RELIQUES ET ÉCRITS DE SAINT VINCENT FERRIER
Son corps fut solennellement déposé dans le chœur de l'église cathédrale de Vannes, où il a fait un grand nombre de miracles, qui ont porté le pape Calixte IT à le mettre au nombre des Saints, le 19 juin de l’année 1455, quoique la bulle de la canonisation n'ait été expédiée que sous le pontificat de Pie IT, son successeur, l'an 4458, le 7 octobre. Tout ce qui lui avait servi, comme son habit, sou bâton, le matelas où il avait couché pendant sa maladie et l’eau dont on l'avait lavé après sa mort, qui est toujours demeurée incorruplible, a fait quantité de guérisons miraculeuses. Après qu'il a été canonisé, on a relevé son tombeau, et ses ossements sacrés ont été transférés dans une chässe fermée de trois clefs; quelques vertèbres furent laissées dans le sépulcre, et la mâchoire inférieure fut mise dans un riche reliquaire.
Les habitants de Vannes se sont vus plus d’une fois exposés au danger de perdre le corps de saint Vincent. Vers le milieu du xvie siècle, un corps d'Espagnols envoyé par Philippe I ayant protégé efficacement la ville contre les efforts des hérétiques, le chapitre de la cathédrale voulut
1, Père Teoli, Liv, 111, ch, 31,
témoigner au chef, Dom Juan d’Aguilar, sa reconnaissance, et lui offrit un fragment considérable d’un os des côtes. Mais les soldats formèrent le complot d'enlever le corps tout enter. Heureusement les chanoines furent avertis à temps. Ils cachèrent donc eux-mêmes, pendant Ja nuit, la châsse qui contenait le corps de saint Vincent, et ils le firent avec tant de secret, que cette châsse demeura inconnue et comme ensevelie dans l'oubli depuis l’an 1590 jusqu’en 1637. A cette époque: elle fut découverte par l’évêque de Vannes, Sébastien de Rosmadec. Les saintes reliques furent vérifiées très-exactement, et l’on en fit une seconde translation le 6 septembre, jour dès lors consacré pour en renouveler la mémoire tous les ans.
La translation solennelle de ces saintes reliques a eu lieu, en effet, le 6 septembre, Jadis la fête se célébrait chaque année le même jour. Mais, depuis le Concordat, elle se célèbre le premier dimanche de sertembre 1,
Pendant les troubles révolutionnaires, le peuple de Vannes eut le bonheur de soustraire les reliques de saint Vincent Ferrier aux mains sacriléges qui profanaient les églises pour s’emparer de leurs dépouilles. Le temps n'a pas diminué la dévotion de la Bretagne envers son Apôtre. Chaque année, le premier dimanche du mois de septembre, les reliques insignes de saint Vincent sont portées à travers les rues de Vannes, escortees par les autorités civiles, militaires et judi-
iaires, et par une foule innombrable; ce sont des prêtres qui ont l'honneur de porter ce gage précieux d’une protection constante. Toutes les maisons sont tendues de blanches draperies. Durant le choléra de 4854, une semblable procession consola le peuple de Vannes et diminua l’intensité du fléau 2.
Voici le titre des opuscules qu’a laissés saint Vincent Fexrier < &
Le Traité des Suppositions dialectiques. I le publia n'étant âgé que de vingt-quatre ans.
Traité de la vie sprrituelle. Ouvrage excellent et plusieurs fois traduit ; très-utile et propre à consoler dans les tentations contre la foi.
Saint Vincent de Paul reconnaissait saint Vincent Ferrier pour son patron spécial. Il étudiai sans cesse sa vie, et sans cesse il avait entre les mains le Traité de la vie spirituelle, afin d'y conformer son cœur et ses actes, et d’y conformer aussi le cœur et les actes des prêtres de son institut 5.
Traité du nouveau schisme qui a éclaté dans l'Eglise, adressé à Pierre, roi d'Aragon. Ce traité a pour sujet le grand schisme d'Occident qui, à cette époque, désolait l'Eglise.
De la fin du monde et du temps de l’Antechrist. Epitre écrite à Benoit XIH, résidant à Avignon.
Epiître au Père de Puynois, général de l'Ordre des Frères Précheurs, pour lui donner connaissance de ses trayaux apostoliques.
Fragment d'Epitre à son frère Boniface, alors prieur de la Grande-Chartreuse.
Fragment d'Epitre à Jean Gerson, chancelier de l’Université de Paris. Cette épitre fut écrite pendant la tenue du concile de Constance.
Deux Epiîtres à Don Martin, infant d'Aragon ; Epître à Ferdinand Ier, roi d'Aragon.
Tous les ouvrages ci-dessus mdiqués sont en latin; excepté les deux lettres à l'infant Don Martin, que nous venons de citer, et qui sont en catalan.
Suffrage pour l'élection de Ferdinand. roi d'Aragon.
Sentence que neuf hommes choisis portèrent en faneur de l’infant Ferdinand, en l’année
Tous ces opuscules de saint Vincent furent recueillis par le Père Vincent Justiniano, et publiés en un volume in-80, à Valence, en 1591.
On attribue encore au même Saint deux autres opuscules ; l’un, en latin, a pour titre : Revue de l’homme intérieur, et l'autre, écrit dans sa langue maternelle, traite des cérémonies de la messe.
Le premier qui a écrit la vie de saint Vincent a été Pierre Ranzano, du même Ordre de Saint-Dominique, et évêque de Lucera, en la province de la Pouille. Depuis, le père Alexandre le Grand, de Morlaix, et le père Jean Rehac, dit de Sainte-Marie, y ont aussi travaillé : c'est de ces auteurs que cet abrégé a été tiré par le père Giry. — Nous avons sensiblement modifié et augmenté le texte de la précédente édition au moyen de la Vie du Saint, par le R. P. Pradel, de l'Année dominicaine, et de diverses hagiographies diocésaines : Nevers, Avignon, Vannes, Arras, etc. ; au moyen aussi de notes loçales.
1. M. le vicaire-général de Vannes. — 14 novembre 1858, 2, Vie de saint Vincent Ferrier, par M. l'abbé A. Bayle. 1855 8 Teoli, 1. zu, tratt. 1, c. 14 et 15, etc.
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