‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 57 sur 412 · Ps, xxx, L · texte numérisé non relu

Ps, xxx, L

des hommes, et plus le Seigneur vous prêtera d'assistance et d’appui ».

Tommasi avait manifesté dès sa première jeunesse son ardent amour pour Dieu, en lui sacrifiant généreusement tous les avantages temporels auxquels il pouvait prétendre ; il conserva toute sa vie avec un soin extrême ce sentiment de tendresse envers son divin Maître. Il avait une vive horreur du péché, moins par la crainte du châtiment que par celle d’offenser la souveraine Majesté. Sans cesse occupé de Dieu, il cherchait à s’unir à lui par de fréquentes oraisons jaculatoires. Tout ce qui pouvait nourrir sa piété lui inspirait de l'intérêt ; et ce savant, dont l’Europe admirait l’érudition, estimait toutes les pratiques de dévotion approuvées par l'Eglise et les cbservait avec fidélité. On le trouva un jour en extase devant une image de la sainte Vierge. Il recommandait la confiance en cette sainte Mère de Dieu, et il en donnait lui-même l’exemple.

C’est ainsi que, placé dans un rang éminent, Tommasi donnait l'exemple de toutes les vertus ; mais le ciel sembla bientôt l’envier à la terre. La veille de Noël 1712, il éprouva un malaise qui ne l’empêcha cependant pas de se rendre à la chapelle papale et d’y assister à tout l’office du soir et de la nuit. Rentré chez lui le matin de la fête, il sentit augmenter son indisposition. Le mal faisant des progrès, il reçut les derniers sacrements. Lorsqu'on lui apporta le saint Viatique, son visage parut tout enflammé, et l’empressement qu'il montra de communier fit connaître avec quelle ardeur il s’unissait à son divin Maître. Le 31 décembre, il dicta son testament qui est un nouveau monument de sa piété. La fièvre ayant redoublé, il sentit que sa fin approchait. Il voulut lui-même chercher dans le Rituel les prières qui devaient être récitées pendant son agonie ; il y tomba bientôt et elle fut très-paisible. Un air de joie se répandit sur sa figure, et ses yeux fixés vers la muraille firent penser qu’il avait une vision. Enfin ce saint homme ayant tendrement baisé son crucifix et placé ses bras en croix sur sa poitrine, rendit son âme à son Créateur le 1° janvier 1743, à l’âge de soixante-trois ans.

A peine eut-il expiré que toute sa maison fit éclater sa douleur. « Notre père est mort!» s'écriaient-ils tous, « le père des pauvres ! C’est un Saint qui quitte le monde ». Le peuple accourut en foule au palais, et joignit ses éloges à ceux que les domestiques donnaient à leur bon maître.

La renommée de ses vertus ne fut pas longtemps renfermée dans Rome ou dans sa patrie. Beaucoup de personnages de distinction, en Italie et en d’autres pays, demandèrent que son nom fût inséré au catalogue des Saints, ce qui depuis plusieurs siècles n’est accordé qu'après de longues formalités. On les commença l’année même de sa mort : ses ouvrages furent soumis à un sévère examen dans différentes Congrégations établies à cet effet ; toute sa vie fut examinée et discutée, ainsi que les miracles opérés par son intercession. Les procédures suspendues pendant quelque temps recommencèrent en 1723 : elles furent encore interrompues, puis reprises en 1729. Un décret d'Urbain VIII ordonnait que cinquante ans se fussent écoulés depuis la mort de la personne dont on sollicitait la canonisation, avant que l’on pût en prononcer le décret. En 1753, Benoît XIV, qui avait connu personnellement Tommasi, qui admirait ses vertus, ses talents, et était très-tendrement attaché à sa mémoire, dérogea en sa faveur à la loi que l’un de ses prédécesseurs avait établie, et pendant les années 1757,1759 et 1760, les procédures furent continuées. En 1761, Clément XIII déclara formellement qu'il était prouvé que le serviteur de Dieu, Joseph-Marie, cardinal Tommasi, avait été singulièrement doué de foi, d'espérance, de charité envers Dieu et envers le prochain, de prudence, de justice, de force et de tempérance. Dans les années

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