X JOUR D'AVRIL
MARTYROLOGE ROMAIN
La fête de saint EZÉCHIEL, prophète, qui fut tué à Babylone par le juge du peuple d'Israël, parce qu'il le reprenait de son idolâtrie, et fut ensuite enterré dans le sépulcre de Sem et d’Arphaxad, ancêtres d'Abraham ; les fidèles viennent en grand nombre prier à son tombeau. 570 avant Jésus-Christ. — A Rome, la naissance au ciel de plusieurs saints Martyrs, que le pape saint Alexandre avait baptisés étant en prison. Le préfet Aurélien les ayant tous fait mettre sur un vieux vaisseau, commanda qu'on les conduisit en pleine mer, et que là on les jetàt dans l’eau, chacun avec une pierre attachée au cou. 116. — A Alexandrie, le saint martyr Apollonius, prètre, et cinq autres, qui furent noyés dans la mer, pendant la persécution de Maximien. 1ve s. — En Afrique, les saints martyrs Térence, Africain, Pompée et leurs compagnons, qui, sous l’empereur Dèce et le préfet Fortunien, furent battus de verges, torturés sur le chevalet, tourmentés dans divers autres supplices et achevèrent enfin leur martyre par l'épée qui fit tomber leurs têtes. rie s. — Le même jour, saint MACAIRE, évêque d’Antioche, illustre par ses vertus et ses miracles. 1012.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
À Auxerre, saint PALLADE, premièrement abbé de Saint-Germain, et ensuite évêque de ce siége. 658. — Au monastère de Gavel, dans le territoire de Rovigo, saint Bède, surnommé le Jeune, originaire du Danemark, qui, après avoir été en France durant quarante-cinq ans à la cour de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve, renonça au siècle, et se fit moine à Gavel, après avoir refusé l'épiscopat. 883. — A Chartres, le décès de saint FULBERT, évêque de cette ville, célèbre par ses écrits, sa piété et son zèle pour la foi catholique. 1028.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe des Basiliens. — Saint Macaire, évèque d’Antioche, de l'Ordre de Saint-Basile.
Martyrologe des Chanoïnes réguliers. — Dans la forêt d’Aureil, près de Limoges, en France, saint Gaucher, confesseur, chanoine régulier, très-célèbre par sa sainteté, que Célestin IL a mis au rang des Saints.
Mortyrologe des Dominicains. — À Tunis, le bienheureux ANTOINE NEYROT, de notre Ordre, qui, ayant renoncé à la foi, la scella peu après glorieusement de son sang; son corps fut transféré à Rivoli. 1460.
Martyrologe des Servites. — Sainte Marie Cléophas, dont l'entrée au ciel est marquée le 9 avril.
Martyrologe des Trinitaires déchaussés. — À Valladolid, en Espagne, le décès du bienheureux Michel des Saints t, confesseur, de l'Ordre des Trinitaires déchaussés, remarquable par l'innocence de sa vie, son admirable patience et sa charité envers Dieu. 4625.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
À Jérusalem, la sainte prophétesse Holda, que le pontife Helcias et d’autres consultèrent sur l’ordre du pieux roi Josias. Vers l'an 641 avant Jésus-Christ ?. — Aux saints Térence, Africain, Pompée, mentionnés par le martyrologe romain, il faut joindre les saints Maxime, Zénon, Alexandre, Théodore et leurs compagnons au nombre de trente-trois suivant les uns, de trente-six suivant les autres. Leurs reliques furent apportées à Constantinople au 1ve siècle, et leur culte était
1. Voir sa vie au 5 juillet. — 2. Voir son histoire avec celle de Josias au 22 juin.
SAINT ÉZÉCGNIEL, PROPHÈTE. 307
célèbre chez les Grecs. — À saint Apollonius cité ci-dessous, joignons le nom de ses compagnons Granus, Hilaire, Donat, Concessus et Saturnin. — En Thrace, saint Gaian, martyr, mentionné dans le martyrologe de saint Jérôme. — En Egypte, sainte Isidora, qui se loua dans sa jeunesse à une maison de religieuses pour y faire les gros et vils ouvrages. Afin d’être plus entièrement à ellemême et à Dieu, elle simula n'être qu'une pauvre idiote. N’étant jamais distraite par une parole de personne, elle vivait dans un recueillement absolu. Sa vertu s’exerçait ainsi dans la sage folie de la croix, lorsque Dieu révéla son mérite héroïque à un saint vieillard, disciple de saint Antoine. Celui-ci vint à Tabenne où se trouvait le couvent de ces religieuses et demanda à la supérieure la permission de voir toutes ses filles. Elles furent toutes appelées, mais il ne reconnut point celle dont l’ange du Seigneur lui avait parlé. On avait oublié la pauvre folle. Il la fit venir, et dès qu’il l’aperçut, il la pria de le bénir. Les religieuses étaient stupéfaites. « Mes sœurs », leur dit le pieux solitaire, « celle-ci n’est pas une idiote. Plüt à Dieu qu’au jour du jugement, nous fussions chargés d'autant de mérites qu’elle ». À partir de ce jour, Isidora quitta le couvent et nul ne sut ce qu’elle était devenue. 875. — A Paderborn, en Saxe, le bienheureux Paterne, reclus, dont le célèbre cardinal Pierre Damien a fait l'éloge dans une de ses lettres. An 4058. — En Bavière, sainte Mechtilde, sœur de sainte Gertrude, morte supérieure du couvent de Diessen en 1300. Sa vie était si pure, si angélique, si exempte de péchés, qu’un jour, ayant fait une confession générale de toute sa vie, le prêtre, au lieu de lui imposer une pénitence, lui dit de réciter le Te Deum. Il existe un livre des Révélations faites à sainte Mechtilde par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous y avons remarqué les pensées suivantes : Pendant l'Avent, le Seigneur lui dit : « Tu devras pendant ce temps surtout saluer le cœur immaculé de ma Mère...» Pendant la semaine sainte, Mechtilde demandait au Sauveur de quelle manière les hommes pouvaient lui témoigner leur reconnaissance pour les différents genres de tourments qu’il avait endurés. Le Seigneur lui répondit : « Pour ma captivité je désire que les hommes aiment à être liés par les liens de l’obéissance ; pour les soufflets, qu'ils honorent leurs supérieurs ; pour la couronne d’épines, qu'ils résistent de toutes leurs forces aux tentations ; pour la robe blanche et le lambeau de pourpre, qu'ils évitent le luxe et la recherche dans les habits ; pour la flagellation, qu'ils me servent toujours avec la même fidélité, dans le bonheur comme dans l’adversité ; pour les clous de mes pieds, qu'ils n'aient plus d'autre désir que celui de me plaire ; pour les clous de mes mains, qu'ils soient prompts à toutes les bonnes œuvres, et qu'ils s’abstiennent de toutes les mauvaises actions pour l’amour de moi ; pour la plaie de mon cœur, de laquelle coula de l’eau et du sang, qu'ils conforment leur volonté entièrement à la mienne ». Il lui dit encore : « Je vous assure que si quelqu'un verse des larmes à cause de mes souffrances, ces larmes me sont aussi agréables que s’il avait souffert le martyre pour moi ».