‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 47 sur 412 · ANALYSE DES ÉCRITS DE SAINT FULGENCE · texte numérisé non relu

ANALYSE DES ÉCRITS DE SAINT FULGENCE

Les écrits qui nous restent de saint Fulgence sont :

40 Les Livres des deux Prédestinations, à Monime, composés vers l'an 521. Le saint docteur emploie le premier à montrer que, selon le sentiment de saint Augustin, Dieu ne prédestine point les hommes au péché, mais seulement à la peine ou au supplice qu’ils ont mérité par leurs péchés. Il prouve, dans le second, que le sacrifice est offert à la sainte Trinité, au nom de laquelle l'Eglise catholique confère le baptème ; et il répond ensuite aux objections des Ariens. Dans la troisième, il réfute les Ariens qui abusaient de ces paroles : Le Verbe était avèc Dieu, pour autoriser leurs impiétés.

20 Réponses aux dix objections des Ariens, composées vers l’an 521. Ces réponses sont aussi claires que solides.

30 Les trois Livres au roi Thrasimond. Ils contiennent des réponses à diverses questions proposées au saint de la part du roi Thrasimond. L’arianisme y est très-bien réfuté.

Lo Plusieurs lettres.

50 Le Livre de la foi orthodoxe à Donat. C'est une explication exacte des mystères de la Trinité et de l’Incarnation.

60 Le Livre à Victor contre le sermon de Fastidiosus, prêtre arien.

10 Le Livre de l'Incarnation du Fils de Dieu. 1 y est prouvé que le Fils seul s’est incarné, et non le Père ou le Saint-Esprit; il y est prouvé encore qu’en Dieu la trinité des personnes ne détruit point l'unité de nature.

80 Les Lettres au diacre Ferrand. Ce diacre avait consulté saint Fulgence sur ce qu’on devait penser du baptême d’un Ethiopien qui, à la vérité, avait désiré ce sacrement, mais qui l’avait reçu en maladie, étant privé de l'usage de la parole et de toute connaissance dans le moment de l’administration. Le saint docteur répond, dans sa première lettre, que le baptème avait été valide et nécessaire à cet Ethiopien. Il éclaircit, dans la seconde, cinq questions qui lui avaient été proposées sur la Trinité et l’Incarnation.

90 La Lettre à Jean et à Venerius, l'un archimandrite et l’autre diacre de Constantinople. On y trouve la réfutation des erreurs des Semipélagiens.

199 Le Livre de l’Incarnation et de la Grâce. Les députés des moines de Scythie ayant consulté les évèques d'Afrique, exilés en Sardaigne, sur la doctrine qu'il fallait tenir touchant le nestorianisme, l'eutychianisme et le semipélagianisme, saint Fulgence fut chargé de leur répondre au nom de tous ces illustres confesseurs. Il composa pour cet effet le livre dont nous parlons. Dans fa première partie il réfute les Nestoriens et les Eutychiens, et les Semipélagiens dans la seconde.

410 La Lettre au comte Régin.

120 Le Livre de la Trinité à Félix, notaire. Le saint docteur y explique le mystère de la sainte Trinité ; il y distingue la grâce de l’état d’innocence, de celle que Dieu donne dans l’état de la nature tombée ; et il soutient, comme une chose certaine, que les corps de tous les hommes ressusciteront, chacun dans son propre sexe; que les bons jouiront d’une félicité éternelle et que les méchants seront condamnés à des supplices qui ne finiront jamais.

130 Les deux Livres de lu rémission des péchés. Il y est prouvé qu'il ne peut y avoir de rémission des péchés sans une sincère pénitence, et hors du sein de la véritable Eglise.

140 Les trois Livres de la Vérilé de lu prédestination et de la grâce de Dieu. Le saint docteur y montre, 4° que la grâce est un don de la miséricorde divine ; 2° qu'elle ne détruit point le libre arbitre ; 3° que l'élection à la grâce et à la gloire est toute gratuite.

150 Le Livre de la Foi, composé vers l’an 523. Un laïque nommé Pierre, voulant aller à Jérusalem, pria notre Saint de lui donner une règle abrégée de foi qu'il püt étudier, afin de ne pas tomber dans les piéges des hérétiques. Fulgence lui adressa ce livre, qui contient 40, ou même 44 articles selon quelques éditions. Il y explique les mystères de la Trinité et de l’Incarnation, ainsi que ce qui concerne le saint sacrifice de l'autel ; il y établit la nécessité de professer la vraie foi et de vivre dans le sein de l’Eglise catholique.

460 Le Livre de la Foi, contre l’évéque Pénta. Cet évèque de la secte des Ariens ayant écrit contre les trois livres de notre Saint au roi Thrasimond, celui-ci lui répliqua par un ouvrage particulier qui n’est point venu jusqu’à nous. Tous les critiques conviennent que la Réponse à Pinta, qui porte le nom de saint Fulgence, n’est point de lui, 1° parce que le style de l'auteur de cette réponse est différent de celui de saint Fulgence ; 20 parce qu'il cite l’Ecriture selon l'ancienne version italique, au lieu que saint Kulgence la cite selon la version vulgate; 3° parce qu'il n’entendait point la langue grecque, dans laquelle saint Fulgense était fort habile; 4° enfin, parce que saint Fulgence, au

rapport de l'auteur de sa vie, renvoyait, dans son ouvrage contre Pinta, à ses livres au roi Thrasimond, et que l’on ne trouve rien de tel dans celui dont nous parlons.

17e Les Sermons ou Homélies, qui, au nombre d'une centaine, portent le nom de saint Fulgence, ne sont pas de lui à l’exception d’une dizaine.

480 Les sept Livres contre Fauste, évéque de Riez — dernier coup de massue dont l'Eglise accabla les Pélagiens, — est celui des écrits de saint Fulgence dont on regrette le plus la perte.

Les écrits de saint Fulgence annoncent un homme doué d’une grande pénétration d'esprit, qui savait éclaircir ses idées et les rendre avec précision; mais la crainte de n’en avoir point dit assez pour bien développer sa: matière, l'a rendu diffus et l’a fait tomber dans des redites. Ses RE sont solides et concluants et portent toujours sur l'autorité de l’Ecriture et de la tradition,

Avant la Patrologie de M. Migne, la plus complète de toutes les éditions des œuvres de saint Fulgence fut celle qui parut à Paris en 4684, in-40, Celle de ses ouvrages sur la grâce, donnée à Rome en 1759, par Foggini, était la plus exacte.

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