‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 181 sur 339 · SAINT ZÉNON, ÉVÊQUE DE VÉRONE · texte numérisé non relu

SAINT ZÉNON, ÉVÊQUE DE VÉRONE

fit, après avoir distribué aux pauvres le prix de la couronne qu’il avait reçue de Gallien. Il demanda aussi à ce prince la permission de construire des églises en l'honneur du vrai Dieu : ce que l’empereur lui accorda de bonne grâce. Peut-être que ce miracle de saint Zénon fut cause de l’édit qu'il fit depuis en faveur des chrétiens, la huitième année de son empire ; il ordonnait à tous ceux qui occupaient des lieux appartenant aux chrétiens, de les leur rendre au plus tôt : ce qui les fit rentrer dans la possession et jouissance de leurs cimetières.

Ensuite Zénon retourna à son diocèse, et, se servant de la permission qu'il avait obtenue de l’empereur, il y fit bâtir des églises, convertit plusieurs infidèles à la religion chrétienne, et continua ses soins pour son troupeau jusqu’à la fin de sa vie, qu’il acheva heureusement le 42 avril de l'an 380, selon les meilleurs critiques ; vers l’an 260, selon Baronius.

La multitude des miracles que Dieu opéra depuis, au tombeau de saint Zénon, portèrent les Véronais à bâtir une belle église sous son nom. Quelques auteurs disent qu’une princesse de la famille de Gallien la fit construire à ses dépens sur le bord de l’Adige, appelée par les anciens Afhesis : saint Grégoire, avec les historiens qui ont écrit sur saint Zénon, rapporte ce prodige fameux : « Un jour que le clergé et le peuple de Vérone s'étaient assemblés pour célébrer la fête de leur saint Evêque, dans l’église qui lui était consacrée, l’Adige déborda tellement, qu’elle porta ses eaux jusqu’à ce temple, et quoique la porte en fût ouverte, l’eau néanmoins n’osa pas y entrer ; mais, s’élevant jusqu'aux fenêtres, elle menaçait le clergé et le peuple d’une mort inévitable : parce qu’étant élevée de tous côtés en forme de muraille, elle les empêchait d’en sortir. Cependant, par une merveille extraordinaire, cette eau, ainsi élevée comme un mur, se rendait liquide pour soulager la soif de ceux qui étaient enfermés dans l’église, et se tenait ferme pour conserver ce lieu consacré à saint Zénon ; en sorte, ajoute saint Grégoire, qu’elle pouvait être prise comme de l’eau, mais elle pe pouvait pas couler comme de l’eau : car, s’arrêtant devant la porte, pour faire connaître à tout le monde le mérite du Saint, elle était une eau pour soulager les fidèles, et elle semblait n'être pas une eau pour entrer dans l’église, de peur de l’endommager ». Ce grand Pape, admirant ce miracle, en finit la narration en le comparant à celui du feu de la fournaise de Babylone, qui brülait sans toucher les trois enfants que Nabuchodonosor y avait fait jeter, parce qu’ils adoraient le vrai Dieu.

Saint Zénon est caractérisé de différentes manières ; voici les principales : 4° Non loin de lui, un démon tombe & l’eau. On raconte qu'à l’âge de treize ou quatorze ans, accompagnant un jour dans la rue son évêque dont il était clerc, il se mit tout à coup à éclater de rire. Le prélat fut d'autant plus étonné que le jeune Zénon était dès lors recommandable par sa gravité. Lui ayant donc demandé ce qui occasionnait son hilarité, l’enfant répondit qu'il venait de voir un diablotin dormant tranquillement sur la queue de ia robe d’une dame qui marchait devant eux; mais que cette dame, ayant ramené sa jupe avec une prestesse toute féminine, le diable était tombé dans Peau fangeuse du ruisseau, ce dont il faisait pitoyable mine ; 2° saint Zénon pêche dans l’Adige pour subvenir à sa subsistance. Peut-être n’est-ce là qu’une application du mot de l'Evangile : « Vous serez des pêcheurs d'hommes ».

Saint Zénon est le second patron de Vérone ; Notre-Dame est la patronne principale.

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