SAINT MACAIRE, ARCHEVÈQUE D'ANTIOCHE
4012. — Pape : Sergius IV. — Roi de France : Robert Il, le Pieux.
Macaire était arménien, de parents nobles et illustres; son père s’appelait Michel et sa mère Marie. Il avait un parent nommé Macaire, archevêque d’Antiochet. Ce saint archevêque voulut être parrain de notre Saint, et, lui ayant donné le nom de Macaire, il le prit chez lui pour l’élever dans la piété et le former aux belles-lettres et à tous les exercices qui en pouvaient faire un excellent ecclésiastique et un ministre fidèle de Jésus-Christ. Le jeune Macaire fit de tels progrès dans son école, qu’il se rendit bientôt capable, par sa science et par sa vertu, des emplois les plus importants et des premières dignités de l'Eglise. Aussi, l'archevêque, se voyant près de mourir, crut qu'il ne pouvait procurer un plus grand avantage à Antioche, que de l’y laisser pour son successeur. Il en fit la proposition à son clergé et à son peuple, qui y consentirent tout d’une voix ; de sorte qu'après la mort de l’ancien Macaire, le jeune prit possession de sa chaire et fut intronisé comme archevêque d’Antioche.
Alors ses vertus, qu’une vie privée avait tenues plus secrètes, parurent
1. On ne sait pas au juste si c'est d'Antioche de Pisidie, simple archevêché dépendant du patriarcat de Constantinople, ou d'Antioche de Syrie, un des trois grands patriarcats d'Orient. Nous avons suivi la première opinion, par la raison qu'au moyen âge la désignation d'Arménie s'étendait à la Natolie. Ce qui est dit dans la vie du Saint, qu'Anfioche est la fleur des villes d'Arménie, ne s'oppose point à notre opinion, car au point de vue chrétien, Antioche de Pisidie a sa noblesse : elle fut évangélisée par saint Paul (Acta, ch. xur); un grand nombre de ses enfants furent d'illustres Martyrs de Jésus-Christ, et au xre siècle il est probable que la décadence d'Antioche de Syrie était commencée, puisque ce n'est plus aujourd’hui qu’un humble village, et qu'Antioche de Pisidie est encore un chef-lieu de gouvernement et la résidences d'un préfet ture (AA. SS., t, 187 d'uvril, p. 865 et suiv., nouv. éd.).
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avec un merveilleux éclat. On vit en lui un détachement parfait de toutes les choses de la terre, qu’il regardait avec mépris, parce qu’il en connaissait la vanité ; une aversion pour tous les plaisirs et les divertissements de la vie ; une assiduité continuelle à mortifier ses sens et ses appétits, et à crucifier sa chair par des jeûnes, des veilles et d’autres austérités; une tendresse et une compassion pour tous les malheureux, auxquels il distribuait libéralement ses biens, n’ayant rien qui ne lui fût commun avec les pauvres; une douceur et une bénignité si constantes, que ni les injures, ni les mauvais traitements, ni les persécutions ne la pouvaient altérer ; une prudence de vieillard dans le gouvernement de son diocèse ; enfin, une piété si tendre envers Dieu, que les larmes lui coulaient sans cesse des yeux. Ces insignes vertus étaient aussi accompagnées du don des miracles : deux lépreux furent guéris par le seul attouchement de ses mouchoirs trempés de ses saintes lærmes, et l’eau qu’il avait touchée était un souverain remède contre toutes sortes de maladies.
Il gouverna quelque temps l'Eglise d’Antioche; mais craignant que l'honneur qu’il recevait à tous moments ne lui fit perdre ce que l’humilité lui avait acquis, il résolut d’en fuir au plus tôt les occasions. Il distribua, pour cet effet, tous ses'biens aux églises et aux pauvres ; et s'étant, par un mouvement divin, démis de sa charge entre les mains d’un prêtre de grand mérite, nommé Eleuthère, il s’associa quatre de ses plus fidèles amis, et quitta secrètement sa ville pour passer en un autre lieu, où la Providence divine le conduirait.
Il prit son chemin par la Palestine, pour y arroser de ses larmes les lieux sancCtifiés par celles de Jésus-Christ ; et il n’y perdit aucune occasion de s’entretenir et de discuter avec les Juifs et les Sarrasins, afin de les convaincre de leurs erreurs et de les attirer à la connaissance de l'Evangile. Mais ces infidèles, qui ne pouvaient répondre à ses raisonnements, conçurent une telle rage contre lui, que, s’étant saisis de sa personne, ils le traînèrent en prison, l’étendirent en forme de croix, lui attachèrent les pieds et les mains avec de longs clous fichés en terre, et lui firent souffrir toutesles ignominies et tous les tourments imaginables. Ils lui mirent même sur la poitrine une grosse pierre qu’ils avait fortement chauffée. Maïs la terre rejeta ses clous, et Dieu réduisit tous Les artifices que l’impiété de ces infidèles avait inventés ; le Saint sortit Libre de prison, sans aucun dommage : ce qui étonna sis fort ces Sarrasins, qu'ils lui demandèrent pardon ; quelques-uns, reconnaissant le pouvoir de la Croix, reçurent la foi de Celui qui avait souffert pour leur salut.
