ÉCRITS DE S. JUSTIN. — S. QUADRAT ET S$. ARISTIDE
Les meilleures éditions des œuvres de saint Justin, avec une tradition latine et des notes savantes, ont été données :
19 Par le bénédictin de Saint-Maur, Dom Prudence Maran (1742, Paris, in-fol.), en même temps que les œuvres de Tatien, Athénagore, Théophile et Hermias, avec une savante préface. La réimpression, faite à Wurtzbourg (1177, 3 vol. in-80), n’a pas grande valeur.
20 Récemment, par le docteur Otto (1842, Léna, 3 vol. in-80), dont une nouvelle édition a paru, en 4841-50, sous le titre : Corpus Apologetarum Christi, sæculi secundi; nous ne parlons pas de l'édition de M. Migne, que tout le monde connait.
M. de Genoude a donné une nouvelle traduction des œuvres de saint Justin. (Les Pères des trois premiers siècles, traduits en français, 6 vol. in-80, 1837-1843.)
M. Henry de Riancey a aussi traduit la première apologie. (Choix des Pères, 1831.)
Il existe deux Monographies de saint Justin, l’une du docteur Otto : De Justint martyris scriptis et doctrina (lenæ, 1841) ; l’autre de Semisch : Justin le Martyr. (Breslau, 1840, 2 vol.)
On admet généralement que l’apologie de saint Justin fut précédée de celle de saint Quadrat et de celle de saint Aristide.
& 1er. Quadrat, disciple des Apôtres, avait recu le don de prophétie. Publius, successeur de saint Denys l’Aréopagite, sur le siége épiscopal d'Athènes, ayant recu la couronne du martyre, sous l'empire d’Adrien, vers l’an 125 de Jésus-Christ, saint Quadrat lui succéda : sa foi et son zèle ranimèrent le courage des fidèles que la terreur de la persécution avait dispersés.
L'empereur Adrien, étant venu pour la seconde fois à Athènes, en l'an 124, s'y fit initier aux mystères d'Eleusine. La persécution, qui avait déja commencé contre les chrétiens, devint plus forte depuis cette initiation. C’est ce qui engagea Quadrat à prendre la défense de la religion chrétienne dans une apologie qu'il adressa à l’empereur, en 426. Saint Quadrat déploya tant d'énergie et de logique dans cette pièce que, au dire de saint Jérôme, elle eut la force d’éteindre la persécution dont l'Église était alors agitée. Le même saint Jérôme appelle cet ouvrage digne d'un disciple des Apôtres.
Il ne nous reste qu'un fragment dans lequel Quadrat démontre la divinité des miracles de Jésus-Christ par leur permanence. Les prétendus prodiges des imposteurs n’ont pas ce caractère 1,
$ 2. Saint Aristide était athénien de naissance et philosophe de profession : il er garda l'habit lorsqu'il embrassa la foi ; ce que fit aussi saint Justin.
Saint Aristide partage avec saint Quadrat l'honneur d’avoir, par son Apologie du Christianisme, rendu la paix à l'Eglise pour quelques années. Il soutint la divinité de Jésus-Christ devant Adrien, non-seulement par ses écrits, mais par un éloquent discours que ce prince lui permit de prononcer en sa présence.
On dit que l'apologie d’Aristide existe encore au monastère de Medelli, à six kilomètres d'Athènes : ce serait à verifier.