On l’'invoquait à Nési contre les maux d'oreilles
2, Voir notre Palmier séraphique, t. xxx.
3. I1 mourut en 1311, et ce n’est qu'en 1804 que Pie VIT permit de lui rendre un culte public,
4, I1 existe de grandes difficultés sur les divers auteurs ecclésiastiques du nom d'Hésychius. Voir Dom Ceillier, &. vr et xx, et la Patrologie grecque de Migne, t. som.
apostolique le dogme des deux natures qui demeurent dans le Christ parfaitement, sans être contraires à l’unité de la personne du Fils de Dieu, qu’il faut croire aussi. Il écrivit sur le même sujet aux évêques d'Orient, à Nestorius lui-même, leur envoyant des décisions et des sentences qui tran- . chaient jusqu'aux racines de l’erreur ; il écrivait par exemple à l’évêque Jean, d’Antioche : « Il ne faut rien permettre à la nouveauté, parce qu’il convient de ne rien ajouter à l'antiquité. La foi des anciens est parfaitement claire : qu'aucun alliage impur ne souille notre croyance ». La primauté des Papes est clairement établie dans ses lettres aux évêques d'Orient. Il y est dit que le souverain Pontife est chargé du soin de toutes les églises du monde, que l’on ne peut sans crime abandonner la foi de l'Eglise apostolique et romaine, où saint Pierre continue d’enseigner par ses suCCesseurs ce qu'il avait appris de Jésus-Christ.
J1 eut une vision dans laquelle l’apôtre Pierre lui apparut avec saint Apollinaire, son disciple, premier évêque de Ravenne ; ils lui indiquèrent quel prélat ils devaient donner à cette église; Pierre, diacre de l’église de Forocornelium (Imola), fut celui qu’il mit à la tête de l’église de Ravenne, malgré les habitants ; c’est lui que sa merveilleuse éloquence fit surnommer Pierre Chrysologue, et qui devint non moins célèbre par sa sainteté que par sa doctrine. Sixte, pour n’avoir pas voulu aliéner une propriété de l’Eglise, et parce qu'il s’efforçait de soulager les citoyens qui étaient dans la gêne, s’attira la haine d’Anicius Bassus, ex-consul, et du patrice Marinien. Ces hommes l’ayant honteusement calomnié, il voulut que sa cause fût jugée dans un concile. Une réunion de cinquante-six évêques eut lieu dans la basilique hélénienne, qui est nommée Sessorianum Atrium ; en présence de l’empereur Valentinien, de tout le clergé et du Sénat, Sixte fut déclaré innocent, et Bassus et Marinien condamnés comme calomniateurs, et proscrits ; en outre, les biens de Bassus furent adjugés à l'Eglise : celui-ci étant mort dans l’espace de trois mois, par un effet de la vengeance divine, Sixte rendant le bien pour le mal, de ses propres mains entoura son corps de bandelettes, l'embauma de parfums et l’ensevelit dans la basilique de l’apôtre Pierre, dans le sépulcre de ses ancêtres.
Ce vénérable Pontife exécuta de grandes et belles choses dans l’intérieur de Rome ; il donna aux églises des vases d’argent et d’or, et des revenus considérables. Saint Célestin [°, son prédécesseur, avait fait commencer une mosaique représentant la session du concile d'Ephèse où le dogme de la maternité divine de Marie avait été solennellement proclamé. Cette œuvre d'art fut achevée par saint Sixte III. On la voit encore aujourd’hui dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure. Sur un trône, au milieu des Pères assis par ordre de dignité hiérarchique, se trouve un exemplaire des Evangiles. Au bas, on lit une inscription grecque, dont voici le sens : « Le saint synode d’Ephèse, sous Théodose le jeune, composé de 200 évêques, fut réuni contre Nestorius, qui divisait le Christ en deux personnes et refusait à Marie le titre de Mère de Dieu. Le saint synode a défini et proclamé que le Fils unique de Dieu est descendu du ciel, qu’il s’est incarné par l’opération du Saint- Esprit au sein de la Vierge Marie, qu’il a pris un corps et une âme semblables aux nôtres, par une union hypostatique, que dès lors la Sainte Vierge est mère de Dieu. En conséquence, Nestorius a été frappé d’anathème ». Le pape saint Sixte IIT changea l’ancien vocable de la basilique Libérienne en celui de Marie, Mère de Dieu, laissant ainsi un double monument de la foi catholique au dogme de la maternité divine proclamé à Ephèse. Les mosaïiques décoratives exécutées par l’ordre de saint Sixte III sur l’arcade princi-
pale de Sainte-Marie-Majeure et à la voûte de la grande nef existent encore. En même temps qu'il affirmait, par une œuvre immortelle, le dogme de la maternité divine, saint Sixte III faisait graver sur les tables de marbre du baptistère de Constantin, à Saint-Jean-de-Latran, l'expression de la foi catholique, relativement au péché originel, dont les Pélagiens niaient l’existence. Il fit poser au-devant de la basilique Constantinienne une ornementation qui n’existait pas auparavant, et qui consistait en épistyles de marbre et en colonnes de porphyre, préparés mais non disposés par l’empereur Constantin ; le Pontife les fit ériger, et ajouta une inscription en vers. À sa demande, l’empereur Valentinien rétablit dans la même basilique Constantinienne le comble d'argent qui avait été enlevé par les Goths. Sixte acheva Sa carrière en ce monde l’an 440 ; il fut enseveli sur la voie Tiburtine, dans une crypte, auprès de saint Laurent, martyr. En une ordination qui eut lieu au mois de décembre, il créa vingt-huit prêtres et douze diacres ; il envoya des évêques en divers lieux et gouverna l'Eglise pendant sept ans et onze mois.
Diverses Histoires de l'Eglise et des Papes.
SAINT GONTRAN, ROI DE BOURGOGNE 525-593. — Papes : Jean fer; Grégoire le Grand.
+ La grâce surabonda où le péché avait abondé, Rom., v, 20.
Les Saints qui ont eu des violentes passions à vaincre et des crimes à expier, nous encouragent à com— battre vaillamment ; ils enlèvent aussi toute excuse à notre lûcheté native qui se persuade volontiers que la perfection est le fruit d’un caractère natu— rellement vertueux. Saints de Dijon.
Gontran * était fils de Clotaire I°, roi des Francs, et d'Ingonde ou Indegonde, sa troisième femme, et petit-fils du grand Clovis. Clotaire mourut en 561, laissant quatre fils qui se partagèrent ses Etats. Caribert eut le royaume de Paris; Chilpéric celui de Soissons ; Sigebert celui de Metz, et notre Gontran celui d'Orléans avec la Bourgogne. Il préféra pour sa capitale Châlon-sur-Saône.
1 ne fut ni heureux mari, ni heureux père. On croit généralement que Vénérande, dont il eut un fils, n’était pas sa femme légitime. Ce fils, nommé Gondebaud, mourut jeune et par le poison. Ensuite, il épousa Marcatrude, fille de Magnacaire, qui lui donna encore un fils : il mourut aussi en bas âge, et sa mort fut bientôt suivie de celle de sa mère, qui s’était attirée l’indignation de Dieu et du roi, son mari, en faisant empoisonner le petit Gondebaud. Enfin, il prit en mariage Austrechilde, dont il eut Clotaire et Clodomir : mais le premier ne vécut que dix ans, et le second quatre : ainsi le roi se trouva sans enfants et sans héritiers. Au reste, parmi ces afflictions domestiques, il retint toujours la force et la constance d’un véritable chrétien ; et comme saint Paul écrit que toutes choses contribuent à la sanctifi-