CULTE ET RELIQUES DE SAINT GÉRAUD
Les reliques de saint Géraud, cachées pendant la Révolution et retrouvées seulement en 1830 par M. Peyrega, curé de Créon, ont subi depuis lors de nombreuses pérégrinations, Après avoir été déposées dans la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours (1830), dans l'église primatiale de Saint-André (1854), dans le collége des Jésuites de la Grande-Sauve (1847), elles se trouvent aujourd'hui dans l’église paroissiale de Saint-Pierre, à la Grande-Sauve. Un ossement a été laissé à la chapelle de l'Ecole normale établie dans les ruines restaurées de l’abbaye. On ne connaît que deux reliques de saint Géraud dans le diocèse d'Amiens, l’une chez les Carmélites d'Amiens, l’autre (une dent) à l’église paroissiale de Corbie. Le bras (cubitus) richement enchässé, que l’on conservait à l’abbaye de Saint-Vincent de Laon, a été soustrait par de pieuses mains aux profanations de 1793. Cette relique, ainsi que plusieurs autres, furent remises au premier curé de Saint-Martin de Laon. Leur authenticité a été canoniquement reconnue, sur la demande du curé actuel, M. Baton, qui a restauré sa belle église avec autant de zèle que de goût. Le culte de saint Géraud paraît s'être établi, du moins dans une certaine mesure, immédiatement après sa mort. Les miracles accomplis sur son tombeau firent solliciter sa canonisation par l’archevêque de Bordeaux et quelques autres prélats. Le pape Célestin III publia une bulle de canonisation, le 27 avril 4497. La fête fut solennisée le 24 juin, date de l'élévation du Saint. Ce jour fut bien plus généralement adopté que le 5 avril, jour de la mort, parce que cette dernière date coïncide souvent avec la quinzaine de Pâques. Beaucoup de martyrologes placent saint Géraud au 84 octobre. Au xr1e siècle, cinquante-cinq paroisses, dont vingt-quatre du diocèse de Bordeaux, payaient un cens pour l'entretien du luminaire qui brülait devantle tombeau de saint Géraud. Cette coutume, interrompue au x111e siècle, fut rétablie par les statuts que Henri de Genève, archevêque de Bordeaux, publia en 4292. L'adoption de la liturgie romaine a entrainé la suppression de cette fête dans le bréviaire amiénois, où elle n’avait été introduite qu'au xvrtie siècle. Le culte de saint Géraud était tombé en désuétude dans le diocèse de Bordeaux. Son nom, absent des Propres de 1728 et de * 1828, reparait dans celui de 4854. Le pape Célestin IIT canonisa notre Saint avec les solennités ordinaires, l'an 4197, et en publia la bulle le 27 avril. Ce fut cent deux ans après sa mort. Peu de temps après cette canonisalion, on inséra son nom dans les martyrologes au 48 octobre. Le culte public rendu en ce moment aux saintes reliques de saint Géraud, dans le diocèse de Bordeaux, consiste dans une procession solennelle, qui a lieu tous les ans le jour de la fête du Saint. La magnifique abbaye était restée intacte pendant les jours déplorables de la Révolution. Elle fut détruite par la cupidité des paysans, acquéreurs de ce bâtiment. On voulut faire argent du plomb, du fer, des pierres, et bientôt ses cloîtres, son réfectoire, sa splendide basilique, furent détruits. 11 ne reste de cette magnifique abbaye que des ruines, une voüle dans un bas-côté, quelques sculptures de toute beauté, et des pans de murailles, dans lesquels on aperçoit encore des croisées portant le cachet de l’époque où elles ont été construites. M. Godefroy, maire de la Sauve, empêcha l'entière destruction de ce beau monument, en l’achetant pour le compte de la commune. Puis Mgr Donnet, voyant ces magnifiques ruines, en fit l'acquisition et y établit une maison d’éducation, dirigée par des ecclésiastiques. Cette entreprise ne reussit pas, et la maison fut vendue aux R. P, Jésuites, qui y ont eu un collége, jusqu’à leur établissement à Bordeaux. Pendant le temps qu'ils ont été à la Sauve, les PP. Jésuites ont doublé, triplé la maison, et l'ont appropriée de mauière à pouvoir contenir plus de deux cents élèves. En ce moment, elle est occupée par l'Ecole normale du département. Au cimetière de la Sauve, il ÿ a une pierre tumulaire que les archéologues croient avoir couvert le tombeau de saint Géraud f,
Hagiographie du diocèse d'Amiens, par M. l'abbé Corhlet,