Cependant, les parents de Macaire, affligés de son éloignement, envoyèrent après lui pour le détourner de son dessein et le faire revenir à Antioche ; mais Dieu frappa leurs courriers de cécité, et ils furent obligés de se jeter aux pieds du Saint pour lui demander son assistance dans une si grande misère : il en eut compassion, et par le signe de la croix, leur rendit la vue, à condition qu'ils s’en retourneraient sans l’inquiéter dans la poursuite de son voyage.
Il prit donc son chemin vers l'Occident ; traversant plusieurs pays, il vint jusqu'en Bavière; et, passant par Mayence, Cologne, Malines, Maubeuge, Cambrai et Tournai, il se rendit enfin dans la ville de Gand. Partout ce ne furent que miracles : dans le Levant il avait rendu l’usage de la pa: role et de l’ouie à un vieux Sarrasin, qui était muet et sourd depuis l’âge de neuf ans ; rencontrant un pèlerin qui se faisait conduire à Jérusalem, il lui avait obtenu la vue par ses prières. En Bavière, il délivra du mal cadue la
femme du seigneur Adalbert, qui, par charité, l'avait logé chez elle. A Cologne, il guérit son hôte du même mal. A Malines, il éteignit, par ses prières, un grand incendie qui menaçait de réduire toute la ville en cendres. A Tournai, il apaisa, par sa prudence, une sédition populaire si furieuse, que toutes les industries du prince Baudoin le Vieux n’avaient pu détourper cet orage. À Cambrai, l'entrée de l’église de Notre-Dame lui ayant été refusée, les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes pour lui faire passage. A Maubeuge, un valet qui l’avait méprisé fut frappé d’une lèpre dont il ne put uérir.
: Je n’aurais jamais fini si je voulais écrire toutes les particularités de son voyage; je passe à son dernier séjour, qui fut en la ville de Gand, où il arriva l’an de Notre-Seigneur 4041. Il se retira au monastère de Saint-Bavon; étant tombé en une dangereuse maladie, il en fut guéri dans une vision ; saint Bavon, Saint Landoald et d’autres bienheureux lui apparurent durant son sommeil.
Il arriva en ce temps-là, à Gand, une peste si cruelle, qui se formait dans la bouche, qu’il y mourait chaque jour plus de six cents personnes. On publia un jeûne universel et des processions publiques pour apaiser la colère de Dieu. NotreSeigneur, qui voulait faire de saint Macaire une victime pour expier les péchés de son peuple, permit qu’il fût frappé de ce fléau. Il perdit d’abord l’usage de la parole, prédisant néanmoins par signes, que lui avec deux autres mourraient encore de cette maladie, et qu’ensuite elle serait éteinte. Il ne fit point de testament, parce qu’il était trop pauvre et ne laissait rien.
On le porta dans l’église de Notre-Dame, où il marqua, avec son bâton, le lieu de sa sépulture devant l’autel de saint Paul ; puis, ayant donné sa bénédiction au peuple, ilse retira en sa chambre. Plusieurs y étant demeurés, ils furent extrêmement effrayés d’un certain tremblement qui y arriva par la descente des esprits bienheureux, pareil à celui que le grand saint Grégoire rapporte en la vie de saint Paulin, évêque de Nole. Enfin, il mourut le 40 avril, l’an de Notre-Seigneur 1012. Sa prophétie fut accomplie : il fut le dernier qui mourut de cette maladie pestilentielle.
Ps RELIQUES DE SAINT MACAIRE.
En 1067, le corps du Saint fut levé de terre en présence de Philippe Ie’, roi de France, de Baudouin, comte de Flandre, et des évêques de Noyon et de Cambrai. On vit, en cette circonstance, paraître en l’air deux cercles en forme de couronne.
On transporta de ses reliques à Thielt, dans la châtellenie de Courtrai, en 1634 ; à Geerberg ou Gérardmont, dans la baronie de Boulaers et à Oudenarde, en 1637 ; chez les chanoines de Saint- Pierre de Lille (un bras), en 1067 ; une partie de l’autre bras fut donnée, en 1611, par l’évêque de Gand, Charles de Maes, à la paroisse de Laerne, qui est à deux lieues de la ville, sur le territoire de Termonde, où notre Saint est patron de l'Eglise,
En l’an 1617, les ossements de ce saint Patriarche furent transportés de Gand à Mons, en Haipaut, afin d'y apaiser une cruelle épidémie qui ravageait tout le pays; en reconnaissance, les habitants de Mons lui offrirent une riche chässe d'argent, dans laquelle, l’année suivante, ils reportèrent ses vénérables reliques à Gand, où elles sont religieusement conservées en l’église cathédrale.
