‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 48 sur 412 · SAINTE EUPHROSYNE, VIERGE · texte numérisé non relu

SAINTE EUPHROSYNE, VIERGE

Morte en 410. — Pape, saint Simplice, — Empereur d'Orient, Léon Ier.

Pater meus, dux virginitatis meæ tu es.

O mon Dieu, vous êtes le soutien de ma vir— ginité! Jérémie, 111, 4.

Il y a, dans la vie des Saints, des traits qui sont plus admirables qu’imitables; nous devons, chacun selon notre vocation, pratiquer les mêmes vertus dont les Saints nous ont donné l’exemple, mais nous ne pouvons pas toujours les suivre dans les voies extraordinaires où Dieu les a conduits. Ainsi, tout chrétien doit soumettre la nature à la grâce, pratiquer l’abnégation et le détachement dont la vie merveilleuse de sainte Euphrosyne est un parfait modèle; mais personne ne pourrait, à moins d’une inspiration spéciale et évidente de Dieu, avoir recours au déguisement qu’elle a employé.

Sous l'empire de Théodose II !, fils d’Arcadius et petit-fils de Théodose le Grand, aussi empereurs, il y avait à Alexandrie un seigneur très-illustre, nommé Paphnuce, marié à une femme noble dont on ne sait pas le nom. Ils possédaient de grands biens, et avaient l’un et l’autre beaucoup de crainte de Dieu et d’inclination pour la vertu; c’est pourquoi ils vivaient dans une parfaite union conjugale. Néanmoins, ils se désolaient de n’avoir point d’enfants qui pussent soutenir leur famille et hériter des grandes richesses que Dieu leur avait données. Ils résolurent donc ensemble d’en demander avec instance à Celui qui peut toute chose et qui ne rejette pas la prière de ceux qui mettent en lui toute leur confiance. L’épouse, à l'exemple d'Anne, mère de Samuel, demandait sans cesse à la bonté divine de la délivrer de l’opprobre de la stérilité, promettant de consacrer au service du Seigneur l’enfant qu'il lui plairait de lui donner. L’époux, de son côté, allait de monastère en monastère, faisant de grandes aumônes et suppliant les religieux d’unir leurs prières aux siennes pour lui obtenir du ciel cette bénédiction. On lui dit que, dans l’un de ces couvents, il y avait un saint vieillard qui, par son innocence et la pureté de sa vie, avait beaucoup de crédit auprès de Dieu. Il l’alla trouver, et, se jetant à ses pieds, il le conjura, les larmes aux yeux, de se faire son intercesseur, pour mettre fin à la douleur dont il

1, Théodose IT, autrement dit le Jeune, a régné de 408 à 450,

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