‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 85 sur 412 · Bhaisos, impotent,; mundus, guéri · texte numérisé non relu

Bhaisos, impotent,; mundus, guéri

qu'ils eussent pour lui, ne pouvant s'opposer à un si pieux dessein, le laissèrent volontiers entre les mains de son bienfaiteur, et d’après une antique tradition fixèrent leur résidence à Gouy, près de Saigneville. Ils établirent, dans une plaine voisine, cinq maisons de culture qui donnèrent bientôt naissance à un village appelé plus tard du nom de Saint-Blimond. Le disciple reconnaissant fit de tels progrès à l’école de saint Valery, qu'il devint l'exemple du monastère. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner si, après la mort de l’abbé, Blimond fut élu par les suffrages de tous les religieux pour lui succéder. 622.

Cependant il ne put pas gouverner longtemps cette sainte communauté ; car, des l’année suivante, des pirates scandinaves vinrent désoler nos contrées maritimes ; les religieux se virent contraints d'abandonner la Picardie, où les armées causaient le plus de désordres, et d'aller demander à d’autres abbayes moins exposées, une hospitalité temporaire. De sorte que le saint abbé, voyant que son monastère se dispersait tout entier, sans pouvoir y apporter de remède,résolut de se réfugier lui-même en celui de Bobbio, dans le Milanais ; ilse détermina sans doute à ce choix en présumant un favorable accueil de la part de l’abbé Attale, qui avait été disciple de saint Colomban, en même temps que saint Valery, à l’abbaye de Luxeuil. Il était certain, d’ailleurs, de rencontrer là des compatriotes; car les Burgondes affluaient dans cette communauté, aussi bien que des moines irlandais, francs, italiens et lombards. Saint Attale, qui gouvernait alors cette maison, le reçut avec beaucoup de charité, ravi de posséder un tel serviteur de Dieu, et persuadé que les vertus de ce Saint ne contribueraient pas peu à augmenter la ferveur de ses religieux. Blimond, ayant passé quelques années en ce lieu dans les exercices d'une rigoureuse pénitence, crut devoir retourner en France, où il apprit que les troubles avaient cessé. Il communiqua* son dessein à l’abbé Attale ; le saint vieillard, ne pouvant se résoudre à se priver d’une personne avec laquelle il avait contracté une étroite amitié, et dont le mérite lui était parfaitement connu, s’efforçait de retarder ce pénible départ; mais un jour qu'il se rendait à l’église, appuyé sur le bras de Blimond, il vit apparaître saint Valery, tout rayonnant de gloire, et se trouva tellement soulagé de ses infirmités, qu’il se croyait transporté dans les airs vers le lieu où il se rendait. La reconnaissance qu’il éprouva pour saint Valery ne lui permit pas de s'opposer plus longtemps au projet de Blimond ; mais Dieu ne lui ôta point la consolation qu’il ambitionnait tant, de se sentir fermer les yeux par le saint abbé de Leuconaus. Quelques jours après, Attale, voyant sa fin approcher, se fit transporter hors de sa cellule pour vénérer la croix qui en sanctifiait l'entrée. Là, en présence de Blimond, qui ne le quittait jamais, il vit le ciel s’entr’ouvrir pour lui laisser apercevoir la place qu'il devait y occuper dès le lendemain. Saint Attale mourut le 10 mars de l’an 627. Blimond, après lui avoir rendu les honneurs de la sépulture, partit aussitôt pour la Picardie ; il n’y trouva plus qu'un monastère en ruines ; ce ne fut qu'avec peine qu'il put reconnaitre, tout couvert de ronces et de chardons, le tombeau de saint Valery. Près de là il bâtit une cellule pour y passer le reste de sa vie dans la solitude. Toutefois il ne put empêcher que la renommée de ses miracles, de ses austérités et de ses vertus, ne lui attirât bientôt de nombreux disciples, et la plupart des anciens moines de Leuconaus revinrent se mettre sous la direction de leur ancien abbé.

Il fallait un nouveau monastère. « Saint Blimond obtint du roi Clotaire [I], vers l’an 628, la permission de bâtir une vaste abbaye et d’ériger une église sous le vocable de saint Valery. Ces constructions étaient distantes de deux

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