Une chapelle lui est consacrée dans cette église. On y voit une belle toile de Crayer représentant saint Macaire, en habits pontificaux, qui implore à genoux la miséricorde divine pour la guérison des pestiférés, au moment où cette cruelle maladie fait planer la mort sur sa propre têle. Un bas-relief en marbre blanc, placé sur le devant de l'autel, montre saint Macaire porté en procession.
Au milieu du château dit des Espagnols, on voit encore quelques ruines très-intéressantes de l’ancienne abbaye de Saint-Bavon, entre autres la chapelle et le puits de Saint-Macaire.
On l'honore par deux fêtes principales qui sont fixées au 40 avril et au 9 mai. Celle du 9 mai, qui rappelle le jour où ses reliques furent levées de terre, se fait avec beaucoup plus de solennité tant à cause des nombreux miracles qui se sont alors opérés, que pour éviter la rencontre des fêtes de Pâques. Il se tient une foire le 9 mai, comme cela se pratique pour un grand ncmbre de fêtes d’autres Saints.
Saint Macaire est toujours en grande vénération parmi les Flamands.
Siger, abbé de Saint-Bavon, fit composer la vie de saint Macaire en 1067, à l’époque do son élévation : Surius et les Bollandistes l'ont reproduite. Ces derniers en donnent une seconde qui fut composée peu de temps après la mort du Saint (t. 10r d'avril). Baronius, dans ses Annales; Molanus, dans son Catalogue des Saints de Flandre; Mathieu Rader, dans sa Bavière sainte; Aubert Lemire, dans son Calendrier des Saints de Flandre et de Bourgogne, se sont occupés de ce grand Thaumaturge qui faisait encore des miracles au temps du Père Giry. — Cf. encore Mgr de Ram, Vie des Saints.
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1028. — Pape :-Jean XIX. — Roi de France : Robert II, le Pieux.
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et la justice qui y mène, et les autres choses dont vous avez besoin vous seront données par surcroît.
Matth, VI, 83.
Parmi tous les grands hommes qui ont paru sur le trône épiscopal de l’église de Chartres, le saint Evêque dont nous allons raconter la vie, est un de ceux qui se sont rendus le plus recommandables. Ses historiens en parlent toujours en des termes très-ävantageux; ses écrits respirent la piété et l’éruditiôn, et ses vertus héroïques confirment tout le bien que la postérité nous a dit de ce grand Saint. Il possédait les qualités de l'esprit les plus avantageuses; et il fut si fidèle à faire profiter les talents naturels dont Dieu l'avait favorisé, qu’il devint le prodige de son siècle. Il donna des preuves de sa grande capacité et de l’étendue de son esprit, avant même d'entrer dans les Ordres, et d’être admis au nombre des clercs. Il contribua beaucoup à faire refleurir, dans la France, l’étude des sciences, et spécialement de la philosophie à laquelle on ne pensait presque plus de son temps. Tout le monde remarquait en lui tant de doctrine et de sagesse, que l’on se glorifiait communément d’avoir, en la seule personne de Fulbert, un Socrate et un Platon. Le savant Trithème dit qu’il excellait sur toutes choses dans la dialectique; et plusieurs ouvrages qu’il a faits en vers, font aussi connaître qu’il ne négligeait pas la poésie.
Ce qui rendait cet homme digne d’une plus grande admiration, c'était de voir qu’il n’avait pas le jugement moins solide pour les affaires qui demandaient de la conduite, que l'esprit vif et pénétrant pour exceller dans les hautes sciences. Cependant il ne se prévalut jamais de l’avantage qu’il possédait au-dessus des autres, fuyant, au contraire, la vaine gloire, et évitant les vains applaudissements dans les assemblées. Il ne se servait de ses belles connaissances que pour mieux pénétrer les devoirs de la religion, et pour inspirer aux autres de l’estime et du respect pour la majesté souveraine de Dieu et pour toutes les choses qui pouvaient contribuer à sa gloire.
Sa patrie nous est absolument inconnue t,
1. Patrie de saint F'ulbert. — Sa patrie est absolument inconnue, avons-nous dit, non pas qu'on n'ait essayé de lui en trouver une et que nous-même nous n'ayons adopté un parti à ce sujet. Il nous semble assez probable que Fulbert était Romain. Nous cussions été heureux de pouvoir nous ranger du côté des
Né vers le milieu du x° siècle, et, comme il nous le dit lui-même, dans les rangs obscurs de la société, son éducation fut faite par l'Eglise, et il eut le bonheur de recevoir les leçons des plus grands maîtres de son temps.
