‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 84 sur 412 · DEUXIÈME ABBÉ DE SAINT -VALERY · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ABBÉ DE SAINT -VALERY

Fin du vis siècle-650, — Papes : Saint Grégoire le Grand; saiat Martin Ier. — Rois de France : Clotaire Il; Clovis I.

Quantus qui non sibi, sed Deo vivit.

Qu'il est grand celni qui ne vit pas pour luis même, mais pour Dieuf (Æymne des Malines de l'office de saint Blimond.)

Les Saints ne sont pas toujours destinés par le ciel à la sanctification des lieux où ils prennent naissance. Saint Blimond (Blithmundus), si révéré au pays de Vimeux, en Picardie, était originaire du Dauphiné. Il naquit dans un château situé le long de la rivière d'Isère, de parents également illustres par leur noblesse et par leurs grands biens. Mais, comme les riches et les puissants du siècle ne sont pas plus exempts des disgrâces de la nature que les pauvres et les nécessiteux, notre Saint fut affligé, dès son enfance, d’une si étrange contraction de nerfs, qu’il devint paralytique et tout à fait impotent, jusqu’à ne pouvoir se tenir debout, ni même lever la tête pour regarder le ciel. Ses parents, extrêmement désolés d’un accident si fâcheux, employèrent tous les remèdes humains pour tâcher de l’en délivrer; mais enfin, après l’ayoir fait inutilement pendant plusieurs années, ils n’attendirent plus que de Dieu la guérison de leur fils. Et comme par toute la France s'était répandu le bruit des grands miracles que saint Valery, abbé d’un monastère à Leuconaus, près de l'embouchure de la Somme, aujourd’hui Saint-Valery-sur-Somme, en Picardie, opérait sur toutes sortes de malades, ils résolurent d’y porter eux-mêmes leur pauvre estropié. Vers 614. En effet, ils ne furent pas frustrés dans leur espérance ; car ayant présenté le jeune Blimond à ce saint religieux, ils le supplièrent avec larmes d’avoir pitié de leur afiliction, et d’obtenir de Dieu, par la ferveur de ses prières, la guérison de leur cher enfant. Le saint abbé, dont le cœur était tout rempli de charité, ne put refuser la demande que lui faisaient ces illustres affligés. Il se mit donc aussitôt en oraison, prit le jeune homme, et après lui avoir imposé les mains sur tous les membres estropiés, ille rétablit en une parfaite santé.

D’après une tradition, qui est trop savante pour avoir jamais été populaire, dit l’abbé Corblet, ce serait à partir de ce jour que notre Saint, qui s'appelait Gogus, aurait quitté son nom de famille, pour prendre le surnom de Blithmundus, qui signifierait l'impolent quéri !. Quoi qu'il en soit de cette étymologie hybride, Blimond, croyant ne pouvoir jamais assez reconnaître l’insigne faveur dont il avait été l’objet, qu’en consacrant au culte des autels cette même santé qu’il venait de recevoir miraculeusement, résolut de se faire religieux sous la sage conduite de saint Valery, afin que, par les belles instructions d’un si grand homme, il pût préserver son âme des maladies spirituelles, comme il avait été délivré, par les mérites du même saint, d’une si étrange infirmité corporelle ; ses parents, quelque tendresse

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