‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 388 sur 412 · ÉVÊQUE DE TOMES DANS LA PETITE SCYTHIE · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE DE TOMES DANS LA PETITE SCYTHIE

Voyager et persécuter, voyager pour persécuter, ces mots résument toute la vie de l’empereur Valens. Il visitait lui-même les évêques de son vaste empire pour les détacher du catholicisme et les précipiter dans l’arianisme. Il alla donc aussi à Tomes solliciter saint Bretannion d'entrer dans sa communion. Il se rendit d’abord à l’église, et là il se trouva en présence d’une grande multitude, qui s’y était rendue pour voir le prince et sa cour. Bretannion profita de la circonstance pour faire valoir l’autorité du concile de Nicée, qui avait déclaré Jésus-Christ, Dieu et Fils de Dieu.

Comme Valens insistait auprès de l’évêque, celui-ci sortit publiquement de l’église cathédrale pour se rendre dans une autre, Ce coup d'éclat irrita tellement l’empereur, qu’il eut recours à la violence pour venger l’affront fait à l’arianisme dans sa personne. Ordre fut donné de saisir l’évêque et de le jeter en exil. Mais la nation des Scythes, qui n’avait qu'un seul évèque, celui de Tomes, et qui était fortement attachée à saint Bretannion, ne put supporter son absence sans se plaindre. L'empereur fut d'autant plus effrayé de ces murmures que les Scythes étaient le seul rempart de l'empire contre les barbares. Il préféra, chose étonnante dans un sectaire, l'intérêt de l’Etat à celui des Ariens, et permit à l’évêque de retourner au milieu de son troupeau. Saint Bretannion, que sa fermeté a immortalisé, émigra vers le Seigneur l’an 380 8,

1. Maintenant on y descend par un escalier qui a seize ou dix-huit marches. «J'ai eu », dit Mgr Mislin, u le bonheur d'y célébrer la sainte messe ; quoique ce fût de grand matin, la chapelle, l'escalier et une partie de la rue étaient pleins de monde ». (Mgr Mislin, Les Saints Lieux, t. 1er, p. 479.)

2. La Scythie. — I1 y avait la grande et la petite Scythie. La grande comprenait tous les pays orientaux et septentrionaux étrangers àlacivilisation grecque et romaine. Elle se divisait en Scythie au delèet Scythie en-deçà de l’Imaüs, et s'étendait du Danube aux Indes. Les Scythes descendaient de Magog, fils de Japhet.Les Sarmates occupèrent de cette contréeune partie à laquelle ils donnèrent leur nom. Les Goths à leur tour fondèrent leur empire dans sa partie occidentale. Enfin, grossis par des hordes fugitives de l'Asie, les Scythes d'Orient assaillirent, sous le nom de Huns, l'empire des Goths (376) et préparèrent ainsi la grande invasion barbare. Le nom de Scythie disparaît de l'histoire au vire siècle où les races Avare, Slave et Bulgare, occupèrent le pays. Les Ouraliens ou Finnois, les Tartares et les Turcs étaient de la race des Scythes.

Petite-Scythie. — C'était une province romaine du diocèse civil de Thrace, entre le Pont-Euxin ou Mer Noire et le Danube. Elle formait au N.-E. la frontière de l'empire et avait pour chef-lieu Tomes, dont saint Bretannion était évêque.

3. La luite admirable que saint Britannion soutint contre Valens, empereur arien, est rapportée par Sozomène, dans son histoire, liv. vi, chap. 22, et par Nicéphore, liv. xI, chap. 29. I1 eut pour suçcesseur Géronce, qui assista au concile œcuménique de Constantinople, sous l'empereur Théodose.

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