L'école de Reims, où le célèbre Gerbert, depuis pape sous le nom de Sylvestre IT, enseignait les mathématiques et la philosophie, jouissait alors d’une juste renommée ; le jeune Fulbert y fut admis, et il se fit remarquer bientôt entre tous par son travail, son aptitude et ses brillants succès.
Le coup d’œil sûr du savant Gerbert devina facilement tout ce que promettait un tel élève, et quand le docte professeur eut été placé sur le siége de saint Pierre, il se souvint de Fulbert, l’appela près de lui dans la Ville Eternelle, et se servit de ses talents pour le gouvernement de l'Eglise universelle.
Après la mort du souverain Pontife, Fulbert revint dans sa patrie, qui lui conféra des honneurs mérités. En 1003 un de ses amis, qu’il avait connu à Reims et qui était de Chartres, l’attira dans cette dernière ville où il ne tarda pas à mériter la bienveillance de l’évêque Odon, qui lui donna un canonicat de son église avec le titre de chancelier. Bientôt après, ayant reconnu son aptitude aux choses de l’enseignement public, il lui confia la direction des écoles canonicales, déjà célèbres, et qui le devinrent bien plus dès que son éloquence et sa réputation y eurent attiré une foule de disciples. Au nombre des amis que lui firent les belles qualités de son esprit et de son cœur, on a retenu les noms d’Abbon, abbé de Fleury-sur-Loire, au diocèse d'Orléans, et de saint Odilon, qui gouvernait à Cluny l’une des plus florissantes abbayes de la Bourgogne. Ce dernier avait surtout les prédilections de Fulbert, qui respectait la pureté de ses vertus jusqu’à l’appeler l’Archange des moines.
Notre Saint avait en effet une estime profonde pour la vie monastique, dont il savait l'importance et par laquelle il aimait à dire qu’on réparerait les blessures faites à l'Eglise de France par les troubles et les intrigues
écrivains qui le font naître en France; mais nous devons avouer que nous n'avons rien trouvé de convainquant, et voici les raisons qui nous obligent à nous écarter de ces derniers :
1° Le texte suivant de la deuxième lettre de Fulbert paraît très-favorable à ceux qui le disent Romain, et difficile à interprèter dans un sens contraire: « Hæsitare diutius cœpi », dit-il, « an mihi adhue codicem illum unum haberem quem a natali patria…. devexeram... quem diu quæsitum quoniam non invenio, repetita memoria, quæ de illo recolo pauca vobis intimare non gravabor ». Plus bas, il dit : « Hæc pauca de multis ad præsens suffficiant; dum ego codicem a Romano scrinio prolatum perlegarn ». Si le Codex que Fulbert avait apporté du lieu où il était né — à natali patria — est le même que le Codex apporté de Rome — a Romano scrinio prolatus — comme la phrase semble l'insinuer, il s'ensuivra que Fulbert était Romain. {Aist. lilt. de France, t. vix, note 7, p. 700, nouv. éd.)
20 Quelques écrivains se sont basés sur ce que, dans sa lettre quinzième, Fulbert appelle le duc d'Aquitaine /erus meus, mon maître, pour établir que non-seulement notre Saint est Français, mais qu'il est Poitevin; d'après nous, ou l'herus meus ne signifie rien, ou il signifie que l’auteur de la lettre quinzième était vassal de Guillaume : or, quels étaient les domaines de l'homme qui a écrit de lui-même :
A Recolens quod non opibus nec sauguine fretus Conscendi Cathedram, pauper de sorde levatus ?
Voilà ce que l'on pourrait répondre, alors même que l'authenticité de la lettre quinzième serait bien établie; mais elle est loin de l'être. En effet, cette lettre porte pour inscription dans certains manuscrits : Domino suo Regi Fulbert. Andegavorum comes. Il est visible qu'il y à une faute dans cette inscription, dont les termes ne sont susceptibles d'aucun bon sens. Une autre leçon porte ; Domino suo regi Ful, et Andegavorum comes. Or, ce second titre et la présence constante de ces mots: Andegavorum comes, mettent sur la voie d'une conjecture qui lève toute difficulté. Il est de toute probabilité que la lettre en question n'est pas de Fulbert, mais de Foulques Nerra, comte d'Angers, et qu'un copiste maladroit, au lieu de lire Fulco Andegavorum comes, a lu Ful et Andegavorum comes. La correction ne consiste qu'à substituer ces deux lettres co à ces deux autres ef. D'ailleurs, tout dans cette lettre conspire à appuyer cette conjecture : 1° Il convenait mieux à Foulques qu'à Fulbert d'être le médiateur entre le roi de France et le comte de Poitiers ; 2° il convenait plus à Foulques qu'à Fulbert, même en supposant celui-ci Aquitain, d'appeler le comte de Poitiers herus meus. C'est la qualité que le vassal donnait à son Seigneur. Et Foulques était vassal de Guillaume, (Æist. lift. de France, t. vir, note 7, p. 700 et 701.)
des derniers temps. Il se montra donc toujours un zélé protecteur et l’ami sincère des religieux, et s’il ne fut pas moine, il fut assurément l’ami le plus sincère et le plus affectueux des moines.
