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RELIQUES, CULTE ET ÉCRITS DE SAINT FULBERT

M. Germond, chanoine honoraire secrétaire de l’évèché de Chartres, nous écrivait, le 31 décembre 1862 :

« J’ai peu de choses à dire sur saint Fulbert : il a été un des plus célèbres évêques de Chartres et peut-être la plus brillante lumière de son siècle. Il a été enterré dans l'église du monastère de

1. Voir la notice que nous consacrons à Notre-Dame de Chartres.

Saint-Père, en Vallée. Le monastère est aujourd'hui une caserne de cavalerie, et l’église, qui lui est contiguë, est une église paroissiale, sous l’invocation de saint Pierre. On présume que son corps : ga jamais été exhumé et qu’on le retrouverait dans cette église si on y faisait des fouilles. On en a eu plusieurs fois l’idée, mais jusqu'ici on ne s’en est pas occupé.

« Une espèce de légende prétend que, peu de temps après sa mort, on célébrait sa fête dans une église de Chartres, tandis que le même jour, on disait, dans une autre, une messe de requiem à son intention. Le dicton ne mérite, je crois, aucune croyance et ne vaut pas la peine d’être rapporté. Le fait est que, ayant eu occasion de feuilleter un grand nombre de manuscrits pour préparer le propre de notre diocèse, je ne l'ai trouvé dans aucun calendrier, quoiqu'il m'en ait passé par les mains qui remontent jusqu'au x1re siècle. Jusqu'à ce jour on n’a pas fait l'office de saint Fulbert dans la liturgie de Chartres, mais Mgr Pie, évêque de Poitiers, l'ayant obtenu pour son diocèse, nous n'avons pas manqué de le demander pour nous, et Rome nous l’a également accordé. On commencera donc à en faire la fête (le 40 avril), quand nous allons prendre la liturgie romaine ; ce qui aura lieu dans le courant de l’année qui va commencer. Ce sera sans doute une occasion pour tàcher de retrouver son corps, afin d'exposer ses reliques à la vénération des fidèles. Jusqu'ici, par cette raison, on n’a pas ses reliques. En 1860, un autel a été érigé, sous l’invocation de saint Fulbert, dans la crypte de Notre-Dame de Chartres, restaurée par Mgr Regnault : c'était justice, puisque cette crypte, la plus grande des églises souterraines connues, est l’œuvre de sant Fulbert.

(Le Propre actuel de Chartres, que nous avons sous les yeux, place sa fête au 10 avril. Les trois lecons du deuxième nocturne sont du Saint.) -

« Le trésor de la cathédrale de Chartres était très-riche avant la Révolution. Mais toutes les reliques précieuses, qui ont disparu alors, ont toujours été éclipsées, en quelque sorte, par le voz/e de la Sainte Vierge, que nous avons encore et que nous conservons très-précieusement, comme vous le présumez sans peine. Ce saint vêtement a été donné par l'impératrice Irène à Charlemagne, et par Charles le Chauve à l’église de Chartres vers 876. Il présente tous les caractères d'authenticité qu'on peut désirer. De nombreux miracles ont été opérés, et, de nos jours, nous avons vu, en 1832, le choléra qui faisait de grands ravages dans la ville, s'arrêter instantanément après une procession faite dans les rues de la cité, et dans laquelle on avait porté la sainte relique ».

Le bienheureux Fulbert a laissé divers monuments de sa doctrine, qui consistent en neuf sermons ; un Pénitentiel fort abrégé ; un Recueil de passages de l’Ecriture sur la Trinité, l’Incarnation et l'Eucharistie ; des hymnes, des proses, quelques autres poésies ; et cent trente-huit lettres, mais qui ne sont pas toutes de lui; il y en a d'Isembert, évêque de Poitiers, d'Hildegaire, de Guillaume, duc d'Aquitaine, et de quelques autres. Les lettres de Fulbert sont beaucoup supérieures à ses autres ouvrages, et pleines de délicatesse et d'esprit. Il y fait paraître du zèle, de la fermeté, de la justesse dans ses décisions, et une grande connaissance des dogmes et de la discipline de l'Eglise.

Casimir Oudin ayant découvert, dans l’abbaye de Long-Pont, Ordre de Citeaux, diocèse de Soissons, un traité de Fulbert sur ces paroles du douzième chapitre des actes : « En ce temps-là Hérode employa, etc. », le fit imprimer, en 1692, à Leyde, in-80, avec quelques opuscules d’anciens écrivains de France et de Belgique. On trouve, sous le nom de Fulbert, dans les manuscrits du Vatican, un traité des vertus ; un recueil de sentences des Pères sur le souverain bien ; des vers sur la paix, la livre et les parties dont elle est composée. Charles de Villiers a inséré dans ses notes, sur la cent treizième lettre de Fulbert, des vers sur l’once et ses parties, et sur le scrupule et ses parties. Trithème attribue à Fulbert diverses pièces en l'honneur de la Sainte Vierge. La chronique de Cambrai fait Fulbert auteur de la vie de saint Aubert, évêque de Cambrai et d'Arras; mais il y eut, dans le x1e siècle, plusieurs écrivains du nom de Fulbert, Bellarmin attribue encore à Fulbert un traité de la variété des offices divins, qu'il dit être imprimé sous son nom au troisième tome de la Bibliothèque des Pères, à Paris, deuxième édition : mais ce traité n’est pas de lui et on ne le trouve pas dans l'édition qu’il désigne.

Les œuvres de Fulbert ont été recueillies par Papyre le Masson, et imprimées à Paris en 1585, in-80. Cette édition étant fort imparfaite, Charles de Villiers en publia une autre dans la même ville en 1608, chez Thomas Blaise, in-8° ; mais si elle est plus ample que la première, elle n’est point exempte de fautes, que l’on n’a pas corrigées dans les bibliothèques des Pères de Cologne, de Paris et de Lyon, où l’on n’a fait que copier l'édition de Charles de Villiers. — Adalman, disciple de Fulbert, l’appelle son vénérable Socrate ; il relève la sainteté de sa vie et la grandeur de sa charité. Jostald, dans la vie de saint Odilon, écrite vers l'an 1049, loue aussi la sainteté de Fulbert, sa sagesse admirable, et dit que, à sa mort, l'étude de la philosophie et la gloire de l’épiscopat semblèrent être ensevelies avec lui. Les ouvrages de Fulbert justifient ces éloges.

Les écrits de saint Fulbert ont été reproduits, par M. Migne, dans le tome cxLi de la Patrologie.

Nous avons complété le Père Giry au moyen des ouvrages suivants : Æist. litt. de France, t. vur, nouv. éd.; D. Ceillier, t. xirr, nouv. éd.; M. Auber, Vie des Saints de Poitou; M. Chergé, idem, et les œuvres du Saint dans Migne, t. cxLr.

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