XI JOUR D'AVRIL
MARTYROLOGE ROMAIN
À Rome, saint LÉON, pape et confesseur, qui, à cause de ses vertus excellentes, fut surnommé le Grand. De son temps fut célébré le saint concile de Chalcédoine, dans lequel il condamna Eutychès par ses légats. Par son autorité il confirma les décrets de ce même concile. Ayant fait de nombreuses ordonnances et composé quantité d’écrits d’un style élégant, ce saint Pasteur se reposa en paix, ayant bien mérité de la sainte Eglise de Dieu et de tout le troupeau du Seigneur. 464. — À Pergame, en Asie, saint Antipas, le fémoin fidèle dont saint Jean fait mention dans son Apocalypse. Enfermé dans un bœuf d’airain ! embrasé, il consomma ainsi son martyre sous l’empire
1. Rien de plus connu que l’histoire de l'invention de cet instrument de supplice et que son usage. Périllus, l'inventeur, fut contraint par Phalaris, tyran d'Agrigente, d'en faire l'essai.
Et Phalaris tauro violenti membra Perilli Torruit : infelix imbuit auctor opus.
Telle était la rage qui animait les païens contre les chrétiens, qu'ils reprenaient contre eux les supplices les plus oubliés et les plus anciens. Antipas ne fut pas seul à subir celui du taureau d'airain. Eustache, noble romain, l'éprouva aussi, de même que ses compagnons. Mais tous nos chrétiens, disent leurs Actes, sautèrent dans le taureau brûlant, l'âme pleine d'allégresse. Ils ont réalisé ce que les païens n'ont jamais pu s’imaginer, encore moins promettre. Cicéron écrit, en parlant du Sage (Tusculan, liv.r1):
MARTYROLOGES. Ar
de Domitien. 92. — A Salone, en Dalmatie, les saints martyrs Domunion 1, évèque, et huit soldats, — À Gortine, en Crète, saint Philippe, évêque, très-illustre par sa vie et par sa doctrine, qui, au temps de Marc-Antonin-Vérus et de Lucius-Aurèle-Commode, protégea contre la fureur des Gentils et contre les piéges des hérétiques l’église confiée à ses soins. Vers 180. — A Nicomédie, saint Eustorge, prêtre. Règne de Dioclétien. — A Spolète, saint Isaac, moine et confesseur, dont gaint Grégoire, pape, raconte les vertus. 554, — A Gaza, en Palestine, saint Barsanuphe, anachorète, sous l’empereur Justinien 3, ‘VIe s.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
À Saint-Gilles en Languedoc, saint Etienne, abbé, et saint Hildebrand, religieux convers de l'Ordre de Citeaux, cruellement massacrés pour la foi par les hérétiques albigeois. 1209. — A Lyon, les saints Siagre et Patrice, mentionnés dans le martyrologe de saint Jérôme, et probablement martyrs dans les premiers siècles de l'Eglise. — Encore à Lyon, saint Sicaire, évêque ef confesseur 5, 433. — A Tours, saint Algéric ou Airy, abbé de Saint-Martin, mentionné par saint Ouen dans la vie de saint Eloi. vixe s. — À Noyon, sainte GODEBERTE, vierge, disciple de saint Eloi. Vers 695. — En Bourgogne, le B. Tecelin, père de saint Bernard #,
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe des Chanoïnes réguliers. — À Rome, saint Léon, d’abord clerc régulier de l’6glise de Latran, puis pape et confesseur.
Martyrologe des Augustins. — À Montréal, diocèse de Riéti, le décès du bienheureux André, confesseur, de notre Ordre, très-illustre par son admirable patience, l’austérité de sa vie, sa doctrine, et par l'éclat de ses prédications. 479.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES DOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
À saint Eustorge, martyr à Nicomédie, il faut joindre les saints Nestor, Filon et Ceremonius. Persécution de Dioclétien. — De plus, la mémoire des saints martyrs, Cancianus, Garanus, Jovinien, Marcellus et Vital, nommés dans un très-vieux martyrologe du Mont-Cassin. — En Mauritanie, les saints Salon, Maxime, Hilaire, Concesse, et plusieurs autres Martyrs. — En Afrique, les saints Fortunat, Donat, et deux cent quarante autres martyrs. — En Arménie, saint Pharmuthe, solitaire. 1119 s. — En Angleterre, saint Guthlac, prêtre et solitaire, qui vécut retiré dans l’île de Croyland après avoir quitté l'antique monastère de Reppington. 114.— A Osnabruck, en Westphalie, le bienheureux Raynier, solitaire, qui vécut vingt-deux ans enfermé dans une étroite cellule. 14237. — En Bavière, le bienheureux Ulric, premier abbé de Kaïisersheim (Cæsarea), couvent de l'Ordre de Cileaux, fondé en 1133 par Henri, comte de Lechsgmünd. Le B. Ulric sortait du monastère de Lützel, en Alsace. 1153.
Un tel homme, s'il est dans le taureau de Phalaris, dira : Que ceci est doux; que je ne m'en soucie guère. Mais il ajoute aussitôt : Mais j'exige moins du sage aux prises avec la douleur; qu'il soit courageux dans la souffrance, et cela suffit à son devoir ; je ne demande pas qu'il se réjouisse. Or, notre Antipas rend à Dieu des actions de grâces infinies; Eustache bondit de joie, et Pélagie, vierge de Tarse, chante un hymne à Dieu. — Baronius.
1. Saint Domnion était d'Antioche. Converti, ainsi que sa famille, par saint Pierre, il suivit l'Apôtre à Rome avec saint Pancrace et saint Apollinaire. Pancrace fut envoyé en Sicile, Apollinaire à Ravenng et Domnion à Salones, en Dalmatie, où Tite, le disciple de saint Paul, avait jeté les premières semences de l'Evangile. Les compagnons de saint Domnion s'appelaient Paulinien, Telius, Astère, Anastase, Maure, Septime, Antiochien et Cajan. Le pape Jean IV, qui était Dalmate, fit apporter leurs corps de la Dalmatie à Rome, et les déposa près du baptistère de Constantin, dans un oratoire très-convenablement décoré par lui. Le corps de saint Venance est au même lieu. — Baronius.
Les Bollandistes joignent à ces martyrs de Dalmatie un autre Domnion, aussi Dalmate, qui était valet de chambre de Maximien, et auquel le tyran fit trancher la tête pour le punir d'avoir fourni aux chrétiens ses frères, qui voulaient fuir la persécution, le moyen de gagner Rome.