Rodolphe, doyen du chapitre de Chartres, avait succédé à Odon sur le siége épiscopal de cette ville. Etant mort en 4007, le roi Robert, qui avait été le condisciple de notre Saint, se ressouvint de l’école de Reims et de son ancienne amitié pour Fulbert, et il contribua à lui faire conférer la dignité vacante. En vain l’humble professeur s’y refusa; il dut céder à l’insistance du chapitre, du prince lui-même et de ses amis; et l'Eglise, qui devint son épouse, put se glorifier d’un pasteur qui ne devait son élévation qu’à sa vaste science et à la sainteté de sa vie.
Il fut sacré évêque par les mains de Leuthéric, archevêque et métropolitain de Sens, comme saint Fulbert le déclare lui-même dans l’Epître xxm° qu’il écrit à ce prélat, en laquelle il dit qu’il lui doit toutes sortes de reconnaissance et une parfaite fidélité, ayant eu le bonheur de recevoir de ses mains la bénédiction et l’onction sacrée (1007). Fulbert ne fut pas plus tôt chargé du soin de son diocèse, qu’il commença à s’acquitter de ses devoirs avec une exactitude et une charité extraordinaires. Il savait unir les délices de la contemplation avec les pénibles travaux d’un vigilant pasteur; il nourrissait ses ouailles autant par son exemple que par ses paroles. Il ne se contenta pas d’instruire son peuple dans la piété; maïs sachant que le salut des âmes dépend de la capacité de ceux qui le conduisent, il forma des écoles de théologie, auxquelles il présidait lui-même, et dans lesquelles on élevait des sujets capables de gouverner dignement les paroisses de la campagne, afin de dissiper les ténèbres épaisses de l’ignorance, qui est la source de tant de maux dans l'Eglise.
Beaucoup de’personnes se firent une gloire et un plaisir de venir entendre la voix de cet aimable Pasteur, qui ne retentissait pas moins utilement dans les écoles de théologie, qu’il avait fondées, que dans la chaire épiscopale de son Eglise. Ses disciples étaient sans nombre; on accourait de tous côtés pour avoir part aux leçons de ce nouveau Salomon, dont toutes les sentences étaient regardées comme des oracles. Il mérita d’être appelé le premier docteur des Gaules. Les écrivains de son temps disent que c'était un trésor inépuisable de sagesse, un homme incomparable pour son érudition, et un serviteur de Dieu, dont la sainteté était digne de toutes louanges et de toute admiration.
Trithème assure qu’il surpassait tous ceux de son siècle dans la connaissance des saintes Ecritures et des lettres humaines; mais ce qu’il y a de plus merveilleux, c’est de voir la profonde humilité que cet incomparable prélat a su conserver au milieu des grandeurs et des applaudissements de tous les peuples. Il se disait le très-petit évêque d’une très-grande église; et dans l’Epiître zxvin° qu’il adresse à saint Odilon, abbé de Cluny, qu’il appelait son père et son intime ami, il lui demande les secours de ses prières en des termes qui font bien voir les humbles sentiments qu’il avait de luimême. « Il est bien juste », dit-il à saint Odilon, « que vous procuriez quelques secours à celui qui se regarde comme un très-petit serviteur, qui veut dépendre entièrement de vous, et qui conserve toujours un respect singulier, accompagné d’une parfaite confiance pour votre personne. Je suis un homme », continue-t-il, « rempli de misères, qui, n’étant pas seulement capable de me conduire moi-même, ai néanmoins été mis, par je ne sais quel motif, dans une place où je dois répondre du salut des autres». C'était dans ce même esprit qu’il refusait d’être l'arbitre d’une infinité de
causes qu’on voulait remettre à son jugement, se croyant incapable de donner des décisions assez justes pour terminer les grandes affaires qu’on lui proposait; il le faisait, néanmoins, quand elles regardaient sa juridiction, et il s’en acquittait avec tant de prudence et d'équité, que les parties avaient toujours sujet d’être contentes. Quand il rendait par écrit des réponses à ceux qui l’avaient consulté, il s’expliquait en ces termes : « Vous avez bien voulu consulter notre petitesse; nous vous répondons, etc... » C'est ainsi que cette grande lumière tâchait de se cacher, et qu’un des plus grands hommes de son siècle s’en estimait le plus petit. Il ne faut qu’ouvrir le livre de ses Epîtres, pour voir avec quels sentiments d’humilité il s’explique sur toutes choses.
