‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 383 sur 412 · La vice de saint Henri se trouve au 15 juillet · texte numérisé non relu

La vice de saint Henri se trouve au 15 juillet

Walbodon, évêque de Liége : Richard dut céder. Poppon se vit donc chargé de la direction de deux grosses abbayes ; car celle de Malmédy ou Malmundar était jointe depuis longtemps à celle de Stavelot :; toutes deux avaient été fondées à une lieue l’une de l’autre, dans les Ardennes, par saint Rémacle, leur premier abbé, qui fut ensuite évêque de Maëstricht. Deux ans après (1022), l’abbaye de Saint-Maximin de Trèves étant venue à vaquer par la démission de l’abbé Hiérichon, qui avait entrepris le voyage de la Terre- Sainte, l’empereur voulut que Poppon en prît le gouvernement, car il ne connaissait personne plus capable de faire revenir l’esprit de Dieu dans ces maisons. On ne saurait dire combien de travaux il eut à supporter, combien d'obstacles à surmonter, combien de persécutions à souffrir pour réformer ces trois abbayes. Dieu le soutint, le défendit partout d’une façon miraculeuse, lui et les bons religieux qu’il avait amenés de Saint-Vanne pour l’aider. À Stavelot, des assassins, chargés de cette mission par les rebelles, entrèrent dans le chœur l’épée à la main, et se précipitèrent sur les religieux pour les égorger : des boucliers invisibles les protégèrent. A Saint-Maximin, on employa contre Poppon les maléfices et le poison. Le Saint prenait sans défiance la nourriture et le breuvage et n’en éprouvait aucun mal. Les fatigues seules purent le rendre malade : comme tous ses enfants s’alarmaient sur sa santé, parce qu’ils l’aimaient comme un père, Dieu lui fit savoir dans une vision qu’il vivrait encore vingt ans. Il les employa à réconcilier les princes, à instruire les prélats, à réformer les abbayes, et assurer ainsi la paix et la prospérité de l'Eglise. Il existait entre Conrad, successeur de l’empereur Henri, et Henri, successeur du roi de France, Robert, un différend qui aurait pu s’aggraver et troubler le monde : Poppon, qui avait la confiance de ces deux princes, les réconcilia. Tout le monde eût voulu voir un prêtre aussi remarquable, revêtu ducaractère épiscopal ; Conrad fut donc l'interprète de l’opinion générale, en le pressant d’accepter l'évêché de Strasbourg. Poppon, dans un excès d’humilité mal entendue, eut recours à ce quenousne pouvons nous empêcher d'appeler un mensonge pour motiver son refus, tant il est vrai que les plus saints sont toujours hommes; il fit croire à l'empereur que sa naissance avait un caractère odieux, prévu par les canons, qui ne permettaient pas dans ce cas d’être promu à l'épiscopat. Conrad ayant reconnu la fausseté de ce qu’il lui avait dit, lui en fit de justes reproches. Il ne fut pas pour cela moins édifié de l'intention qu'il avait eue, et il le chargea de réformer encore plusieurs monastères. Baudoin, comte de Flandre, souhaita aussi qu'il fût abbé de Saint-Vaast d'Arras, après la mort de l’abbé Jean. Notre Saint résista d’abord et finit par accepter. Il fut reçu avec de grandes démonstrations de joie par les moines qui le connaissaient et l’aimaient depuis longtemps. Il lui fut donc facile de faire fleurir la discipline monastique dans cette maison. Il en confia bientôt le gouvernement à Emmelin, parce qu'il savait que la fin de sa vie approchaït, et se rendit au monastère de Marchiennes, dont il était aussi chargé. C’est là que ses fatigues, ses austérités et la vieillesse Le firent tomber dans une maladie mortelle. Il se fit administrer les derniers sacrements par Everheïlm, abbé de Hautmont, qui le fut depuis de Blandenberg à Gand, et qui composa l’histoire de sa vie. Le Saint fit ensuite étendre à terre son cilice, y descendit pieds nus, et, s’y prosternant, il commença lui-même l’antienne : «Saints, venez à mon secours ; anges, venez à ma rencontre * ». Il récita ensuite les litanies des agonisants, auxquelles répondaient les assistants, puis, après diverses recommandations qu'il fit à ses enfants, il dit : « Seigneur, si je suis véritablement converti, donnez-m'en

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