‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 133 sur 339 · LES CENT VINGT MARTYRS DE L'ADIABÈNE EN PERSE · texte numérisé non relu

LES CENT VINGT MARTYRS DE L'ADIABÈNE EN PERSE

La cinquième année de la grande persécution de Perse, le roi Sapor, étant en Séleucie, fit arrêter dans le voisinage cent vingt chrétiens, parmi lesquels se trouvaient neuf vierges consacrées au Seigneur, et plusieurs prêtres, diacres ou clercs. On les conduisit tous dans des cachots obscurs et infects, où ils restèrent jusqu’à la fin de l'hiver, c’est-à-dire durant l’espace de six mois. Une femme riche et vertueuse, nommée Jazdundocte, se chargea seule du soin de les nourrir, ne voulant partager cette bonne œuvre avec personne. Les saïnts prisonniers furent souvent appliqués à de cruelles tortures, mais ils confessèrent toujours généreusement Jésus-Christ. « Jamaïs », disaientis, « nous n’adorerons le soleil, qui n’est qu’une simple créature ; nous ne souairerons qu'après le moment qui, en terminant notre vie, commencera notre bonheur ».

Jazdundocte, ayant appris le jour qu'ils devaient être executés, se rendit la veïle à la prison, donna a chacun d'eux une robe blanche, leur fit ensuite préparer un grand souper et les servit elle-même à table ; elle les exhortait en même temps à la constance par les promesses que fait l'Evangile aux vrais disciples de Jésus-Christ. Une telle conduite surprit beaucoup les confesseurs, et ils en demandèrent inubilement la raison. Le lendemain Jazdundocte alla les revoir, mais ce fut pour leur dire que le jour ne se passerat point qu'ils ne recussent la couronne du mariyre. Elle les pria instamment de solliciter auprès de Dieu le pardon de ses péchés, afin qu’elle eût le bonheur de leur être réunie dans le royaume céleste.

Peu de temps après, le roi envoya des ordres pour qu'on exécutät les confesseurs sans délai. On les fit donc sortir de la prison. Jazdundocte les attendait à la portes elle se jeta à leurs pieds, et leur baisa respectueusement les mains. Les gardes se hätèrent de les conduire au lieu du supplice. L'officier, qui présidait à cette scène tragique, demanda si quelqu'un d’entre eux voulait sauver sa vie en adorant le soleil. Ils répondirent unanimement que la mort n'avait rien d'effrayant pour eux, et qu’ils la préféraient à une criminelle apostasie. L'officier, désespérant de les séduire après une réponse aussi ferme, les condamna à être décapités, ce qui fut exécuté sur-le-champ. A l’entrée de la nuit, Jazdundocte fit ensevelir leurs corps, qui furent enterrés, cinq à cinq, à une assez

1. Voici deux preuves de la considération dont jouissait Guillaume parmi ses contemporains : La pre miere est la négociation que lui confia Eskill, archevêque de Lunden, auprès de saint Bernard; l’objet en était important, puisqu'il s'agissait de la démission de cet archevêque. La seconde est la démarche que notre Saint fit à Rome, au sujet de la reine [ngelburge, dont Philippe-Auguste s'était séparé quatre mois après son mariage. Deux conciles s'occupèrent aussi de faire cesser ce scandale : celui de Dijon, en 1199; celui de Soissons, en 1201. Peu de temps après les efforts de Guillaume, ce qui donne à croire qu'ils ne furent pas étrangers à ce succès, c'est-à-dire en 1201, Philippe-Auguste reprit son épouse.

On lit dans Mallet, Histoire du Danemark, 1. 11, p. 183 et 184, citée dans la vie des Saints de Franche-Comté, par les professeurs du collége Saint-François-Xavier de Besançon :

« Le Danemark dut à la France un autre homme, dont le nom ne doit pas être omis ici : c’est l'abbé Guillaume, chanoine régulier de Sainte-Geneviève de Paris, qu'Absalon fit venir en Danemark pour y établir l'observance de cette communauté; ilfut depuis envoyé à Rome pour diverses négociations impor tantes, et principalement au sujet du divorce de la reine Ingelburge. Après avoir été trente ans abbé de Danemark, Guillaume y mourut, âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, en 1202, le sixième jour d'avril, jour auquel l'Eglise romaine célèbre sa fête, l'ayant mis au rang des Saints, tant à cause de la pureté de sa vie que parce qu'il se fit, à ce que l'on prétend, des miracles sur son tombeau. I1 est connu sous le nom de saint Guillaume de Paris.

« Il a laissé deux volumes d'épêlres, qui n'ont point été publiées, et qui répandent quelque jour sur l'histoire des règnes de Waldemare et de Canut ».

SAINT VINEBAUD. 255

grande distance de la ville ; elle avait pris toutes ces précautions pour n'être pas découverte par les mages. ;

Nos saints Martyrs étaient de l’Adiabène 1, Ils souffrirent à Séleucie, le 6 de la lune d'avril, qui était le 21 de ce mois, l'an 344 de Jésus-Christ, le sixième de la grande persécution, et le trentesixième du règne de Sapor. Ils sont nommés en ce jour dans le martyrokoge romain.

Tiré de leurs actes sincères, écrits en syriaque, et publiés par M. Assemani, Act. Martyr., t. ver, p.108.

ans

Page 1