Il ne faut pas néanmoins s'imaginer que ces humbles sentiments qu’il concevait de lui-même diminuassent rien de cette fermeté et de cette rigueur apostoliques, dont les vrais pasteurs, et spécialement les prélats, doivent être animés quand ils sont obligés de réprimer le vice, d’arrêter les déréglements, et d’agir comme juges dans les causes qui le demandent; il était, à la vérité, un bon père à l’égard de ceux qui s’acquittaient fidèlement de leur devoir ; mais il devenait un juge sévère et inflexible envers ceux qui étaient rebelles aux lois de l'Eglise. Il faut lire ses lettres, pour imaginer le zèle avec lequel il s’opposait aux injustes prétentions des ambitieux et de tous ceux qui s’efforçaient de parvenir aux dignités ecclésiastiques par des voies illicites. On sait avec quelle générosité il refusa de sacrer évêque Théodoric, qu’il jugeait indigne de cette qualité ; l'autorité royale ne fut pas capable de vaincre sa fermeté dans cette occasion: il est vrai qu'il s’en fallut peu qu’elle ne lui coûtât la vie: mais ce grand cœur ne craignait pas de mourir en défendant les droits de l'Eglise. Lorsqu'il trouvait des rebelles qui s’opposaient à force ouverte aux règlements qu’il publiait, ou qui méprisaient les censures qu’il portait contre eux, alors, pour les contraindre de rentrer en leur devoir, il empruntait sagement l’autorité royale, selon l'usage de ces temps ; mais si les rois et les princes refusaient de le secourir, il disait qu’il ne croyait pas pouvoir mieux faire que de gémir alors en patience, et de servir Jésus-Christ dans le silence, avec plus de fidélité que jamais, c’est là le parti que prit ce saint homme, quand l’impie Geoffroy, qu’il avait retranché de l'Eglise pour ses désordres, alla, avec une compagnie de soldats, brûler toutes ses métairies. Ni la perte des biens, niles menaces des grands, n'étaient capables de faire changer la résolution de ce grand Evêque, d'autant plus qu’il n’entreprenait jamais rien légèrement, et qu’il préparait toujours dans l’oraison, devant Jésus-Christ, le Souverain des juges, les sentences qu’il était contraint de prononcer contre les ennemis de l'Eglise. Le zèle de ce grand Prélat était soutenu de cette science dont l’Apôtre veut que les pasteurs accompagnent leurs corrections. Il n’était pas moins savant dans la connaissance du droit que dans la science des saintes Ecritures; on peut voir, dans ses Epîtres, avec quelle justesse il cite les saints Canons, pour soutenir sa doctrine et sa conduite dans le règlement de son diocèse. Enfin, l’on peut assurer qu’il fut l’un des plus généreux défenseurs des libertés de l'Eglise, en lisant les Epiîtres qu'il écrivit aux rois, aux prélats, aux souverains Pontifes, et à beaucoup d’autres, pour les engager à retirer des mains des laïques les biens ecclésiastiques, et à conserver les priviléges anciens qui avaient été accordés aux églises.
Ce vigilant pasteur, sans négliger le gouvernement de son peuple, trouvait du temps pour composer de pieux ouvrages qui pussent être utiles aux ecclésiastiques.
Outre ses Epîtres, dont nous avons déjà parlé, il a fait plusieurs sermons remplis de piété, parmi lesquels il s’en trouve de très-beaux à la gloire de la Sainte Vierge, pour laquelle il avait une dévotion singulière. Il ne fut jamais plus éloquent en chaire que dans les homélies où il exhortait son peuple au culte et à l’amour de Marie. L’auguste Mère de Dieu se plut à récompenser cette piété touchante par d’insignes faveurs. On raconte que le saint Evêque était sérieusement menacé dans sa vie. Marie fit couler une liqueur céleste sur les lèvres du mourant, et le mal qui le rongeait disparut. : I a aussi composé un office de sa Nativité, et plusieurs autres ouvrages en son honneur. Il a laissé plusieurs savantes proses sur différents mystères et différents saints. Il a aussi écrit contre les Juifs ; mais les savants se feront surtout un plaisir de lire la belle Epiître qu’il écrit à Adéodat, touchant le sacrement de l’Eucharistie, où il prouve, par de très-puissantes raisons, la réalité du Corps et du Sang de Jésus-Christ, et le changement qui se fait de la substance du pain et du vin en la substance du Corps et du Sang de Notre- Seigneur en ce Sacrement.
Ce docte Prélat a été un si zélé défenseur de la vérité de ce grand mystère, qu'il a mérité, le premier, de découvrir et d'indiquer, avant qu’elle parût, la première hérésie qui ait nié ouvertement la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie.
