SAINT ANICET, PAPE ET MARTYR
150-161. — Empereurs romains : Antonin Ze Pieux ; Marc-Aurèle.
La vie des clercs tout entière doit se distinguer de celle des laïques.
Saint Anicet, aux évêques des Gaules.
Saint Anicet était né au bourg d'Amisa, en Syrie. Son père s’appelait Jean. Il succéda à saint Pie I” et fut le onzième successeur de saint Pierre.
Il eut à combattre le Gnosticisme, qui était alors à son apogée et avait son siége principal à Rome, oùse trouvaient les plus célèbres Gnostiques, entre autres Valentin, Marcion et Apelles.
Ces hérétiques, qui avaient la prétention de prendre dans chaque religion, dans chaque système philosophique, ce qu’il y avait de meilleur, enseignaient des erreurs très-dangereuses ; ils altéraient même les quelques dogmes qu'ils empruntaient au catholicisme. Dans le même temps, saint Justin vint aussi séjourner à Rome, et y écrivit sa seconde apologie de la religion chrétienne, qui lui valut le martyre.
Hégésippe, juif converti, qui vint à Rome vers l’an 157, composa d’après les ordres de ce Pape, ou du moins lui offrit une histoire de l'Eglise, dont on n'a aujourd'hui que des fragments conservés dans Eusèbe, et qui a pour titre : Commentaires sur les Actes des Apôtres. Elle s’étendait depuis la Passion du Sauveur jusqu’au pontificat d’Anicet.
Anicet reçut la visite de saint Polycarpe, la cinquième année du règne de Marc-Aurèle, selon Baronius. On peut voir là une preuve, sinon de l’obligation, au moins de l’usage de la visite ad Emina Apostolorum, dès les premiers siècles. On cite beaucoup d'exemples d’évèques allant visiter les Papes, même les Papes des catacombes; mais on ne voit pas un seul Pape, usant de réciprocité, aller visiter ou consulter un autre siége. Certes, dans le cas qui