‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 380 sur 412 · CULTE, RELIQUES ET MONUMENTS · texte numérisé non relu

CULTE, RELIQUES ET MONUMENTS

Les quatre Martyrologes ordinaires marquent la fête de saint Prix le 25 janvier; celui d'Usuard et le Romain y ajoutent celle du bienheureux Amarin, sous le nom de Marin, comme nous l'avons dit ci-dessus. Celui de France lui donne encore pour collègue dans le martyre saint Elide, dont nous venons de parler. Deux sénateurs d'Auvergne, Bodo et Placide, qui avaient consenti à ce parricide, dont Agrice fut le principal promoteur, aperçurent au-dessus des corps assassinés, trois étoiles qui y descendaient : l’une d’elles paraissait beaucoup plus brillante que les autres : ce qui les porta au repentir de leurs péchés et excita les prêtres et les autres chrétiens à leur donner une honorable sépulture. Comme il se fit une infinité de miracles au tombeau des saints Martyrs, saint Avite, successeur de saint Prix en sa chaire épiscopale, fit bâtir un très-beau monastère avec une église, sous le titre de Saint-Symphorien, où il établit pour abbé Godon, parent de notre Saint. Mais Dieu, qui, s'étant réservé la vengeance, ne laisse jamais la mort de ses serviteurs impunie, voulut que les assassins qui ne firent pas pénitence, périssent tous misérablement et par des chàtiments exemplaires. L'un d’eux (c’est le détestable Radbert, qui avait donné le coup de la mort au saint prélat) fut rongé de vers encore tout vivant; et l’autre, tombant de cheval, eut tout le corps rompu ; mais reconnaissant par là sa faute, il fut guéri en frottant ses membres brisés avec l'huile de la lampe qui brülait devant le sépulcre du saint Martyr. La mémoire de saint Prix a toujours été très-célèbre, non-seulement en son propre diocèse de Clermont, mais aussi par toute la France, et particulièrement à Paris, où il y avait deux belles confréries en son honneur : l’une en l’église paroissiale de Saint-Sauveur, près de la porte Saint-Denis ; et l’autre, à Saint-Etienne des Grès, à la porte de Saint-Jacques, aux deux extrémités de la ville. Il y a encore, dans la vallée de Montmorency, une église qui lui est consacrée, où les miracles étaient encore très-fréquents du temps du P. Giry, et qui montre le pouvoir que ce grand Saint a dans le ciel en faveur de ceux qui implorent son secours. Son culte devint aussi très-célèbre en Allemagne et en Angleterre ; il semble que l'Eglise ait voulu le proposer à ses prélats et à ses autres ministres, comme un exemple de la vigueur et du courage qu'ils doivent faire paraitre contre les grands, oppresseurs des petits, contre l'injustice armée de la violence.

Quant à ses reliques, elles demeurèrent à Volvic, à deux lieues de Clermont, depuis sa mort jusqu’au temps du roi Pépin; à cette époque on en transporta une partie à Saint-Quentin en Vermandois, dans une abbaye qui prit le nom du Saint; l’autre partie, plus considérable, fat déposée à Flavigny en Bourgogne, où Widrad fonda, l’an 722, un monastère en l'honneur de saint Prix.

Il y a toujours, dans la vallée de Montmorency, le village et l’église de Saint-Prix : l’église a été réparée il y a quelques années. On y remarque la chapelle du saint Patron avec son cachet d’antiquité. Le pèlerinage est encore fréquenté par quelques fidèles. Rour ce qui concerne ses miracles, on en cite fort peu aujourd'hui ; le présent n'infirme nullement ce que d# le P. Giry 1.

Voici de curieux renseignements qu'ont bien voulu nous fournir le R. P. Mathieu, dominicain du couvent de Flavigny, et M. Bergé, curé de Volvic :

Deux mots me suflront, nous écrivait, le 29 juin 1862, le R. P. Mathieu, pour répondre aux deux questions que vous me posez dans votre lettre.

40 Quelques-unes des reliques de saint Prix, échappées au ravage de la Révolution, existent encore, et se trouvent à l’église paroissiale de Flavigny. Elles ne sont, que je sache, l’objet d'aucun culte ni d'aucun peélerinage.

20 Le couvent que nous habitons n’a aucun rapport avec l’ancienne abbaye bénédictine où se trouvaient les reliques de saint Prix. Ce n’est qu'une maison d’origine assez récente, acquise par l’évêché de Dijon, à la Restauration, por servir de petit séminaire. Quant à l’abbaye en question, elle existe encore, da moins en grande parue. L'église a été démolie à la Révolution, Une aile a été détruite

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