SAINT LÉON LE GRAND, PAPE, ET DOCTEUR DE L'ÉGLISE
* 440-461. — Empereur d'Occident : Valentinien III.
Saint Léon le Grand naquit à Rome d’une des plus nobles familles de Toscane, et se distingua également dans les lettres profanes et dans la science sacrée. « Dieu, dit un ancien Concile général, Dieu, qui l’avait destiné à remporter des victoires éclatantes sur l'erreur, et à soumettre la sagesse du siècle à la vraie foi, avait mis en ses mains les armes de la science et de la vérité ». Archidiacre de l'Eglise romaine, il eut beaucoup de part aux affaires sous le pape Célestin I. Il ne se distingua pas moins sous Sixte III. Ce Pape mourut, pendant que notre Saint était dans les Gaules, occupé à une mission difficile et dans laquelle il réussit parfaitement : c'était de réconcilier Aëtius et Albinus, deux généraux romains qui pe songeaient qu’à leurs rivalités, au lieu de tourner leurs armes contre les Barbares qui frappaient aux portes de l'Empire. Il fut élu unanimement, malgré son absence.
On jeta les yeux sur lui, parce qu’il surpassait tous ceux de son siècle en sainteté, en doctrine et en prudence. Après son élection, on lui envoya une célèbre ambassade pour le supplier de venir prendre possession de la charge à laquelle Dieu l'avait appelé. A son arrivée à Rome, on le reçut avec toute la vénération possible.
La cérémonie de son exaltation se fit un dimanche, 29 septembre 440. Si l’on veut connaître les sentiments qui animaient le nouveau Pape, qu’on lise les sermons qu’il prononçait à chaque anniversaire de son pontificat. Dans l’un, il dit qu’il a été effrayé en entendant la voix de Dieu, qui l’appelait à gouverner l'Eglise; il se proclame trop faible pour un si lourd fardeau, trop petit pour une telle grandeur, trop dénué de mérite pour une si auguste dignité. Cependant il ne perd pas courage, parce qu’il n’attend rien de lui-même, et tout de celui qui opère en lui : Ce qui, sans décourager le pontife, l’effrayait néanmoins, c’est que l’Eglise se trouvait attaquée de tous côtés par le vice et l'erreur. Disons, en quelques mots, comment il la défendit et quelles furent ses glorieuses victoires. Il eut soin d’associer à ses combats des personnes pleines de doctrine et de piété, entre autres, saint Prosper d'Aquitaine, le plus savant homme de son temps : il en fit son conseiller et son secrétaire, comme autrefois saint Damase avait fait de saint Jérôme : puis il commença la réforme par le peuple romain, afin que l'Eglise mère fût le modèle de toutes les autres églises. Non content de l’exciter à la vertu par ses propres exemples, il l’instruisit encore par ses prédications, imitant en cela, dit-il ‘, l’exemple de ses prédécesseurs. Cette partie du ministère épiscopal était alors bien plus obligatoire qu’aujourd’hui, parce que les évêques seuls pouvaient l'exercer ?.