‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 128 sur 339 · Voir la vie de saint Boniface Ier, au 25 octobre · texte numérisé non relu

Voir la vie de saint Boniface Ier, au 25 octobre

SAINT CÉLESTIN l°, PAPE. . 249

de Constantinople, le biasphémateur Nestorius avait laissé tomber ces paroles : « Si quelqu'un dit que Marie est mère de Dieu, qu'il soit anathème ! » Et le peuple scandalisé avait poussé un cri d’indignation, et était sorti de l'Eglise.

Dieu avait suscité saint Athanase contre Arius qui niait la divinité de Jésus-Christ, saint Augustin contre Pélage qui niait la nécessité de la grâce: il suscita saint Cyrille d'Alexandrie ‘ contre Nestorius qui niait la maternité divine de Marie. En 431, le saint pape Célestin fit célébrer à Ephèse le troisième concile général qui définit ce qu’on n'avait jamais contesté jusquelà, à savoir : qu'il y a en Jésus-Christ une seule personne et deux natures, et que Notre-Dame étant la mère de l’unique personne de Jésus-Christ, est réellement la Mère de Dieu, de la même manière que nos mères, « bien qu'elles n'aient pas formé notre âme, mais notre corps seulement », sont appelées les mères de l’homme tout entier, c’est-à-dire de son âme et de son corps, car si l’homme n’est homme qu’en tant que son âme est unie à son corps, Jésus-Christ n’est réellement Jésus-Christ, qu’autant que la Divinité est unie à l'Humanité. Les transports d'enthousiasme avec lesquels le peuple d'Ephèse accueillit la sentence condamnant Nestorius, l'ennemi de Marie, eurent un écho dans tout l’univers chrétien, et spécialement à Rome où les fidèles purent les premiers envoyer au ciel la belle prière : Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, et où le vicaire de Jésus-Christ fit peindre, à Sainte-Priscille, une fresque représentant la session dans laquelle le concile d'Ephèse avait proclamé le dogme de la maternité divine. Aux saints personnages que nous avons déjà nommés, et qui illustrèrent l'Eglise sous le pontificat de Célestin [*', à Loup de Troyes, à Germain d'Auxerre, à Augustin dont l’astre se couchait sur l’Afrique, tandis que celui de sant Patrice se levait sur l'Irlande, à saint Cyrille dont la science fixa la formule du dogme de l’Incarnation, joignons saint Patrocle, métropolitain d’Arles, et saint Tite, diacre de la même église, tous deux victimes d’une intrigue de cour; enfin, saint Pallade qui, envoyé directement par saint Célestin [°, alla en Irlande préparer la voie à saint Patrice...

Célestin établit l'usage de réciter, au commencement de la messe, une antienne tirée des psaumes de David. C’est ce que nous appelons l’/ntroit. Auparavant, la messe commençait par une lecture tirée des épîtres de saint Paul... Il acheva la restauration de la basilique Jule, qui avait été brûlée lors de la prise de Rome par les Goths. Il fit la dédicace de cette église, à laquelle il offrit deux calices d’argent du poids de huit livres chacun; deux candélabres d'argent de chacun trente livres; quatorze d’airain et dix couronnes aussi d'argent de dix livres chacune. Il donna à la basilique du bienheureux apôtre Pierre, vingt-quatre candélabres du poids de vingt livres chacun. En trois ordinations au mois de décembre, il consacra trente-deux prêtres, douze diacres et quarante-six évêques destinés à diverses églises. Il reçut la sépulture dans la catacombe de Priscille, sur la voie Salaria, le 6 avril 432. — En 817, son corps fut transféré dans l’église Sainte-Praxède.

Plus tard, sans qu’on puisse préciser l’époque, la ville de Mantoue fit l'acquisition de ses précieuses reliques, et chaque année, le 6 avril, elle fête notre Saint par un office double emprunté aux annales de Baronius.

Cf. Annales de Baronius, rééditées et continuées par l'imprimerie des CÉLEStINS, à Bar-le-Duc, dans un format aussi élégant que commode,

1. On comprendra que nous glissions ici sur la question et l'historique du nestorianisme, en ayant parlé plus amplement au 28 janvier, dans la vie de saint Cyrille.

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