‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 65 sur 412 · LE BIENHEUREUX GUILLAUME, DE DIJON · texte numérisé non relu

LE BIENHEUREUX GUILLAUME, DE DIJON

Le bienheureux Gut/laume, d'une noble famille d'Italie, fut élevé au monastère de Grancey, où il embrassa la vie religieuse. Il détermina son père, parent d’Othe-Guillaume, comte de Mâcon, à prendre le même parti. Saint Mayeul, passant par Grancey en revenant de Rome, Guillaume le suivit à Cluny, dont la célébrité l’attirait depuis longtemps. Peu de temps après, saint Mayeul l’établit abbé de Saint-Saturnin, sur le Rhône, de Saint-Bénigne de Dijon et de Bèze. Henri de Bourgogne apyrécia bientôt le mérite de Guillaume. Il lui donna l’abbaye de Saint-Martin-lès-Autun et celle de Vergy, où reposait le corps de saint Vivence. Le saint abbé opéra une heureuse réforme dans ces monastères et dans trente-cinq autres qui lui furent soumis en diverses provinces. I établit des écoles dans toutes les abbayes qu'il réforma. Tous ceux qui voulaient s’instruire, riches ou pauvres, y élaient admis. Guillaume rendit célèbre l'école de Dijon et l’enrichit de nombreux manuscrits.

Ces temps étaient durs. Le peuple subissait trois fléaux à la fois : la guerre du roi de France contre Othe-Guillaume, le mal des ardents et la famine. Les historiens comptent trois famines de 4004 à 4014, dont une dura cinq ans. Une plus affreuse encore exerca ses ravages en 4030 et dura trois années. Des pluies torrentielles inondant la terre, en empéchaient le labour. Le boisseau de blé se vendait 60 pièces d'argent. Des multitudes d'hommes mouraient de faim. Un autre fléau naquit de celui-là : les loups, attirés par les cadavres, prirent goût à la chair humaine et dévorèrent les vivants. Dans une calamité aussi cruelle, le bienheureux Guillaume prescrivit dans ses monastères et surtout à Saint-Bénigne, des aumônes abondantes. Il fit distribuer sous ses yeux le blé, l'orge, le vin, toutes les provisions de cette dernière abbaye. Le bienheureux Guillaume, réformateur de

1. Liv. UT, Carm. 25, — 2. De gloria Confessorum, ch, ox. — 8. Patriarch. Bituricence.

quarante monastères, supérieur de douze cents moines, sortit de ce monde avant la fin de Ja famine, le 4er janvier 1031, à Fécamp, en Normandie, où il était allé faire sa visite, et fut enterré dans l’abbaye. Il n’a pas été canonisé, bien que plusieurs Martyrologes lui donnent le titre de Saint!

« Quant aux reliques du bienheureux, un ancien manuscrit atteste qu’en 1638, on tira de son tombeau quatre grands os des bras et des jambes, dont une partie fut envoyée à la duchesse de Savoie qui les avait demandés à Henri de Lorraine, pour lors abbé ROME de Fécamp, et le reste à Saint-Bénigne de Dijon ».

« Le même manuscrit atteste qu’en 1684, les cendres et quelques petits ossements du Bienheureux furent enfermés dans une petite caisse de plomb et placés dans le nouveau tombeau qui fut construit à cette époque. Ce tombeau existe encore, mais j'ai eu beau faire sonder en suivant les indications qui paraissent assez claires et précises, je n'ai pu retrouver la caisse qui doit renfermer ce qui reste des reliques du B. Guillaume. Quant à la partie des reliques qui était conservée dans le trésor, elle à péri pendant la Révolution ? ».

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