ÉCRITS DE SAINT ZÉNON
On trouve, dans la bibliothèque des saints Pères, quelques traités et quelques sermons sous le nom de saint Zénon de Vérone. Quelques-uns les attribuent à notre Saint : ce qui est contesté ; Eusèbe et saint Jérôme ne le mettent pas au nombre des écrivains ecclésiastiques ; nous renvoyons là-dessus le lecteur à Bellarmin, dans son livre des écrivains ecclésiastiques, el à Godeau, évêque de Vence, au premier tome de son Histoire de l'Eglise.
Nous avertissons seulement ici que Baronius, pour décider tous ces différends, reconnait deux saints Zénon de Vérone : l’un évêque, martyr sous Gallien, et l’autre évêque, confesseur et auteur des Homélies, vers le temps de saint Ambroise. D’autres croient que le même est quelquefois appelé Martyr, parce qu’il a beaucoup souffert durant les persécutions, et d’autres fois confesseur, parce qu'il n’a pas répandu son sang pour la défense de la foi. D’après certains auteurs, le Gallien, dont il délivra la fille, n’est pas l’empereur Gallien, mais quelque prince d’auprès de Vérone, beaucoup postérieur à cet empereur. Ces remarques ne doivent point empêcher qu'on s’en tienne à la substance de ce que nous avons dit.
On imprima à Venise, en 1508, cent vingt-sept sermons sous le nom de saint Zénon ; ils ont êté réimprimés à Vérone en 1586, et dans la bibliothèque des Pères, il n’y a que la première partie qui porte le nom de saint Zénon dans les Mss. comme dans celui qui fut donné par Hincmar au monastère de Saint-Remi de Reims ; la seconde contient des pièces de différents auteurs dont les noms sont inconnus. Ceci a fait tomber en plusieurs erreurs Tillemont, Dupin, Ceillier, etc.; fautes qui ont été très-bien relevées par MM. Ballerini, dans l'excellente édition qu'ils ont donnée des œuvres de Zénon à Vérone, en 47139, in-fol., et qu'ils ont dédiée au cardinal Passionei. Ces deux savants ont jeté aussi le plus grand jour sur les difficultés qu’on pouvait former touchant les écrits du Saint. Ils ont appelé ses sermons Tractatus, d'après les anciens Mss. C'était le nom qu’on donnait autrefois aux instructions courtes et familières qui se faisaient au peuple.
Les fraités où sermons de saint Zénon sont divisés en deux livres, dont l’un en contient seize, et l’autre soixante-dix-sept. Ceux du deuxième livre sont beaucoup plus courts que ceux du premier. On trouve dans tous des choses fort importantes sur le dogme, la morale et la discipline, Il paraît, par le trente-cinquième, 1. 11, p. 23, que, du temps de saint Zénon, c'était la coutume de plonger dans l’eau (que l’on faisait chauffer) tout le corps de ceux que l’on baptisait. Ce Saint est aussr le seul auteur qui parle de la coutume de donner une médaille à toutes les personnes baptisées. Voir MM. Ballerini, Annot. in loc. cit. p. 233 et in 1. 1, tract. 14, p. 188.
Ces habiles critiques ont donné en forme d’appendice les sermons faussement attribués à saint Zénon. Deux sont de Potamius, évèque grec. Ils sont cités dans une lettre écrite à saint Athanase, et publiée par D. Luc d'Achéri, Spicil. t. 111, p. 299. Cinq ont pour auteur saint Hilaire, qui était contemporain de saint Zénon. Il y en à quatre autres qui ne sont qu'une traduction de saint Basile, laquelle parait avoir été faite par Rufn d’Aquilée. — Voyez la Patrologie de M. Migne, t. x1.
Jules, pape, fils de Rustique, élevé au souverain pontificat après saint Marc, brilla remarquablement par la sainteté de sa vie, et par son zèle à affermir la foi chrétienne.
L'hérésie impie d’Arius progressait dangereusement dans tout l'Orient, et un grand nombre de saints évêques se voyaient obligés de quitter leurs siéges ; il les reçut à bras ouverts, surtout saint Athanase, et les défendit jusqu’au bout contre leurs adversaires. Il condamna les synodes de Tyr et d’Antioche réunis par les Ariens pour abolir la foi de Nicée, Il assembla deux conciles à Rome dans lesquels il reçut les plaintes des évêques exilés, et proclama leur innocence.
Par ses conseils, l’empereur Constant, religieux prince qui régnait en Occident, agit auprès de son frère Constance, fauteur des Ariens, pour qu’il rappelât saint Athanase de l'exil. Il rejeta la formule de foi trompeuse imaginée par les Eusébiens, sectateurs d’Arius au second concile d’Antioche. Il rassembla le second concile de Sardique composé d’évêques d'Occident et d'Orient ; ses légats y présidèrent et il s’y prit de nombreuses et utiles mesures pour le maintien de la foi catholique et pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique.
En outre, il bâtit deux basiliques dans la ville de Rome, et les orna de peintures sacrées : l'une auprès du Forum, l’autre sur la voie Flaminienne. Il construisit trois cimetières : l’un, sur la même voie Flaminieane, un autre sur la voie Aurélienne, le troisième à Porto. Il régla qu'un