‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 232 sur 339 · SAINT THURIBE, ÉVÊQUE D'ASTORGA · texte numérisé non relu

SAINT THURIBE, ÉVÊQUE D'ASTORGA

Saint Thuribe ayant succédé, sur le siége d’Astorga, à saint Dictinius, s’appliqua, avec beaucoup de zèle, à tout ce qui était du devoir d’un bon évèque, surtout à détruire l'idolâtrie et l’hérésie, et à réformer les mœurs des chrétiens, qui commencçaient à se dépraver par le mélange de toutes sortes de Barbares. L’hérésie des Priscillianistes avait profité du malheur des temps pour se répandre de tous côtés ; il la combattit avec une vigueur digne de sa qualité de pasteur du troupeau de Jésus-Christ; il anima aussi les autres prélats à entrer dans cette guerre sainte et à poursuivre partout cette secte, ramassis de tout ce qu'il avait d’abject dans les autres hérésies. Mais, pour mieux réussir dans une entreprise si glorieuse, il crut qu’il fallait avoir recours à la lumière et à l'autorité du Saint-Siége. Il écrivit donc à saint Léon le Grand, pape, et lui envoya, par un de ses diacres, un commentaire contenant seize principaux chefs des opinions des Priscillianistes,-le suppliant humblement d'y remédier {.

Léon lui adressa une grande épiître ; après l'avoir loué de son zèle pour la défense de la foi catholique, il répond à chaque article et le réfute brièvement et solidement. Sur la. fin, il ordonne que l’on assemble un concile provincial ou national, en un lieu commode, afin que l’on y puisse reconnaître les évêques infectés de l’hérésie, pour les séparer de la communion ecclésiastique, s’ils ne la veulent rétracter et rentrer dans les véritables sentiments de l'Eglise, Aussitôt que cette réponse fut apportée à saint Thuribe, il eut soin d'en informer les évêques d’Espagne et de leur envoyer l’ordre de Sa Sainteté avec sa décrétale, et c’est, peut-être, ce qui lui a fait donner, cent ans après, par Lucrèce, évêque de Braga, la qualité de notaire du Saint-Siége. Il eut pareillement soin de l'exécution de cet ordre, et ainsi les évêques des provinces de Tarragone, de Carthagène, de Portugal et d’Andalousie s’assemblèrent en un synode, où ils définirent la règle de la foi contre l'hérésie des Priscillianistes. Ce synode, pour expliquer la procession du Saint- Esprit, ajouta au symbole de Constantinople le terme Fifioque ; les Pères de ce concile général

1. Voir Conciles généraux et particuliers, par Mgr Guérin. — Voir aussi la vie de saint Léon ci-dessus, p.528.

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