SAINT ARTÈME, ÉVÊQUE DE CLERMONT
Pendant que saint Népotien, quatrième évèque de Clermont, gouvernait l'Eglise d'Auvergne, des ambassadeurs, partis de Trèves et se rendant en Espagne, traversèrent Clermont. L'un d'eux, Artème, jeune homme beau et distingué par son esprit, fut saisi d’une fièvre violente, qui l’obligea de s'arrêter dans cette ville, tandis que ses compagnons continuèrent leur voyage. Il était fiancé avec une jeune fille de Trèves, sa ville natale, Saint Népotien visita le jeune étranger dans sa maladie, et le mal empirant jusqu’à faire craindre pour sa vie, il lui conféra le dernier sacrement ; mais à peine Artème eut-il reçu l’onction sainte, qu'il se sentit miraculeusement rendu à la santé. Alors, écoutant les conseils du saint évèque et oubliant sa fiancée comme ses richesses, il s’unit à Ja sainte Eglise, devint clerc, et bientôt parvint à une si grande sainteté, qu’il fut élu pour succéder à saint Népotien et pour être le pasteur des bergeries du Seigneur. Il fit faire de grands progrès à l'Evangile pendant son épiscopat. Il partit joyeux et content de ce monde l'an 394. Il se fit beaucoup de miracles à son tombeau. Ses reliques furent transférées d’abord en une église bâtie en son honneur du côté de Saint-Allyre, et plus tard dans la cathédrale de Clermont, où elles furent déposées sur le maître-autel 2.
Le 20 février 4872, M. l'abbé Noëllet, chanoine honoraire, secrétaire de l'évêché de Clermont, a eu l’extrême obligeance de nous communiquer, sur le culte et les reliques de saint Artème, les intéressants renseignements qui suivent :
« Saint Artème, un des saints les plus populaires en Auvergne, avait autrefois une église, dit Dufroisse dans son livre : Origine des églises de France, sise au quartier du Pont de la Pierre, dans le faubourg Saint-Allyre. Son saint corps fut transféré de cette église à la cathédrale et mis dans une chässe sur l'autel de la Sainte-Trinité, derrière le maitre-autel. On ne le descend que pour des besoins pressants et pour la préservation du feu.
« Les sapeurs-pompiers de Clermont ont choisi depuis longtemps saint Artème pour leur patron, et chaque année, le dimanche qui suit le 44 janvier, ils assistent à une messe dite pour eux à la cathédrale. Quelques parcelles des reliques de ce saint évêque ont échappé à l'impiété des révolutionnaires. La cathédrale en possède un fragment de la grosseur du pouce ; il est enfermé dans un reliquaire moderne, et on l’expose pendant l’Octave à la vénération des fidèles. L'église de Saint- Artème n'existe plus ».
La même lettre répondait à diverses questions que nous avions pris la liberté de poser au sujet de saint Vénérand, de saint Léobard et de saint Avit II, dont nous donnons les notices le 18 janvier pour les deux premiers, et le 21 pour le dernier. Nous ajoutons ici la réponse de M. Noëllet :
1, Voir Photius, cod. 203, 31, 46, 56.