‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 377 sur 412 · SAINT PRIX OU PRICT, ÉVÊQUE DE CLERMONT ET MARTYR · texte numérisé non relu

SAINT PRIX OU PRICT, ÉVÊQUE DE CLERMONT ET MARTYR

de cet assemblage de belles qualités, lui avait de bonne heure confié le maniement des deniers de l’Eglise pour les pauvres. Sitôt qu'il se vit élevé au siége épiscopal, il lui mit entre les mains la conduite de l’église d’Issoire, chose surprenante, qui marque en tout cas le grand mérite de Prix, puisqu'il n’était pas encore diacre, si l’on en croit l’auteur de sa Vie. Lorsqu’il eut reçu le diaconat, il déploya son éloquence en plusieurs façons, et entre autres à rechercher et à mettre en lumière les histoires des saints Cassi, Victorin, Antholien et de plusieurs autres martyrs d'Auvergne, d’où lui arriva un extrême désir de les imiter dans leurs passions, et d'exposer sa vie pour la cause de Dieu, à leur exemple. Il puisa surtout dans cette étude l’amour du silence : aussi, à partir de ce moment, il ne parlait plus qu'avec des ecclésiastiques, et en temps de Carême, il ne parlait avec personne, afin d’avoir son temps libre pour prier, méditer et se recueillir intérieurement. Saint Félix, successeur de saint Genès, le chargea de gouverner le monastère de Candedin ou de Chantoin ; le Saint mit un tel ordre, soit dans le spirituel, soit dans le temporel de ces religieuses, qu’on accourait de toute part se ranger sous sa conduite.

Pendant qu’il remplissait cette charge, il fit un miracle qui étendit beaucoup sa réputation : un ouvrier se trouva comme écrasé sous un pan de muraille qui s’était éboulée : chacun le croyait mort ; saint Prix se met en prières, et ordonne de le retirer de dessous les ruines ; on le trouve aussi sain que si rien ne lui était arrivé. L’éclat de cette action, joint à celui de ses vertus, portèrent l’évêque Félix à l’ordonner prêtre, malgré les résistances de son humilité. Ce saint prélat, étant peu de temps après passé de cette vie à une meilleure, vers l’an 665, le clergé et le peuple allaient choisir saint Prix pour le remplacer : mais l’archidiacre Cayroald ! l’emporta par ses brigues. Mais il ne put jouir des fruits de son usurpation que pendant l’espace de quarante jours : il ne mourut d’ailleurs qu'après avoir fait de sa faute la pénitence la plus exemplaire, au point qu’on l’honora comme Saint. Le siége de Clermont étant de nouveau vacant, pour le remplir on jeta les veux sur Genès, comte d'Auvergne ; c'était un personnage trèsvertueux : jugeant le fardeau de l’épiscopat trop pesant pour ses épaules, il refusa, donnant pour raison que les canons ne permettaient pas à un laïque de recevoir cette charge. Il proposa saint Prix, comme celui qu’il croyait le plus digne, et fit si bien qu’on alla en effet le demander à Childéric IL, roi d’Austrasie, à qui l'Auvergne obéissait. Dès que notre Saint se vit chargé d’un si grand troupeau, il prit pour son coadjuteur dans ses fonctions un religieux appelé Evodius, illustre par les conversions qu’il avait faites, et que Savaron, président de Clermont, dit avoir été abbé de Manlieu ; ils travaillèrent ensemble avee le plus grand succès au salut des âmes, le religieux par ses prédications, l’évêque par ses exemples et ses soins de bon pasteur. Dans son zèle pour la maison de Dieu, il exhorta le comte Genès, qui n’avait point d'enfants, à faire l'Eglise son héritière ; en effet, ce seigneur, suivant le conseil de son prélat, fonda, aux faubourgs de Clermont, le monastère de religieuses qui fut appelé Chamelière. Saint Prix leur prescrivit une règle tirée de celle de saint Benoît, de saint Césaire et de saint Colomban, et leur donna pour mère une très-pieuse femme, appelée Gondelène, et pour directeur et père spirituel, le saint abbé Evodius. Notre saint évêque fonda encore lui-même une autre maison de religieuses, dans les faubourgs de la ville, sur le terrain donné par une pieuse dame nommée Césarie. Enfin, il fit bâtir en son propre domaine, un hôpital, dans un lieu appelé le Colom-

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