Etant au lit de la mort et près de rendre son esprit à Dieu, il jeta les yeux sur tous ceux qui étaient présents dans sa chambre, et aperçut avec indignation Berenger, qui était encore jeune et suivait ses leçons ; prévoyant l'infidélité de ce disciple, ou plutôt sentant déjà en lui un hérésiarque, il voulut qu’on le délivrât de sa présence, assurant qu’il voyait près de jui un affreux dragon dont les hypocrites persuasions et le souffle empoisonné pervertiraient bien des cœurs.
Ce zélé Pasteur donna encore de grandes preuves de sa vigilance et de sa piété dans le soin qu'il fit toujours paraître pour la construction et l’ornement des temples. La divine Providence permit, quelque temps après qu’il eut été sacré évêque de Chartres, que l’église cathédrale, dédiée à la Sainte Vierge, fût entièrement brûlée par un incendie effroyable. Fulbert fit paraître, en cette occasion, son invincible patience, la grande étendue de son esprit et surtout ses libéralités, entreprenant de faire rebâtir, de fond en comble, à la place du premier, un temple magnifique, où on n’épargna ni la matière ni l’art. Le saint Evêque consacra l'or et l’argent qu’il possédait pour faire travailler à ce bel édifice, et tout le monde était si persuadé de ses droites intentions, de son désintéressement et de la pureté de son zèle, que non-seulement les princes du royaume voulurent contribuer de leurs deniers à l’élévation du temple qu’il faisait bâtir en l'honneur de la Sainte Vierge ; mais le roi d'Angleterre, Canut, étant prévenu du mérite singulier de saint Fulbert, lui envoya de grosses sommes pour l’aider dans cette noble entreprise et en partager le mérite devant Dieu. On peut voir, dans l’Epttre xcm°, que le saint Prélat adresse à ce monarque, avec quels sentiments de reconnaissance il le remercie de sa libéralité, lui souhaitant toutes sortes de prospérités dans son royaume, et surtout une entière absolution de ses péchés, par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Mais ces royales largesses restèrent bien loin de celles qu’il reçut de Guillaume le Grand, comte de Poitiers, qui dès longtemps avait eu pour lui une tendre et respectueuse affection. Plusieurs des lettres du saint Prélat, dont le recueil est venu jusqu’à nous, sont des actions de grâces pour les générosités réitérées du prince, d'autant plus remarquables alors que, cette
même année 4021, était dédiée la nouvelle cathédrale de Poitiers, relevée aussi de ses ruines après un incendie. Au reste, cet attachement était fondé sur une piété solide et un juste discernement des qualités et des vertus du docte Prélat. Le comte lui en avait donné un précieux et incontestable témoignage, lorsqu’en 1019, après la mort de Gérard, évêque de Limoges, pourvu de la trésorerie de Saint-Hilaire de Poitiers, il lui conféra la survivance de cette dignité, qui était la plus importante du Chapitre. Cette importance même, les grands revenus qui sy rattachaient, les obligations qu'imposait ce poste honorable, intimidèrent l'humilité du pieux Evêque : il refusa à plusieurs reprises et avec instances une sollicitude qu’il regardait comme incompatible avec celle de sa charge pastorale. Mais les amicales persécutions du comte l’emportèrent ; et, en cédant, Fulbert se laissa consoler sans doute par la pensée que ses nouvelles richesses iraient se perdre du moins dans l'immense travail de l église qu’il réédifiait. Ce fut d’ailleurs un surcroît de veilles laborieuses qu'il s’imposa en acceptant.
Fulbert ne pouvait s'acquitter que rarement par lui-même de la charge dont il était pourvu à Poitiers. Guillaume s’en plaignait avec douceur. Un aimable mandataire fut détaché de l’école de Chartres et envoyé vers l’Eglise d'Hilaire ; c'était l'enfant chéri du pontife, celui dont ses condisciples parlaient avec jalousie ; Hildier ou Hildegaire était son nom. Que d’enseignements, que de charmes dans les correspondances du saint Evêque et de son délégué ! celui-ci s’affligeant d’être encore longtemps séparé de son maître et de sa Notre-Dame, et demandant des nouvelles de tous ses frères ; celui-là lui adressant de savants conseils concernant le soin des choses ecclésiastiques et ne négligeant aucun détail : liturgie, administration, culture même du jardin et du verger.
