‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 163 sur 339 · M. le curé d’Aureil, 28 novembre · texte numérisé non relu

M. le curé d’Aureil, 28 novembre

2. Le Père Cahier parle ici comme ayant été sur les lieux et ayant pris des informations per+ sonnelles.

8 Voir, au 10 janvier, le peu que l'on sait de saint Pétrone.

nouveau Prélat, le suivit jusqu’à la chaire épiscopale, ce que l’on regarda comme un prodige, par lequel Dieu attestait son innocence et ratifiait le choix que l'on avait fait de lui. Ce fait est consigné dans l’oraison qu’on récitait autrefois en l'honneur du saint Evêque le jour de sa fête, 9 du mois d'avril.

Cependant, les ariens ne pardonnèrent point au saint Prélat l'enthousiasme que son élection avait excité dans la ville ; ils suscitèrent contre lui de violentes persécutions et parvinrent même à se saisir de sa personne et à l'enfermer dans un cachot où il eut à souffrir toutes sortes de mauvais traitements ; « mais son supplice fut sa gloire et son honneur, car il endura tout avec beaucoup de douceur, de patience et de paix ».

Quelque temps après, Gondioc l'ayant tiré de sa prison pour l'envoyer en exil, le saint Evêque ne se vengea de ce nouvel outrage qu’en guérissant, par ses prières, le fils de son persécuteur, qu'une maladie violente avait déjà conduit aux portes du tombeau.

Désabusé par ce prodige, le prince reconnut sa faute, rappela saint Marcel et le fit conduire à Die, où il fut reçu avec de telles démonstrations de joie que son entrée dans cette ville fut un véritable triomphe. C

Dès lors le bienheureux Evêque put se dévouer sans réserve au soin de son troupeau. L'ancien office, composé pour le jour de sa fête, donne les plus grands éloges à la sagesse de sa conduite, à son zèle, à sa piété, à toutes ses vertus épiscopales. Saint Grégoire de Tours l'appelle « un homme d’une éminente sainteté ». Les hymnes que l’église de Die chantait autrefois en son honneur marquent en particulier plusieurs miracles « qui rendirent son nom célèbre par toute la terre », et dont il est aussi fait mention dans le martyrologe romain.

On assure qu'avant sa mort il voulut faire un pèlerinage à Rome, et que, en revenant à Die, il tomba malade dans le monastère de Saint-Maurice, non loin de Barjols ou Barjoux, au diocèse de Fréjus. Il mourut, dit-on, entre les bras des religieux de ce monastère, et fut enseveli dans leur église, où son corps fut conservé précieusement pendant de longues années. L'église collégiale de Barjols prit le titre de Saint-Marcel, et aujourd’hui encore il est le Patron de la paroisse.

En 1562, les hérétiques, s'étant emparés de Barjols, dévastèrent l’église, brülèrent le corps du saint Prélat, et en jetèrent les cendres au vent. Apprenant ce sacrilége, le pape Pie IV, pour réparer autant que possible la grande perte que cette église venait de faire, et afin qu’elle continuât d’être visitée par un grand concours de peuple, accorda, par une concession perpétuelle, que les fidèles vraiment pénitents, qui y viendraient prier le premier dimanche après Pâques, obtiendraient la grâce de l’induigence plénière.

Mais il n'était pas juste que les fidèles de Die fussent éternellement privés des reliques de leur Pasteur. À une époque qu'il est impossible de préciser, une partie des saintes dépouilles de Marcel fut rendue à son église de Die 1.

Les habitants de cette ville lui érigèrent un magnifique tombeau dans leur cathédrale, et de nouveaux prodiges ne tardèrent pas d’y attirer beaucoup de pèlerins. Grégoire de Tours dit que la lampe, suspendue devant son tombeau, était alimentée miracaleusement par une huile qui brûlait sans se consumer et guérissait de nombreuses maladies.

I1 fut profané par les Huguenots, qui enlevèrent le saint corps et le brülèrent au milieu de la place publique. Get acte de sacrilége impiété souleva l’indignation des fidèles, qui regardaient saint Marcel comme l’un deleurs plus chers protecteurs ; mais il n’altéra point leur respect poursamémoire, ni la confiance qu'ils avaient en sa puissante intercession. L'église de Die l’honora toujours d’un culte solennel, et sa fète, autorisée récemment par le souverain pontife Pie IX, se célèbre, dans tout le diocèse de Valence, le 9 du mois d'avril. Il en est de mème à Fréjus.

Avant les guerres de religion, il y avait à Die un monastère, un hôpital et une porte de la ville sous le nom de Saint-Marcel. Le monastère et l'hôpital furent ruinés, comme tous les autres éta-

1. Nous n'avons pas trouvé d'autre moyen de concilier les prétentions rivales des églises de Die et de Fréjus que de supposer qu'elles se partagèrent les reliques du saint évêque, car toutes deux affirment très-nettement les avoir possédées jusqu'aux jours néfastes où les Calvinistes — sous prétexte de liberté, — se permirent de fort gêner celles de leurs concitoyens, les brûlèrent soit à Die soit à Bar jols. Les Bollandistes ne paraissent pas s'être aperçus de cette difficulté, car ils n'en disent mot. Le Chartreux Polycarpe de la Rivière, mort après l'année 1636, avait réuni un certain nombre de matériaux relatifs à l'histoire du diocèse de Die; mais la mort ne lui ayant pas laissé le temps de les publier, on n’a plus entendu parler de ces documents, qui nous aïderaient sans doute à résoudre cette difficulté et plusieurs autres. Cf. Histoire hagiologique du diocèse de Valence, par M. Nadal, à laquelle nous avons emprunté la plus grande partie de ce récit; le Propre du diocèse de Fréjus; Tillemont, Mémoires et autres mentionnés par M. Nadal.

SAINTE CASILDA. 805

blissements religieux, en 1567. La porte existe encore de nos jours. C’est un arc-de-triomphe, auquel furent ajoutées, dans le moyen âge, des constructions qui contrastaient avec ce qui reste de cet antique édifice. L’arc est un fort beau dessein : le dessous est orné de roses et de festons. La façade extérieure est toute unie; mais la façade intérieure est ornée d’une grosse tête de bœuf dans le milicu et d'une figure de triton en relief de chaque côté. On n’est pas d'accord sur le temps auquel remonte ce monument, non plus que sur son objet. Plusieurs connaisseurs l’attribuent au règne d’Auguste,

Delacroix, Statistique du département de la Drôme, p. 480; Nadal, Æagiog. de Valence.

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