-M. Manjoulet, qui, le premier, a traité de l’évangélisation des Basques, sainte Madeleine et toute la pléïade des Apôtres de la France méridionale par M. Faillon ; et en fait de monographies réputées des chefs-d'œuvre : sainte Monique par M. Bougaud, saint Jean l’Evangéliste par M. Baunard, saint Augustin par M. Poujoulat, saint Thomas d’Aquin par M. Bareiïlle, saint Dominique et sainte Madeleine par le Père Lacordaire, saint François de Sales par M. Hamon, saint Jean Chrysostome par M. Martin d’Agde, saint Bernard, par le P. Ratisbonne, saint Grégoire VII par M. Voigt, saint Pie V par M. de Falloux, saint Vincent de Paul par M. Maynard, saint François d’Assise et sainte Catherine de Sienne par M. Chavin de Malan, saint Paul par M. Vidal, saint Symphorien et son culte par M. Dinet, etc.
A l’aide de ces précieux ouvrages et de divers autres (dont le nombre ne s'élève pas à moins de six cents) et des renseignements spéciaux qu’on a bien voulu nous envoyer de tous côtés, nous avons pu rectifier les inexactitudes qui s'étaient glissées dans notre travail, et y faire des additions importantes dont voici les principales :
Comme la rédaction du Martyrologe romain est faite ou approuvée par l'Eglise, nous l’avons religieusement conservée intacte ; mais nous nous sommes permis de l’éclaircir, de le compléter, parfois même de le rectifier par des commentaires. Nous avons considérablement augmenté le Martyrologe de France, qui est l’œuvre des hagiographes.
Tous les Saints, Bienheureux, Vénérables, qui ne se trouvent ni au Martyrologe romain, ni dans les Martyrologes des Ordres religieux, et ne peu-