Un autre sujet de ses préoccupations habituelles, c'était sa vocation même à l’épiscopat. L’éminence de cette charge qui impose la responsabilité de tant d’âmes, les craintes qu’elle lui faisait concevoir de s’en mal acquitter, lui firent penser plus d’une fois à s’en démettre. Il s’en ouvrit à saint Odilon de Cluny, qui le maintint par ses conseils au poste que la divine Providence lui avait désigné. Ce fut aussi sur les instances du roi qu’il continua de se mêler aux affaires publiques et de se servir de la juste influence que son mérite lui avait donnée dans les conseils de la cour. Dans ce rôle, aussi important que délicat, il tendit toujours à la réforme des abus, au triomphe de la vérité, et donna ainsi à son souverain les plus sûres preuves de sa religieuse et inviolable fidélité.
Après que ce digne Prélat eut heureusement achevé le somptueux édifice de la cathédrale de Chartres, il pensa aux moyens d’y faire honorer et glorifier Dieu par un bel ordre qu'il introduisit dans le chant et dans la distribution des offices divins. Il joignit la mélodie et la douceur de la musique aux hymnes, aux antiennes, aux proses et aux autres offices, que nous avons déjà dit qu'il composa ; et il avait un soin particulier de faire très-exactement observer toutes les cérémonies ecclésiastiques. Il établit ou fit célébrer avec plus de pompe, dans cette église, la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. Ces beaux effets de la piété de ce zélé pasteur ne procédaient que du parfait amour dont son cœur était embrasé intérieurement ; l’amour sacré qu’il avait pour son Dieu était le premier principe de sa conduite ; le mépris qu'il concevait des richesses et des honneurs de la terre, naissait de l'estime qu’il avait pour son Dieu, et, s’il négligeait de se trouver en la compagnie des princes et des rois, c’est qu’il se plaisait uniquement à communiquer avec le Créateur du ciel et de la terre dans la retraite.
Mais comme le précepte de l’amour de Dieu est le même que celui qui exige qu'on ait de la charité pour le prochain, il ne faut pas s’étonner si saint Fulbert a toujours fait paraître tant de douceur et tant de bienveillance, soit envers les pauvres, soit envers les clercs et les autres ecclésiastiques de son diocèse, soit envers les pécheurs ou même envers les prélats, ses confrères, dont les affaires venaient quelquefois à son tribunal ; il pourvoyait avec une prudence et une économie merveilleuses à tous les besoins des pauvres ; il supportait avec compassion, et sans lâcheté pourtant, les faiblesses et les imperfections de ses clercs ; il savait gagner les pécheurs par sa bénignité prévenante, et il ne punissait jamais le crime, dont il ne pouvait souffrir la laideur et l'impunité, qu'après avoir averti plusieurs fois charitablement qu’on eût à rentrer dans les voies de la justice.
Il avait un talent spécial pour consoler les personnes qui étaient dans Vaffliction ; et l’on peut dire enfin, après tous ceux qui en donnent de si beaux et de si authentiques témoignages, que c’était un homme universel dans les sciences, un chrétien parfait dans l'exercice de toutes les vertus, un évêque accompli, qui avait toutes les qualités marquées par l’apôtre saint Paul, et un père commun auquel tout le monde pouvait avoir recours, avec assurance de trouver du soulagement dans ses besoins.
Mais cette grande lumière, qui n'aurait jamais dû s’éteindre, fut obligée de disparaître de la terre, pour aller briller avec plus de gloire dans le ciel ; et ce digne pasteur, qui travailla infatigablement et avec tant de vigilance et de charité à la garde du troupeau que Jésus-Christ lui avait confié, quitta cette vie pleine d’ennuis et de misères, pour aller jouir de celle qui est remplie de délices et accompagnée d’un bonheur éternel. Il mourut le 40 ou le 41 avril de l’an 1028 ou 1030, après avoir gouverné, avec une sagesse admirable, l’église de Chartres, pendant l’espace de près de vingt-deux ans, comme on le peut voir dans la glorieuse épitaphe qu’on a composée en son honneur, et que ses historiens nous ont conservée avec ses ouvrages.
On pourrait représenter saint Fulbert à genoux devant une Notre-Dame au type chartrain, c’est-à-dire assise et tenant l’enfant Jésus sur ses genoux : sa tendre dévotion envers Marie, les privautés de la Reine des cieux à l'égard de ce zélé serviteur qui lui fit bâtir une si belle maison, la construction même de cette belle cathédrale qu’on admire encore aujourd’hui et qui fut le point de départ de l’enthousiasme avec lequel le moyen âge se consacra à élever tant et de si magnifiques églises, ce sont là des titres plus que suffisants pour adopter cette caractéristique, comme disent les savants ‘.
Il existe à la cathédrale de Chartres une statue d’évèque posée sur un petit édifice entouré d’eau ou de flammes ; ce pourrait bien être celle de saint Fulbert ; mais les savants disent encore que cette statue est celle de saint Clément et non celle de saint Fulbert. Ils ajoutent qu'il ne faut pas s’en tenir à l'inscription, laquelle est toute moderne, et en cela ils ont raison.